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jeudi 18 avril 2024

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« Roch Kaboré, Simon Compaoré sont des vrais hommes qui ont de l’avenir… » (Massourou Guiro)

Dans une interview accordée à votre organe Minute.bf, Massourou Guiro, chargé de communication du Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant (MPRSCA), a donné sa lecture de la situation nationale marquée par la double crise sécuritaire et sanitaire. L’actualité au sein de l’ancien parti au pouvoir qui a connu le choix d’Eddie Komboïgo comme candidat à l’élection présidentielle de novembre prochain n’a pas été occultée par ce membre de la société civile.

Minute.bf: Comment se porte le MPRSCA aujourd’hui ?

M. Guiro: Le MPRSCA va mal parce que le Burkina va mal. Le pays est malade et nous nous sentons malades également. Le pays est attaqué de toute part par les terroristes, il est touché par une crise sanitaire sans précédent si bien que le MPRSCA se porte mal. Aujourd’hui, si on attaque les Burkinabè, si on endeuille les Burkinabè, qui ne se sentira pas malade ? Voilà pourquoi je dis que nous sommes tous touchés au fond. Nous devons tous travailler ensemble pour que le phénomène du terrorisme et le Covid-19 quitte le Burkina Faso.

Minute.bf : Les terroristes attaquent de toute part, la crise sociale est à son comble, la gestion du pays est décriée. Pensez-vous qu’il n’y a plus d’espoir pour ce pays ?

M. Guiro : Il y a beaucoup d’espoir pour ce pays. La jeunesse est là et c’est son rôle de sauver le pays. Dans les années 1983-1984 quand le président Thomas Sankara avait 33 ans, avec ses compagnons ils ont travaillé et le pays était reconnu sur le plan international et mondial. Aujourd’hui c’est le rôle de la jeunesse de travailler pour que le Burkina sorte du bourbier et soit reconnu au plan mondial. Elle ne peut pas croiser les bras pour regarder le pays sombrer. Il faut travailler pour résoudre le problème du terrorisme, il faut travailler pour résoudre le problème de l’incivisme. Mais il faut qu’on se dise la vérité, cette jeunesse doit d’abord respecter les devanciers, elle doit respecter les autorités. C’est à ce prix que le Burkina s’en sortira.

Minute.bf: Quelques années après l’insurrection, est-ce que vous estimez que plus rien n’est effectivement comme avant, comme le prône votre mouvement ?

M. Guiro : Mais aujourd’hui tout a changé et on le sait. De nos jours, quand tu vol, les gens disent que tu as volé. Il y a la liberté d’expression et les gens disent ce qu’ils veulent. Nous avons voulu le changement mais il faut qu’on se dise la vérité ce changement doit se faire dans le respect. En effet, ce qu’il convient de rappeler c’est que même quand on veut demander des comptes aux autorités en charge de la gestion du pays, il faut que cela se fasse dans le respect et non dans le dénigrement et les insultes sur les réseaux sociaux. Je pense que le processus de changement que l’on a tant désiré doit s’opérer dans le respect et dans le civisme.

Minute.bf : Des dénonciations sans suite, vous pensez effectivement que quelque chose a changé dans ce pays ?

M. Guiro : Pour les dénonciations sans suite, nous rejetons carrément la faute à la justice. L’indépendance de la justice est une réalité aujourd’hui, mais qu’est-ce que les justiciers en font ? A mon avis, il faut faire avancer certains dossiers. Quand vous prenez les dossiers de Thomas Sankara et de Norbert Zongo, qui faisaient partie des revendications lors de l’insurrection populaire de 2014, aujourd’hui, le mandat du président Roch Marc Christian Kaboré va finir sans que l’on ait un jugement pour ces dossiers. C’est ça qui fait mal. Encore, le dossier du juge Nébié (qui relève même de la justice), jusqu’aujourd’hui où est-ce qu’on en est? Moi je pense que l’appareil judiciaire doit faire en sorte que ceux qui sont fautifs dans le cas du juge Nébié soient sanctionnés à la hauteur de leur forfait et avec la manière.

