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samedi 13 avril 2024

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Procès CGT-B contre Adama Siguiré : Le parquet attend « des preuves concrètes »

Le procès de l’affaire opposant la Confédération générale du travail du Burkina Faso à Adama Siguiré suit son cours au Tribunal de grande instance Ouaga 1. La parole est au ministère public pour interroger le prévenu.

Dans ses propos, le ministère public a rappelé au prévenu que la présente affaire s’inscrit dans le cadre du pénal. Et, selon elle, en matière pénale, les faits sont dépourvus de toute interprétation. « La déduction ne marche pas en matière pénale. Vous avez fait des déclarations bien précises. Ce que nous attendons c’est que vous fournissez des preuves concrètes attestant de ce que vous avez dit! Vous avez déclaré que quelqu’un de la CGT-B vous a dit que la CGT-B a conclu des contrats tacites avec des puissances impérialistes. On vous demande de décliner l’identité de cette personne. C’est votre droit le plus absolu de refuser. Mais vous devez savoir que cela peut être retenu contre vous », lui a fait observer le procureur rappelant qu’ « en principe, pour les faits de diffamation, on ne prend pas du temps ». « Est-ce que vous avez dit ça oui ou non ? Vous apportez des preuves. Vous auriez pu tout simplement donner le nom de la personne qui vous a donné l’information au lieu de faire des allégations et des suppositions », a relevé le parquet.

Du reste, le parquet lui a fait remarquer que la CGT-B a déposé des plaintes simultanées contre Ibrahima Maïga et 11 autres personnes dans le cadre de cette même affaire.

En réponse à ces observations, le prévenu a relevé qu’il n’a jamais fait d’allégations. Il dit être parti des constats et du contexte national actuel pour faire ses publications. « Je n’ai jamais fait des allégations. Je suis allé sur la base d’un raisonnement cartésien. Maintenant si on me dit: Siguiré, tes preuves ne tiennent pas, ça, c’est une autre chose. Sinon je suis allé sur la base des faits. Je ne fais jamais d’allégations », a-t-il soutenu.

Il dit avoir constaté un déni du contexte actuel de guerre par la CGT-B et de l’urgence du moment. Cela est une preuve matérielle selon lui, qui atteste des liens de la CGT-B avec des puissances impérialistes. « Jusque là, la CGT-B n’a pas été capable de contester le fait qu’ils ont appelé leurs militants à ne pas contribuer à l’effort de guerre. Ils n’ont pas pu non plus contester le fait qu’ils ont dénoncé la vie chère. Ils n’ont pas été en mesure également de me prouver que nous ne sommes pas dans une situation de guerre. Ça c’est plus que des preuves! C’est des prémisses et c’est à partir de cela que j’ai fait mes déductions. Pendant que la Nation est en guerre, il se trouve des gens qui veulent sortir marcher, ça c’est grave! On devait condamner la CGT-B même pour ça! », a-t-il clamé.

Selon M. Siguiré, si le parquet veut invalider ses preuves, il devrait d’abord invalider ses prémisses. « Nous sommes dans une démonstration cartésienne. Avant d’invalider mes preuves, j’aurais aimé que Mme la procureure invalide d’abord mes prémisses. Mais je remarque qu’elle n’est pas capable de le faire », a-t-il dit.

Le parquet a appelé le tribunal à recentrer le débat. Pour le ministère public, le prévenu s’éloigne du sujet. « Votre raisonnement est logique. Nous acceptons. Mais nous vous disons que le raisonnement juridique est différent de ça. Vous voulez nous amener dans un terrain où nous ne voulons pas parce que nous n’avons pas été saisis de cela », a-t-il déclaré.

Les débats se poursuivent…

Lire aussi ➡️ Procès CGT-B contre Siguiré : Échanges entre le prévenu et Me Prosper Farama

Oumarou KONATE

Minute.bf

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