Un but d’avance à la pause, une seconde période indigente et un nul concédé à domicile. Le Burkina Faso a manqué son entrée dans les éliminatoires de la CAN 2027 face au Bénin (1-1) ce vendredi 25 septembre 2026 au Stade du 4-août. Le sélectionneur national Amir Abdou n’a pas mâché ses mots après la rencontre.
Le Stade du 4-Août attendait une fête, il a eu droit à une leçon d’humilité. Ce vendredi soir, les Étalons du Burkina Faso ont concédé le nul face aux Guépards du Bénin (1-1) en ouverture du groupe F des éliminatoires de la CAN 2027.
Un résultat qui laisse un goût amer, tant la première période avait laissé entrevoir un tout autre scénario.
Lassina Traoré avait pourtant lancé les siens sur de bons rails. À la 21e minute, l’attaquant burkinabè transformait un penalty obtenu après une entame de match maîtrisée. Les Étalons dominaient, pressaient haut, empêchaient les Béninois de sortir de leur camp. Les occasions se multipliaient, mais le réalisme faisait défaut. Un détail qui allait coûter cher.
Au retour des vestiaires, le visage de l’équipe a radicalement changé. Le Bénin, métamorphosé, prenait le contrôle des débats. À la 68e minute, Junior Olaitan égalisait sur penalty, concrétisant la domination des Guépards. Le Stade du 4-Août, jusque-là bouillant, se figeait.
« Un naufrage collectif »
En conférence de presse d’après-match, le sélectionneur Amir Abdou n’a pas cherché d’excuses. « Pour moi, on est resté au vestiaire. La deuxième mi-temps a été catastrophique de notre part », a-t-il déclaré, visiblement marqué. « Je suis très déçu pour le peuple qui attendait beaucoup ici. Même moi le premier. Il faut se relever. On a grillé tout notre joker », a-t-il poursuivi son mea-culpa.
Le technicien franco-comorien a pointé du doigt un déficit de fraîcheur physique, mais aussi des choix contraints. « Il y a eu beaucoup de fatigue. Je ne veux pas excuser certains joueurs, comme Edmond et Ismaila Ouédraogo, qui étaient fébriles aujourd’hui, malades, qui ont pu jouer, mais ils n’ont pas été à 100% de leurs moyens », a-t-il excusé ses cadres.
Interrogé sur le moment du basculement, Amir Abdou a reconnu une double explication. « Je dirais les deux », a-t-il répondu, évoquant à la fois la confiance et la condition physique. « On était beaucoup en décalage sur la deuxième mi-temps. On avait un bloc plus haut en première mi-temps. On arrivait à récupérer les ballons, on empêchait le Bénin de sortir. À ce moment-là, dans nos temps forts, on aurait pu scorer un peu plus. Malheureusement, on a manqué de réalisme », a-t-il analysé.
Le sélectionneur du Burkina Faso a également évoqué les absences qui ont pesé sur la composition de son équipe. « J’avais deux cadres qui étaient un peu malades. Il y avait Dango aussi. Il fallait changer la composition la veille. C’est quand même trois joueurs assez importants au niveau de cette équipe », a expliqué le technicien à la tête des Étalons. Des ajustements de dernière minute qui expliquent en partie le manque de cohésion observé après la pause.
Un groupe F sous tension
Ce match nul place les Étalons dans une position délicate dans un groupe F composé également de la Mauritanie et de la République centrafricaine. Dans cette poule où les deux premiers se qualifient directement pour la phase finale, chaque point à domicile compte double. Le Burkina Faso, qui visait clairement une entame victorieuse devant son public, se complique la tâche.
Pas le temps de cogiter. Dès ce soir, les Étalons voyagent vers le Maroc, où ils affronteront la République centrafricaine lundi 28 septembre pour le compte de la deuxième journée. Un déplacement périlleux, avec seulement deux jours pour récupérer et panser les plaies.
« Maintenant, c’est à nous d’aller nous préparer pour aller chercher un résultat, pour rester dans la course à la qualification », a lancé Amir Abdou. « Le prochain match va se jouer lundi. C’est très vite. On n’a pas trop le temps de tergiverser. C’est à nous de nous mobiliser », a-t-il précisé.
Le sélectionneur burkinabè a néanmoins tenu à relativiser le poids de ce premier rendez-vous manqué. « C’est à nous de s’en mobiliser et de ne pas lâcher. Malgré, même si on fait un nul. Le nul, il y est. Maintenant, il faut passer à la vitesse supérieure. Si on veut exister pour la qualification de la Coupe d’Afrique », a-t-il souligné.
Après la 1re journée, la Mauritanie victorieuse de la Centrafrique occupe la 1re place du groupe avec 3 points. Le Burkina Faso et le Bénin occupe la 2e et 3e place avec 1 point chacun. La Centrafrique est classée 4e avec 0 point.
Mathias KAM
Minute.bf







