Le Cordonnateur national du cadre Deux Heures pour Nous Deux Heures pour Kamita, Lianhoué Imhotep Bayala, a livré une communication sur le thème: « Quelle administration publique et quelle administration privée au service de la RPP ?». C’était au cours d’un panel de haut niveau tenu le vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou, à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), en marge de la première phase de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participatin citoyenne (JEPPC).
Les Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) ne sont pas seulement des journées d’actions concrètes en faveur du Burkina Faso. Elles sont une opportunité pour mener la réflexion stratégique au service de la Révolution progressiste populaire (RPP). C’est dans ce sens que le Coordonnateur national du cadre Deux Heures pour Nous Deux Heures pour Kamita (2HK), Lianhoué Imhotep Bayala, a été invité à parler du type d’administration publique et privée à mettre au service de la RPP.

Dans sa communication, le Doctorant en études culturelles africaines, s’est d’abord positionné en tant que consommateur des services publics et privés. Cela lui a permis d’exprimer certaines exigences, tout en rendant hommage à tous les travailleurs du public et du privé qui, avec des moyens souvent « extrêmement » limités, accomplissent leurs missions. « Nous constatons, en tant qu’usagers, le caractère parfois rudimentaire des outils avec lesquels ils travaillent, ainsi que les défis liés à la motivation. Malgré tout, des efforts de résilience sont consentis. C’est l’occasion de saluer également les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) engagés dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) », a-t-il déclaré d’emblée.
Revenant sur l’avènement de la RPP, proclamée le 1er avril 2025, Lianhoué Imhotep Bayala a rappelé qu’elle s’inscrit dans une perspective historique de rupture assumée avec les modèles néocoloniaux, tout en revendiquant une continuité avec l’héritage sankariste. Elle constitue aussi, dit-il, une réponse concrète aux défis du Sahel post-2022, notamment la sécurité, la souveraineté alimentaire, la reconquête territoriale et le repositionnement dans un monde multipolaire.
« La RPP n’est pas un simple slogan. Elle est inscrite dans une charte et définit un cadre idéologique clair; la valorisation des valeurs socioculturelles nationales, participation citoyenne active, réduction des inégalités, lutte contre la corruption et construction d’une économie souveraine », a-t-il rappelé.
Dans ce sens, s’interroger sur le type d’administration publique et privée nécessaire revient à réfléchir d’après, Lianhoué Imhotep Bayala, à leur rôle comme instruments de transformation au service de la RPP.
L’administration publique, un instrument de souveraineté…
S’agissant de l’administration publique, il a expliqué qu’elle doit être un lieu stratégique et non un simple appareil bureaucratique. Elle doit rompre avec les lourdeurs administratives, la centralisation excessive et certaines pratiques héritées du modèle postcolonial pour devenir un véritable instrument de souveraineté. L’administration publique doit être caractérisée par une valeur clé dont l’intégrité, avec une lutte sans concession contre la corruption. « La RPP exige une administration exemplaire, entièrement au service de la nation. À ce titre, la révocation de 21 agents publics en 2025 pour faux diplômes illustre le niveau d’exigence morale à avoir. De même, certaines initiatives de lutte contre la corruption participent à l’assainissement des rapports entre les agents publics et les usagers. Une administration corrompue sape la légitimité de l’État et ouvre la voie aux ingérences extérieures », a-t-il fait savoir.

Le Coordonnateur du cadre 2HK a soutenu qu’à l’inverse, une administration intègre renforce la confiance des citoyens et permet une mobilisation efficace des ressources nationales, comme en témoigne le Fonds de soutien patriotique (FSP). Il s’agit également, de son avis, d’instaurer une culture de la performance et de la responsabilité, avec des mécanismes d’évaluation des politiques publiques et des actions administratives.
« Dans un contexte géopolitique en mutation, notre administration doit être capable de défendre les intérêts nationaux et de négocier d’égal à égal avec les partenaires internationaux », a-t-il souligné.
Concernant le secteur privé, il a soutenu que l’administration privée ne doit pas être perçue comme un adversaire du secteur public, mais comme un allié stratégique de la souveraineté économique nationale. Il doit s’inscrire selon lui, dans une logique de patriotisme économique, fondée sur la production, la transformation locale des ressources et la création d’emplois.
« Les partenariats public-privé doivent être encouragés, notamment dans les secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et les télécommunications », a recommandé Lianhoué Imhotep Bayala. Le secteur privé doit toujours selon Bayala, respecter les normes fiscales et sociales, offrir des conditions de travail décentes et contribuer au développement national. « Dans un contexte marqué par les sanctions économiques, un secteur privé fort et engagé constitue un levier de résilience. En somme, un secteur privé opportuniste peut constituer un facteur de fragilisation, tandis qu’un secteur privé patriotique et responsable est un moteur de développement et de souveraineté. Nous sommes à un tournant historique, et les idéaux de la Révolution d’août 1983 doivent continuer de servir de boussole dans un monde en pleine mutation », a-t-il conclu.

En rappel, le thème général du panel était : « La refondation de l’administration publique burkinabè au service de la Révolution progressiste populaire (RPP) ». Il avait réuni des acteurs en présentiel et visioconférence sous la modération du ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré.
Jean-François SOMÉ
Minute.bf