Minute.bf : Revenons un peu sur l’insécurité. On assiste toujours à des attaques terroristes au nord. Une des dernière polémique serait que des terroristes, poursuivis par des FDS ont trouvé abri dans un camp de réfugiés à Mentao. Que dites vous de cette polémique ?

M. Guiro : Depuis 2015 au MPRSCA, nous avons toujours parlé de ce Camp de Mentao. Il cause d’énormes problèmes dans la zone. Si vous regardez tout autour du camp, il n’y a plus de village. Ces villages se sont délogés suite aux attaques terroristes; les terroristes contrôlent même l’axe menant à Djibo et à chaque fois, il y a des attaques terroristes sur la route là-bas. Il faut bien faire le parallèle. En ce qui concerne ce camp de Mentao, nous avons toujours dit au gouvernement de faire l’état de l’effectif exact des personnes qui y vivent. Nous pensons d’ailleurs qu’il faut fouiller le camp pour débusquer les éventuelles terroristes qui s’y trouvent et qui sortent commettre allègrement leur forfaiture avant d’y revenir. Si le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) dit qu’on ne peut pas fouiller le camp, nous pensons que le HCR exagère. En ce sens, nous pensons qu’il nous impose sa loi, voire son dicta et nous trouvons que ce n’est pas normal. De toutes les façons, nous n’allons pas nous laisser faire.

Minute.bf : Alors, quelle solution proposez vous à cet état de fait ?

M. Guiro: Nous demandons à nos autorités de délocaliser le camp de Mentao. Nous leur demandons tout simplement de prendre contact avec le HCR et de procéder à la délocalisation du camp pour désorganiser les éventuels terroristes qui s’y trouvent.

Minute.bf: Parlons politique maintenant, l’actualité fait état du vote de la présidence au sein du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Eddie Komboigo a été élu président du parti et Mahamadi Kouanda s’est dit écarté et menace de traduire le parti en justice si toutefois Blaise Compaoré conforte Eddie Komboigo à la place du président du parti. Avez-vous un commentaire à faire à ce niveau ?

M. Guiro : J’aimerais dire à tous ces candidats qui se font la guerre pour la présidence du CDP qu’ils doivent dire merci à l’insurrection populaire, dire merci aux insurgés car c’est à cause d’eux qu’il y a alternance aujourd’hui au CDP. Quand Blaise Compaoré était là, qui au CDP pouvait prétendre à la présidence du parti ? A l’époque, il y avait des militants du CDP qui avaient confié le pouvoir d’Etat à la famille Compaoré en disant que même si c’est la fille de Blaise Compaoré, Djamila Compaoré qui se présentait candidate, ils vont la voter. Ces gens-là disaient : « Blaise Compaoré ou rien ». Encore je dis merci aux grands dirigeants du MPP notamment le président Roch Marc Christian Kaboré, Simon Compaoré et Salif Diallo qui ont eu le courage de dire non à Blaise Compaoré en 2014 et à la modification de l’article 37 de la constitution. Ce sont des vrais hommes, des hommes qui ont de l’avenir. Donc les militants du CDP doivent comprendre que c’est la jeunesse insurgée qui a tracé le chemin pour eux, et qui leur ont donné cette faveur d’être candidat au poste de la présidence du parti aujourd’hui. Les jeunes doivent comprendre d’ailleurs que l’avenir de ce pays leur appartient, si toutefois ils travaillent à le construire dans la sagesse, dans le respect des devanciers et des autorités.

Minute.bf : Alors Eddie Komboigo aujourd’hui candidat du CDP, un espoir pour le parti ou un chao?

M. Guiro: Nous sommes de la société civile et nous n’avons rien à voir dans cela. L’essentiel pour nous, c’est qu’en novembre 2020, le Burkina ait un nouveau président. C’est tout ce qui nous intéresse. L’essentiel c’est que les élections ne soient pas reportées, parce que si on les reporte, ça sera vraiment un coup dur pour le Burkina.

Propos recueilli par Hamadou Ouédraogo

Minute.bf

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