Au Burkina Faso, comme dans de nombreuses sociétés africaines, les unions entre personnes de confessions religieuses différentes continuent de susciter des débats, des réserves, et parfois même des oppositions ouvertes. Entre foi, attentes familiales et normes sociales, le mariage apparaît souvent comme un espace où l’homogénéité religieuse est érigée en règle. Pourtant, certains couples choisissent de dépasser ces frontières pour s’unir malgré leurs différences. À Ouagadougou, Nina Somé et Ousmane Onadja se sont inscrits dans cette dynamique. Forts de quinze années de vie conjugale, ils ont su dépasser les appréhensions et préjugés sociaux, pour construire, au fil du temps, un espace de coexistence apaisée. Aujourd’hui, leur histoire inspire plus d’un. Reportage !
Dimanche 23 mars 2026, il est un peu plus de 8 heures à Bassinko, dans l’arrondissement Nº8 de Ouagadougou. Le soleil s’élève lentement dans le ciel, étirant ses premières lueurs sur les habitations encore calmes. Mais, aux abords de la paroisse Saint-Augustin, l’effervescence est déjà palpable. C’est jour de messe. Des fidèles, Bible à la main, convergent par petits groupes vers le parvis. Les salutations s’échangent, les sourires aussi. Parmi eux, Nina. Sa Bible serrée contre elle, le pas assuré, elle franchit le seuil du temple après un bref signe de croix et s’installe sur l’un des bancs de la salle en attendant le début de la célébration.

Chaque dimanche, elle vient ici accompagnée de ses enfants, fidèle à ce rendez-vous spirituel qu’elle honore avec foi et constance. Après près de trois heures de prières et d’adoration, elle quitte l’église, enfourche sa motocyclette et prend le chemin du son domicile. Une autre séquence de sa journée commence, un peu plus domestique, mais tout aussi essentielle.
S’aimer malgré la différence…
À son arrivée, c’est Ousmane Onadja, son époux, qui lui ouvre le portail. « Tout s’est bien passé à l’église ? J’espère que tu as prié pour nous tous », lance-t-il, sourire aux lèvres. Les questions sont chaleureuses, les réponses cordiales. À première vue, rien ne distingue ce couple de tant d’autres. Et pourtant, leur histoire aurait pu ne jamais exister.

Ousmane est musulman, fils d’une famille profondément ancrée dans l’islam. Nina, elle, est chrétienne, fièrement attachée à sa foi, et issue d’une famille chrétienne catholique. Deux univers différents, deux voies que tout semble opposer, aussi bien dans les rites, les représentations, que dans les interdits. Mais au lieu de cristalliser ces différences et d’en faire une barrière, les deux ont choisi de les conjuguer, sans les opposer.
Conformément installé dans son fauteuil, aux côtés de son épouse, Ousmane revient sur sa première rencontre avec son épouse. « Je l’ai rencontrée (son épouse, Nina) à Zorgho, en 2010. J’étais enseignant, nouvellement affecté dans cette localité, et à mes temps perdus, je donnais des cours de renforcement. Sa petite sœur s’était inscrite à mes cours d’appui. Et un jour, elle est venue avec Nina pour un exposé. Dès que je l’ai vue, j’ai dit : voici ma femme. », raconte-il le sourire aux lèvres.
Séduit dès le premier regard par celle qui deviendra son épouse, Ousmane dit n’avoir pas tardé à lui déclarer ses intentions. Mais les choses ne seront pas si simples. Nina, fidèle à son éducation catholique, va lui opposer une réponse ferme. « Elle m’a dit de venir voir ses parents à la maison », indique-t-il. C’était le passage obligé, et il devait s’y conformer. C’est ainsi que les jours suivants, il s’est présenté au domicile familial. Mais, avant même d’atteindre le seuil de la porte, un incident inattendu vient troubler l’entrée en matière. « Quand je suis arrivé devant leur portail, il y a un gros chien qui m’a pris en chasse. J’ai commencé à courir de partout. Heureusement c’est la grande sœur de Nina qui est venue me sauver. Ce jour, j’ai eu les pantalons déchirés jusqu’au talon. Quand je suis rentré chez moi, je me suis dit qu’il faut que je fasse tout pour qu’elle devienne ma femme. Parce que ça, c’était un défi à relever », rappelle-t-il dans un fou rire.

Quelques compromis, la condition du mariage…
Dès le départ, Ousmane affirme avoir pris la mesure de l’obstacle principal : la différence religieuse, une ligne de fracture potentielle, qui était capable de faire basculer les décisions familiales. Il dit donc s’être préparé à toute éventualité, convaincu d’avoir trouvé sa moitié. Ainsi, quand sa belle famille lui a posé le problème, il est resté constant. « Je leur ai dit que je ne trouve aucun problème a ce que ma femme soit chrétienne. Parce que ce qui compte vraiment pour moi, ce n’est pas sa religion mais sa personnalité, la pureté de son cœur et surtout l’amour que j’ai pour elle », relate-t-il. Contre toute attente, dit-il, sa belle famille n’a pas aussi trouvé à redire sur cet état de fait. Sa belle-mère, notamment, a joué un rôle déterminant en facilitant les échanges. Et peu à peu, les résistances se sont estompées.
A en croire M. Onadja, le mariage s’est fait à trois endroits différents. D’abord, à l’églis pour la célébration chrétienne, puis à la mosquée pour la célébration musulmane, et devant le maire pour le mariage civil.

