Le procès relatif au détournement présumé de deniers publics au ministère de l’Action humanitaire se poursuit au Tribunal de grande instance Ouaga 1. Rappelée à la barre, ce samedi 28 février 2026, l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien a été invitée à réagir aux déclarations de ses co-prévenus, Billy Zongo, Pasco Bila et Ismaël Ouédraogo.
Face au tribunal, elle a catégoriquement rejeté les accusations portées contre elle. Elle affirme n’avoir « jamais reçu le moindre sou » d’Ismaël Ouédraogo, encore moins de Mme Bamba Rasmata. Selon sa version, elle aurait rencontré Mme Bamba quelques jours après sa prise de fonction, dans son bureau, en présence d’Ismaël Ouédraogo. Les deux seraient venus s’enquérir de la possibilité pour l’entreprise de Mme Bamba d’obtenir le marché de fourniture de carburant du ministère.
« Je leur ai dit de voir avec le DAF », a-t-elle soutenu, précisant n’avoir jamais instruit le Directeur de l’administration et des finances, Billy Zongo, de conclure un marché avec cette entreprise. Qu’il s’agisse du contrat de 40 millions F CFA ou de celui de 115 millions F CFA, elle maintient : « je n’ai jamais donné l’ordre à M. Zongo de passer un quelconque marché. Cela ne relève pas de mes prérogatives. »
Ces déclarations contrastent avec celles de Billy Zongo, qui avait affirmé la veille que c’est la ministre elle-même qui l’avait mis en contact avec Mme Bamba et lui avait demandé de lui attribuer le marché du carburant. Laure Zongo/Hien soutient pour sa part n’avoir rencontré Mme Bamba qu’à deux reprises et assure n’avoir jamais discuté de passation de marché avec elle.
À la demande de l’Agent judiciaire de l’État (AJE), le tribunal a procédé à une confrontation avec Billy Zongo. « Je maintiens mes propos. C’est Mme la ministre qui m’a instruit d’élaborer le premier contrat ainsi que le deuxième », a-t-il réaffirmé. Réagissant immédiatement, l’ancienne ministre a déclaré : « M. le Président, je réitère : je n’ai jamais donné un tel ordre. » Elle a ajouté que la passation des marchés ne relève pas directement du ministre : « Si c’est le ministre qui doit négocier les marchés avec les fournisseurs, je me demande alors quel est le rôle du DAF », a-t-elle lancé.
Le tribunal a ensuite fait comparaître l’ancien DAF Pasco Bila. Celui-ci avait affirmé la veille qu’à son arrivée, le gestionnaire lui avait signalé l’existence de documents de sortie de carburant non signés. Il aurait alors décidé d’en informer la ministre afin qu’elle « prenne ses responsabilités ».
Laure Zongo/Hien a rejeté cette version. Elle affirme avoir cessé ses fonctions en janvier 2018. En février, dit-elle, Pasco Bila l’aurait appelée pour l’informer d’un audit imminent de l’ASCE-LC et lui signaler qu’il avait omis de lui faire signer certaines copies de sortie de carburant. Elle indique avoir alors apposé sa signature sur quatre copies qui lui ont été transmises. « Pasco Bila ne m’a jamais parlé d’un quelconque trou dans le compte », a-t-elle martelé.
Elle nie également avoir déclaré à son ancien DAF qu’elle serait allée récupérer du carburant avec Mme Bamba. « Il ne m’a jamais parlé de difficultés liées au carburant. Je ne lui ai jamais dit que j’étais allée récupérer du carburant avec Mme Bamba. D’ailleurs, où serais-je allée le récupérer, puisque je ne la connaissais pas au point de me rendre chez elle ? », a-t-elle soutenu.
Les débats se poursuivent…
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Oumarou KONATE
Minute.bf






