Depuis sa création, les missions de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) sont souvent méconnues de certaines populations. Dans le but de vulgariser ses missions par les médias, l’ABNORM a outillé une vingtaine de journalistes et communicateurs sur ses missions et aux enjeux de l’agence. L’ouverture de la formation tenue le mardi 31 mars 2026 à Koudougou, région du Nando, a été présidée par Oumarou Ky, chargé d’appui technique, représentant le DG de l’ABNORM Habraham Somda. La formation visait à renforcer les connaissances des journalistes sur l’ABNORM afin d’améliorer la qualité des productions médiatiques consacrées aux activités de l’institution.
Miser sur les médias pour ancrer la culture qualité dans les habitudes des populations, tel est le pari de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) à travers l’atelier de formation qu’elle a initié le 31 mars 2026.

Créée en 2012, l’ABNORM est une institution publique chargée de veiller à la qualité des produits et services, d’assurer leur fiabilité et d’accompagner les entreprises dans la démarche qualité. Dans cette dynamique, elle a organisé, dans la région du Nando, un atelier au profit des professionnels des médias, afin de leur présenter ses missions ainsi que les concepts clés liés à ses domaines d’intervention.
Selon Oumarou Ky, chargé d’appui technique, représentant le DG de l’ABNORM, les domaines d’intervention de l’agence sont souvent techniques et demeurent parfois peu accessibles au grand public, y compris pour certains acteurs des médias appelés à relayer ces informations. Pourtant, dit-il, une compréhension partielle de ces notions peut entraîner une diffusion approximative de l’information. « Lorsqu’un concept est mal compris, il est présenté de manière incomplète, et sa portée réelle peut passer inaperçue », a souligné M. Ky, justifiant ainsi la tenue de cet atelier.
Par ailleurs, il a insisté sur le rôle stratégique des journalistes et communicateurs dans la vulgarisation des missions de l’ABNORM. « Grâce à vos analyses, reportages et publications, vous pouvez contribuer à mieux informer les consommateurs, valoriser les efforts des entreprises engagées dans la qualité et promouvoir une véritable culture de la qualité au Burkina Faso », a indiqué le chargé d’appui technique de l’ABNORM.

Au cours de la session, deux communications majeures ont été présentées, en vue de permettre aux participants de faire siens les missions de l’ABNORM. La première, animée par le Directeur de la promotion de la qualité, Abdou Rahim Kinda, a porté sur la « Présentation des missions, attributions et prestations de l’ABNORM ». Il a mis en lumière les principales missions de l’institution, à savoir la normalisation, la certification, la métrologie, le contrôle de la qualité et l’accréditation.
Dans sa communication, il a fait savoir que la normalisation consiste en l’élaboration de normes, c’est-à-dire des documents de référence fixant des exigences, des méthodes et des lignes directrices, en vue de garantir la sûreté et la fiabilité des produits et services. On distingue notamment les normes de terminologie, qui harmonisent les définitions d’un domaine ; les normes d’essai et de mesure, qui définissent les méthodes d’évaluation (à l’image de l’ISO/IEC Guide 99) ; ainsi que les normes de sécurité, destinées à protéger les personnes, les biens et l’environnement, comme la norme ISO 14001.
La certification, quant à elle, est un processus par lequel il est attesté, après évaluation, qu’un produit ou un système est conforme aux normes en vigueur. À cet effet, l’ABNORM délivre la marque nationale de conformité (NBF), un « logo officiel » apposé sur les produits certifiés.
En ce qui concerne la métrologie, M. Kinda a indiqué qu’elle est la science de la mesure. Elle intervient dans plusieurs secteurs tels que le commerce ; la santé ; et garantit la fiabilité des mesures. Elle se matérialise notamment par des étiquettes de contrôle. « Lorsque qu’une étiquette verte est apposé sur un produit ou un système, cela atteste de la conformité du produit, et quand il s’agit d’une étiquette rouge cela signale de la non-conformité du produit ou du système », a expliqué Abdou Rahim Kinda.

Enfin, l’accréditation est définie comme une reconnaissance officielle qui atteste de la compétence des organismes chargés d’évaluer et de certifier la conformité des produits et services aux normes en vigueur. Elle vient renforcer la confiance dans tout le système qualité : elle garantit que les structures qui évaluent les produits ou services sont elles-mêmes compétentes.
La seconde communication, présentée par Lassina Badolo, chef du service communication et relations publiques, a porté sur le « Rôle des médias dans la promotion de la culture qualité au Burkina Faso ».
Lassina Badolo a insisté sur la nécessité pour les médias de valoriser les produits certifiés et de contribuer à la promotion de la culture de la qualité. « L’ABNORM s’investit dans la promotion de l’excellence à travers des ateliers d’information et de sensibilisation, des sessions de vulgarisation ainsi que des campagnes de contrôle accompagnées d’actions de sensibilisation. Dans cette dynamique, les médias sont appelés à transformer les sujets techniques en véritables sujets de société, à influencer les perceptions et les comportements, et à relayer efficacement les messages liés à la qualité », a-t-il précisé.
Par ailleurs, Lassina Badolo les a invité à vulgariser davantage les notions de qualité, à créer des espaces médiatiques dédiés et à produire régulièrement des contenus pédagogiques. M. Badolo est convaincu qu’une collaboration renforcée entre l’ABNORM et les médias est essentielle pour rapprocher l’institution de la population et vice-versa.
En marge des communications, les participants ont soulevé plusieurs préoccupations, auxquelles des réponses ont été apportées. Des recommandations ont également été formulées en vue d’améliorer les actions de l’ABNORM, telle que la mise en place concrète permettant la collaboration effective entre ces entités ; ainsi que l’organisation à bon temps des communications en faveur des hommes et femmes de médias.

Par ailleurs, l’ABNORM invite les populations à dénoncer tout produit ne respectant pas les normes nationales et internationales, en appelant les numéros verts 80 00 11 84 / 85 / 86 ou via WhatsApp au 53 26 27 27.
Il faut noter qu’à ce jour, l’ABNORM a élaboré plus de 1 000 normes et certifié près de 400 produits, tandis que plusieurs demandes de certification sont en cours de traitement. Elle est placée sous la tutelle financière du ministère en charge des Finances et sous la tutelle technique du ministère en charge du Commerce.
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Nadège KINDA
Minute.bf





