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lundi 22 avril 2024

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Tribune – « Mon capitaine, nos larmes coulent à flots » dans le Sourou et le Nayala

Ceci est une lettre ouverte de Fidèle Tiamassa, fils du Sourou, adressée au capitaine Ibrahim Traoré, Chef de l’État, « Chef de Guerre du Faso », en rapport avec la situation sécuritaire dans le Sourou.

Excellence mon Capitaine, j’aurais aimé ne jamais avoir à vous écrire à propos de cette crise sécuritaire que traverse le Burkina, tant je vous voue de la déférence. À la place, je préfèrerais placer une idylle. Mais avez-vous toujours le choix quand le sommeil vous échappe ? L’urgence commande la manœuvre. 

Votre prise du pouvoir le 30 septembre 2022 a été un ouf de soulagement pour de milliers d’âmes qui ont retrouvé des parts de leur espoir. Vous avez reçu l’onction populaire dont celle de la jeunesse. Cela est rendu possible grâce certainement à la proximité d’âge que vous partagez avec nombre d’elle. Nous vous avons cru. Nous vous croyons toujours. Mais nous vous demandons de nous ramener la sécurité le plus vite possible.

Il y a moins d’un mois, vous avez annoncé la reprise de la ville de Solenzo en vous y rendant par voie terrestre. Nous avons tous tressaillis de fierté, tellement l’exploit était légendaire. Une victoire écrasante était nôtre. Mais au même moment que vous annonciez cette reconquête de Solenzo, une autre province de la même région, sinon deux autres vassillaient et étaient en passe de tomber entre les mains de l’ennemi alors qu’elles avaient résisté pendant près de deux années. J’ai nommé le SOUROU et le NAYALA, victimes du courroux de l’ennemi. Les alertes étaient légions, les cris étaient perçants, les pleures étaient sonnantes. Mais le loup était dans la bergérie, les brébis n’étaient que des proies faciles. Ce qui ne devait pas arriver, arriva. En une semaine, une dizaine de villages, situés dans un rayon moyen de dix kilomètres, à la circonférence de la ville de Tougan, ont été sommés de dégager. L’ordre a été exécuté par les pauvres populations des villages de Diouroum, Bassan, Tianra, Dianra, Kouy, Yéguéré, Daka, Kassan, sans oublier celles de Gassan, et Soro, et j’en passe, tellement la liste est kilométrique. Malheureusment, le silence, la non réaction, l’absence de l’Etat s’étaient faits remarqués éloquemment. Tougan est aujourd’hui un œuf plein à craquer d’âmes sans sécours. Des vies ont été ôtées allègrements à chaque levée de jour jusqu’à la tracée de ces lignes. Les jours et les nuits étaient confondus tant la peur était la compagne de chaque campagne. Nos larmes coulent à flots !

Monsieur le Président, vous n’êtes plus un simple capitaine de l’armée burkinabè. Vous êtes aujourd’hui le CHEF DE L’ÉTAT, j’allais dire que vous êtes aujourd’hui le CHEF de GUERRE du FASO. Les yeux de chaque enfant, de chaque mère, de chaque père sont sur vous. Élargissez vos épaules, car elles portent désormais de millions d’ESPOIRS.

Engranger une victoire à Solenzo est un exploit, mais la chute du Sourou et du Nayala et d’autres localités du Burkina cache cette victoire et sonne comme une DÉFAITE. Vous ne pouvez pas permettre le blocus de Tougan. NON ! NON ! et NON ! Cette ville ne doit pas s’ajouter à la longue liste de villes que l’on déssert à longueur de journées en vivres. Dans les heures qui suivent, si rien n’est fait, la ville de Tougan manquera de TOUT. Je parle d’eau, le liquide de vie, de produits de premières nécessités, d’électricité qui manque déjà, sans compter le carburant.

Je n’ai pas à vous vanter la qualité de la province du Sourou connue pour être le grenier du Burkina. Aujourd’hui, la vallée de Souroudougou n’est qu’une vallée de l’ombre de la mort. Elle échappe au contrôle de l’État depuis près de deux ans. Or, elle est un havre de vivre pour le pays. Si elle n’est pas récuprée dans les mois qui suivent, la catastrophe alimentaire sera sans précédent non seulemnt au Sourou-Nayala, mais dans toute la boucle du Mouhoun et par ricochet au Burkina.

Cette adresse ne vous incrimine pas. Mais elle vient interpeller de la nécessité de VOLER au SECOURS du SOUROU-NAYALA par une intervention de nos FDS et VDP. Le seul sécours humainitaire ne suffira pas nos populations lassées de passer des nuits froides de janvier à la belle étoile. La PAUVRETÉ dans la SÉCURITÉ semble être la seule préférence actuelle de nombre d’elles. TOUGAN s’ASPHYXIE, elle PERD son énergie d’ESPOIR. Elle se MEURT à petit feu. Elle vous ATTEND dans des nuits sans sommeil. Vous êtes INTERPELLÉ, vous êtes APPELÉ. Le FASO, terre de vos pères et mères vous regarde. En chef de GUERRE, conduisez les batailles et remportez-les, gagnez la guerre. 

Excellence mon Capitaine, alors que je transcris les derniers mots de cette lettre, je voudrais vous rassurer que je ne suis pas pessimiste quant à la victoire finale. Mais épargnez les populations du calvaire. J’ose croire que vous verrez cette adresse, vous la lirez et vous agirez. L’amour de nos terres ne nous laisse point indifférent. Il nous pousse dans nos derniers retranchements où seule la prise de position permet d’assouvir ses désirs. Cela effleure nos consciences individuelle et collective et nous pousse à la RÉACTION. Chacun de nous aurait aimé rester dans l’anonymat sans dire mot, mais nous sommes dos à de frêles murs qui risquent de s’écrouler s’ils ne sont pas soutenus par l’ACTION. 

Recevez ces mots sans herméneutique ! Ils sont déjà définis par leur morphologie. Cordialement !

F. TIAMASSA

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