Les musulmans du monde entier célèbrent, ce mercredi 27 mai 2026 l’Aïd el-Kebir, encore appelée fête de la Tabaski.
À cette occasion, les fidèles du mouvement sunnite du Burkina Faso se sont réunis à Ouaga 2000 pour la grande prière de l’Aïd. Ils ont profité de ce moment de communion pour invoquer Allah en faveur de la paix, de la sécurité et de la cohésion sociale au Burkina Faso.
Ils étaient plusieurs centaines de fidèles rassemblés, dès les premières heures de la matinée, sur le terrain jouxtant la salle des conférences de Ouaga 2000, pour accomplir ce premier grand acte de la journée de fête.

Après les deux rakats réglementaires, les fidèles ont suivi le sermon de l’imam Mahmoud Ouédraogo, officiant de la prière du jour.
Dans son prêche, l’imam est revenu sur la portée spirituelle et sociale de l’Aïd el-Kebir. « L’Aïd al-Adha n’est pas seulement une fête de réjouissance. C’est avant tout une école de foi, de soumission à Allah et de partage avec les hommes. À travers l’exemple du prophète Ibrahim, qui s’est soumis à la volonté d’Allah en acceptant de sacrifier son fils, la Tabaski nous enseigne que la véritable foi consiste à placer Allah au-dessus de nos attachements, de nos biens et même de nos désirs », a-t-il expliqué.
Selon l’imam Mahmoud Ouédraogo, la Tabaski rappelle plusieurs valeurs fondamentales de l’islam, notamment la soumission à Allah et l’esprit de sacrifice. « Le croyant ne suit pas Allah uniquement lorsque cela l’arrange. Il accepte Ses commandements avec confiance, même dans l’épreuve. Le mouton immolé n’est pas seulement une viande que l’on partage. Il symbolise aussi notre volonté de combattre en nous l’orgueil, la jalousie, la haine, l’injustice et les mauvais comportements. Allah ne regarde ni le sang ni la chair, mais la sincérité des cœurs », a-t-il soutenu.

L’imam a également insisté sur la dimension solidaire de cette fête musulmane. « Le musulman ne mange pas seul pendant que son voisin souffre. Il partage avec les pauvres, les orphelins, les personnes déplacées internes, les veuves et tous ceux qui sont dans le besoin. Une maison où l’on partage pendant la Tabaski est une maison bénie », a-t-il exhorté.
Dans son sermon, l’imam Mahmoud Ouédraogo est également revenu sur les incidents survenus ces derniers jours, notamment l’interpellation du grand imam, Dr Mohamed Isha Kindo. Face aux fidèles, il a appelé au calme, à la retenue et à la patience. « Depuis hier, vous savez que nous sommes éprouvés par l’interpellation de notre grand imam, Docteur Mohamed Ishaq Kindo. À l’issue de cette interpellation, le Bureau national et la FAIB ont publié des communiqués. Nous réitérons notre appel à la retenue, à la sérénité et à éviter toute déclaration inflammatoire. La patience est une valeur islamique. Allah nous exhorte à la patience. Soyons donc patients », a déclaré l’imam.
Poursuivant son adresse, l’officiant du jour a insisté sur la nécessité d’éviter tout acte de violence, tout en invitant les fidèles à faire confiance aux autorités engagées dans la gestion de cette situation. « Nous insistons pour demander à tous d’éviter les actes de violence de toute nature. Nos plus hauts responsables se sont saisis de l’affaire. Nous devons donc patienter, implorer l’assistance d’Allah et faire confiance à nos premiers responsables. Puisse Allah ramener la paix et la sécurité dans notre pays », a-t-il exhorté.
Soulignons que la prière de l’Aïd a également connu la présence d’une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo. Il était accompagné de la ministre en charge de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabané, ainsi que du ministre conseiller auprès de la Présidence du Faso, Boubacar Savadogo.
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