Ouagadougou : C’est parti pour la 1re édition des 72 heures des Journées culturelles dagara à Saaba

La 1re édition des Journées culturelles dagara à Saaba a ouvert ses portes, ce vendredi 1er mai 2026. Portée par l’Association des parents à plaisanterie et alliées, cette initiative vise à renforcer la cohésion sociale, tant au niveau communal que national. Elle vise aussi à valoriser les différents rameaux de la culture burkinabè. Le top départ des activités a été donné par le représentant du Président de la délégation spéciale (PDS) de Saaba, Socrate Jean-Vincent Bationo, en présence du représentant du Chef de la localité, ainsi que des festivaliers.

Du 1er au 3 mai 2026, la commune de Saaba vibrera au rythme de la culture dagara.

Durant ces 72 heures, l’Association des parents à plaisanterie et alliées, dirigée par Jérôme Somé, convie les Dagara à Saaba, les communautés hôtes ainsi que les autres communautés culturelles du Burkina Faso à célébrer la culture dagara, au rythme du balafon et des délices de son terroir. Le thème de cette édition est : « Paix et cohésion sociale ».

Selon Jérôme Somé, l’idée de cet événement est née d’un constat clair. « La communauté dagara est forte et dynamique à Saaba »

Selon le président du comité d’organisation, Jérôme Somé, l’idée de cet événement est née d’un constat clair. « La communauté dagara est forte et dynamique à Saaba, mais elle avait besoin d’un cadre formel pour exprimer son identité, partager son patrimoine et renforcer son intégration locale », a-t-il expliqué.

D’après Jérôme Somé, l’objectif de ces 72 heures est triple : valoriser le patrimoine vestimentaire dagara, notamment le Dagara Kparo (l’art vestimentaire de cette communauté), mettre en valeur les mets locaux tels que le sinsin, le djôdjô, le jus de sorgho, etc.

Enfin, ces trois jours mettront en lumière les rythmes ancestraux dagara à travers leur musique. « Nous voulons favoriser le brassage à travers un espace de rencontre avec nos frères Mossi de Saaba et toutes les autres communautés vivant ici. Nous voulons transmettre notre héritage aux jeunes. Il s’agit de permettre à la nouvelle génération de s’approprier les valeurs de solidarité et d’intégrité léguées par nos aînés », a fait savoir Jérôme Somé.

Selon le parrain Yirkoura Somda, c’est son attachement à la culture dagara qui l’a poussé à parrainer cette première édition

À cet effet, il a remercié les bonnes volontés et l’ensemble des partenaires qui ont permis l’avènement de cet événement. « Je tiens à exprimer ma gratitude particulière aux autorités coutumières et administratives de Saaba pour leur hospitalité et leur accompagnement constant. Vos contributions ont permis de transformer une vision en réalité concrète. Aux membres du comité d’organisation, je voudrais vous dire merci. Vous n’avez ménagé aucun effort, travaillant souvent tard le soir pour que chaque détail, de la foire gastronomique aux prestations de balafon, soit prêt. Ce succès est avant tout le vôtre », a exprimé le président du comité d’organisation.

Pour le parrain Yirkoura Somda, c’est son attachement à la culture dagara qui l’a poussé à parrainer cette première édition. À l’entendre, celui qui aime sa culture est un artisan de la paix et de la cohésion sociale, car il respecte également les autres cultures. « Je suis profondément attaché à la culture. Tout ce qui touche à la culture m’intéresse. J’aime ma culture, tout en respectant et en appréciant les autres cultures. Donc, chaque fois qu’il est question d’une initiative culturelle, je n’hésite pas à m’y associer. C’est un moyen d’exprimer notre identité », a-t-il fait savoir.

Dans le contexte sécuritaire actuel, le parrain Somda a souligné la nécessité de se référer à la culture pour renforcer le vivre-ensemble. « Il est important de continuer à exprimer notre culture, afin de montrer que nous existons et que, malgré les difficultés, notre identité demeure vivante. Voilà ce qui motive mon engagement », a-t-il ajouté.

Une équipe médicale présente aux journées culturelles Dagara

Selon le représentant du Président de la délégation spéciale de Saaba (PDS), Socrate Jean-Vincent Bationo, la situation actuelle du Burkina Faso exige que la culture soit un levier de résilience et de cohésion sociale. « La culture dagara, basée sur le respect, la solidarité et la parenté à plaisanterie, est un outil puissant pour renforcer la paix. Je tiens à féliciter les organisateurs pour la pertinence de cette initiative qui, au-delà de la fête, permet de sceller des pactes d’alliance et d’entente, à l’image de ce que nos anciens nous ont légué », a-t-il déclaré.

Socrate Jean-Vincent Bationo a également lancé un appel à la jeunesse, l’invitant à s’approprier sa culture. « La culture dagara ne doit pas disparaître ; elle doit évoluer tout en restant ancrée dans ses racines », a-t-il rappelé.

Pour information, Jérôme Somé et son équipe ont associé à ces journées culturelles une dimension sociale, avec des actions de dépistage des hépatites et des tests de vue. Notons que l’activité est patronnée par le Naaba Koanga de Saaba.

Lire aussi : Musique : la discographie Dagara s’agrandit avec l’album « Tampouo-zou » de l’artiste Bètchèlè

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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