Dans le cadre de son Programme de Recherche et d’Éducation Citoyenne pour la Paix au Burkina Faso (PRECIP-BF), l’Institut Néerlandais pour la Démocratie multipartite (NIMD) organise, ces 19 et 20 mai 2026 à Ouagadougou, un atelier d’échanges qui réunit 25 acteurs issus de diverses couches socioprofessionnelles. Cette rencontre vise à approfondir les réflexions autour des résultats d’une étude commanditée par l’institut sur le thème : « La refondation du Burkina Faso au prisme d’une culture citoyenne redéfinie ». La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du Gouverneur de la région du Nando, Adama Jean Yves Béré.
En vue d’accompagner le processus de refondation nationale engagé par les autorités burkinabè, le NIMD a lancé en 2025 le Programme de Recherche et d’Éducation Citoyenne pour la Paix au Burkina Faso (PRECIP-BF). Cette initiative entend contribuer à la consolidation de la paix à travers le renforcement de la culture citoyenne, la promotion de la participation des jeunes à la gouvernance ainsi que le développement d’une culture du dialogue. C’est dans cette perspective qu’une étude a été menée sur la thématique : « La refondation du Burkina Faso au prisme d’une culture citoyenne redéfinie ».

Réalisée dans cinq régions du pays, cette recherche a permis, selon Dramane Kiogo, chargé de programme au NIMD, de nourrir la réflexion sur les mécanismes susceptibles de renforcer la culture citoyenne dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et la refondation de l’État. « La réflexion développée dans cette étude vise à appréhender les fondements d’une culture citoyenne adaptée au contexte actuel du Burkina Faso, afin de mieux cerner les approches de renforcement du vivre-ensemble et de la cohésion sociale », a-t-il expliqué.
Une suite logique des activités de la plateforme JamanaYaam…
Il a ajouté que le dialogue multi-acteurs ouvert ce mardi s’inscrit dans la continuité de cette étude. Il réunit notamment des jeunes, des enseignants-chercheurs, des décideurs publics, des acteurs de la société civile ainsi que des partenaires institutionnels. L’objectif est d’ouvrir les débats autour des conclusions de l’étude afin d’identifier des pistes d’actions concrètes pour promouvoir la citoyenneté dans le contexte de la refondation nationale.

Pour M. Kiogo, cette rencontre constitue une suite logique des activités de la plateforme Jamana Yaam, qui ambitionne de produire trois études thématiques. « La première étude relative à la refondation a été réalisée. Il était donc important de tenir ce dialogue multi-acteurs afin d’approfondir les réflexions sur les résultats obtenus et de formuler des recommandations pertinentes qui pourront servir à nourrir les politiques publiques», a-t-il indiqué.
Concrètement, à l’en croire, les échanges devront permettre de diffuser les principaux résultats de l’étude auprès des décideurs publics, des leaders de jeunesse, des enseignants-chercheurs et des organisations de la société civile, afin d’identifier les valeurs communes à promouvoir dans le contexte actuel. Il s’agira également de définir collectivement les principes, comportements et valeurs attendus des citoyens dans le cadre de la refondation nationale.

La rencontre entend aussi explorer des mécanismes favorisant l’implication effective des différentes composantes de la société notamment les jeunes, les femmes, les leaders coutumiers et religieux, les organisations de la société civile, dans les processus de gouvernance et de prise de décision. Les travaux devraient contribuer à identifier des leviers pour renforcer la solidarité nationale, restaurer la confiance entre citoyens et institutions et améliorer la résilience des populations face aux crises. Des recommandations stratégiques et opérationnelles sont également attendues à l’issue des échanges.
Une initiative saluée par les participants
Présent à cet atelier au nom de la chefferie traditionnelle, le Samnaaba Ouit-pelogo, ministre de Sa Majesté le Dima de Boussouma, a salué une initiative qu’il juge nécessaire dans le contexte actuel du Burkina Faso. Pour lui, toute société doit, à certaines étapes de son évolution, marquer une pause afin d’évaluer son parcours et redéfinir les orientations nécessaires pour avancer.

« Le Burkina Faso traverse aujourd’hui une grave crise sécuritaire. Il est indispensable de faire le point et de voir s’il ne faut pas rompre avec certaines pratiques dans nos comportements pour ouvrir la voie vers la paix et un véritable développement », a-t-il soutenu. Le représentant de la chefferie traditionnelle a également salué la démarche inclusive du NIMD, qui permet, selon lui, à des acteurs étatiques, communautaires et de la société civile de se retrouver autour d’une réflexion commune sur l’avenir du pays.
Parmi les participants à cet atelier figure également Mamadou Barro. Venu de Bobo-Dioulasso en qualité de personne-ressource accompagnant le NIMD, il salue une initiative qu’il juge en phase avec les enjeux actuels du Burkina Faso. Selon lui, la refondation nationale constitue aujourd’hui une nécessité au regard de l’évolution politique du pays.

« Qui parle de refondation parle forcément de changement. Pour enclencher une véritable refondation, il faut des citoyens qui aiment leur pays et qui aspirent à construire une nation où il fait bon vivre », a-t-il affirmé tout en ajoutant que la citoyenneté doit aujourd’hui être considérée comme un levier essentiel pour reconstruire le Burkina Faso. Il a ce faisant, appelé les Burkinabè à parler le même langage et à s’engager collectivement dans les actions susceptibles de contribuer à la sortie de crise et au renforcement de la cohésion nationale.
Oumarou KONATE
Minute.bf






