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jeudi 18 avril 2024

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Retrait Burkina de la CEDEAO : « Nous quittons, mais nous restons panafricains » (Président Traoré) 

C’est un secret de polichinelle : le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tous pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont conjointement annoncé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des notifications ont par la suite été faites à l’organisation ouest-africaine. Dans une interview accordée au média AFO, le président de la Transition burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré a soutenu que c’était une décision prise à l’issue d’une « analyse profonde », promettant d’aviser « en temps opportun », en ce qui concerne les conséquences de cette décision pour les populations. 

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que de tourner le dos à une organisation », a d’emblée relevé le président Traoré sur la décision du Burkina Faso de quitter la CEDEAO. « Mais, assure-t-il, c’est à l’issue d’une analyse profonde ». 

En effet, la CEDEAO est née en 1975 avec des chefs d’État pour la plupart militaires, du reste, en ce qui concerne l’AES, se rappelle le Capitaine Traoré. S’il considère que « c’était une volonté d’intégrer les peuples de faire de l’épanouissement de l’économie, de la solidarité, de l’entraide, des vertus panafricanistes qui ont conduit les chefs d’État à créer cette organisation », il a déploré : « malheureusement, au fil du temps, l’organisation a perdu ces valeurs-là ». Pour preuve, avance-t-il : « depuis plus d’une décennie, les pays frères du Mali, du Niger sont en guerre contre le terrorisme. Au Burkina Faso, bientôt près d’une décennie, qu’on est en guerre. Cette organisation qui était censée créer l’entraide, la solidarité, nous n’avons jamais reçu d’aide venant d’elle. Aucun soldat, aucune logistique, aucune compassion ».

A la question de savoir si la décision des pays de l’AES de quitter la CEDEAO n’est pas motivée par le fait que les coups d’Etat ne sont pas acceptés dans l’organisation ouest-africaine africaine, le Capitaine Traoré a donné sa lecture des choses. « Les coups d’Etat, on ne les faits pas parce qu’on le veut », a-t-il relevant, ajoutant que « c’est cette manière de voir les choses qu’il faut changer ». 

Il argumente : « d’abord ces États en crise, pour faire un coup d’État et assumer ses responsabilités, c’est très lourd. Mais si on le fait, c’est parce que nous avons une envie d’amener nos peuples vers une certaine souveraineté parce que nous connaissons l’origine de cette crise ».

« Les gens sont fiers de citer, il y a tant de millions de déplacés dans ces contrées », poursuit le Capitaine Traoré qui interroge : « mais qu’est-ce que vous faites pour les aider ? ». Il répond lui-même : « rien ! » 

Ainsi, faut-il considérer que la solution à la situation des États de l’AES viendra des militaires ? La réponse du président Traoré : « tout le monde pourrait le faire ». Il clarifie : « les militaires n’ont pas dit qu’on ne veut plus les civils. C’est par devoir de patriotisme. Lorsque la nation est en péril, à un moment donné, il faille prendre des décisions importantes. S’il se trouve que ce sont les militaires qui ont le courage de prendre ces décisions, c’est ce qui est là. De toute façon, civils ou militaires, nous sommes tous des enfants de ce pays et quiconque est animé de ce sentiment de pouvoir libérer son pays, il pouvait le faire. Donc ce n’est pas une question de militaires. Ailleurs des militaires ont réussi, ici aussi les militaires peuvent bine réussir ».

Du reste, a fait remarquer le chef de l’État burkinabè : « il y a beaucoup de putschistes parmi eux (présidents de la CEDEAO, ndlr). Donc ce n’est pas une question de putschistes, c’est juste un masque. Il y a des putschistes militaires au sein de la CEDEAO qui aujourd’hui se réclament démocrates. Des civils (putschistes, ndlr), il y en a. Il y a pire que des putschistes. Il y en a qui tuent, qui bâillonnent leur peuple sous le silence. La CEDEAO ferme les yeux et les oreilles. Il y a plein de putschistes au sein de la CEDEAO ». 

Retrait « sans délai » de la CEDEAO, quid des conséquences ? 

En annonçant leur retrait « sans délai » de la CEDEAO, le Burkina Faso, le Mali et le Niger respectent-ils les textes ? « Les textes disent, mais eux-mêmes (membres de la CEDEAO, ndlr) n’ont jamais respecté les textes. Ça se fait à la tête du client », a laissé entendre Ibrahim Traoré. Pour preuve, souligne-t-il : « les sanctions infligées au Niger, ça n’existe nulle part dans les textes. Les premiers qui violent ces textes-là sont ces soi-disant démocrates ».

Qu’à cela ne tienne, le Capitaine Traoré signifié que ce retrait du Burkina Faso de la CEDEAO n’empêche pas qu’il reste ouvert à tout Africain. « Nous quittons, mais nous restons panafricains. N’importe qui en Afrique, un Africain qui veut venir au Burkina Faso est le bienvenu chez lui », a-t-il rassuré.

Sur les éventuels impacts sur des populations de l’AES qui font des affaires dans des pays de la CEDEAO, le Président Traoré a promis : « nous verrons et nous saurons quelle mesure prendre en temps opportun ».

Sinon, sur la décision de quitter la CEDEAO, le Capitaine Traoré a insisté : « on a pris le temps d’analyser la situation, de peser beaucoup de choses et enfin de décider ».

Lire aussi ➡️ Décision du retrait de l’AES de la CEDEAO : « Nous savons qu’elle ne sera pas sans conséquence sur nos Etats » (Gouvernement)

Minute.bf

1 COMMENTAIRE

  1. Il y a beaucoup des belles réponses dans ses propos et certains réponses sans suite…nous reste dans une incertitude
    …..je suis un peu inquiète

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