Pour entériner leur union, le couple affirme avoir fait quelques compromis. A l’église par exemple, Ousmane a pris l’engagement « devant le Seigneur » de ne pas imposer sa religion à son épouse et surtout, de laisser le choix à leurs enfants de choisir leur voie. « En fait cela s’explique : nous étions en 2011. Et à l’époque chez nous Catholique, quand une personne de confession religieuse différente veut prendre l’une de nos soeurs pour épouse, on lui demandait de prendre l’engagement de ne pas imposer sa religion à cette dernière et surtout, de laisser ses enfants choisir librement leur voie. Mais les choses ont changé depuis lors », clarifie Mme Onadja, comme pour lever toute équivoque sur ce sujet.
À la mosquée, Nina a également reçu Rasmata pour nom. Quand bien même elle n’a pas renoncé à sa foi chrétienne, il le fallait selon les Imams, pour valider son union avec Ousmane. Mais tout ceci, le couple Onadja affirme l’avoir surmonté avec amour et détermination. Et au fil des années, il a appris à faire front, contre les regards et les incompréhensions, mais aussi contre les tensions bénignes du quotidien, d’ailleurs inévitables dans toute vie conjugale.
« Plutôt que d’être un fossé, la religion doit être un pont »
Aujourd’hui, Onadja et sa femme ont l’entente en partage. Chaque conjoint a préservé sa foi et sa voie, mais le foyer respire l’harmonie et la paix. « Chez nous, quand il y a une fête catholique, j’accompagne ma famille. Je sais que Madame doit avoir des visiteurs, donc je paie la bière même si je ne bois pas. Quand il y a une fête musulmane aussi, elle aussi m’accompagne. Elle sait que ma religion m’interdit l’alcool et certains aliments donc elle fait attention à cela. Et depuis que nous sommes ensemble, on n’a jamais eu de divergences sur ces questions là particulièrement », explique Ousmane. Le mois du Ramadan est une belle illustration d’après lui. Bien qu’elle ne jeûne aux mêmes moments que lui, c’est elle qui lui prépare son Suhoor (l’abstention), dit-il.

Dans le foyer des Onadja, la question de la transmission religieuse est abordée avec une certaine liberté. Dès la naissance, selon le Chef de famille, les enfants sont inscrits dans les deux traditions. Ils reçoivent à la fois un nom musulman, un nom chrétien, et même un nom traditionnel donné depuis le village. Puis, avec l’âge, il leur revient de choisir la voie qu’ils désirent suivre, entre la religion du père et celle de la mère. Pour l’instant, nous dit Ousmane, les gosses ont choisi la religion chrétienne. « Pour moi, la religion, c’est une relation personnelle qu’on entretient avec Dieu. Donc, ça ne me gêne pas que mon enfant soit catholique. Ça ne gêne pas aussi Madame qu’ils soient musulmans. Des fois, c’est moi-même qui les envoie à la catéchèse », explique-t-il.
De l’avis du couple, l’amour du prochain est aussi une religion, sinon la première. « Moi, je pense que la différence religieuse, plutôt que constituer un fossée entre les hommes doit servir de pont entre les coeurs. La religion doit unir et non séparer, surtout en matière d’amour», soutient Mme Onadja.
Ce que dit l’islam…
Elle n’a pas tord de le penser ! C’est aussi l’avis que partage Halidou Ilboudo, imam au Cercle d’études, de recherche et de formation islamiques (CERFI) et président du Centre culturel islamique du Burkina (CCIB). Depuis quelques années, à travers son centre, l’homme de Dieu porte la caravane Djama Beog Neere, une initiative dédiée à la promotion de la tolérance religieuse et de la cohésion sociale au Burkina Faso. Nous le rencontrons dans la matinée du 24 avril 2026, en pleins préparatifs de l’édition 2026 de la Caravane. C’est donc en observateur averti des dynamiques interreligieuses qu’il se prononce sur les mariages islamo-chrétiens. Et sur le sujet, il invite à dépasser les perceptions souvent réductrices qui entourent ces mariages. Les mariages mixtes, ou interreligieux, selon lui, sont des unions interculturelles.

Ces unions, selon l’imam, ne sont pas proscrites en islam, mais elles s’inscrivent dans un cadre normatif précis. Elles sont possibles, dit-il,mais « encadrées ». « Dans chaque religion, il existe des règles. Que ce soit en islam, que je connais, ou dans le christianisme, il y a des limites qui sont fixées », explique-t-il.
Pour éclairer son propos, Imam Ilboudo invite à remonter aux réalités sociales anciennes. Bien avant l’introduction des religions révélées, rappelle-t-il, les sociétés burkinabè connaissaient déjà des règles d’alliance parfois strictes. « Dans nos cultures, il y avait des castes, des familles, des interdits. On pouvait dire que telle famille ne se marie pas avec telle autre. Mais cela ne créait pas forcément de tensions. Ce n’était pas un rejet », relève-t-il.
Ce détour historique permet, selon lui, de relativiser les crispations contemporaines autour des mariages interreligieux. Poser des limites dans le mariage, estime-t-il, ne signifie pas nécessairement exclure l’autre. Et au-delà de ces considérations, l’imam insiste sur la dimension profondément humaine du mariage, souvent reléguée au second plan par les débats communautaires. Le mariage, pense-t-il, est d’abord une histoire d’amour entre un homme et une femme. « Les gens ne se marient pas pour rapprocher les musulmans et les chrétiens. Ils se marient parce qu’ils s’aiment. C’est peut-être nous qui en faisons un problème de communauté », tranche-t-il.

Quant à ce que dit l’islam sur ces mariages, le président du CCIB se veut clair et sans ambiguïté. « Je ne peux pas être au-dessus des textes. Si le Coran a permis à un musulman d’épouser une chrétienne ou une juive, je ne peux pas dire que ce n’est pas permis », a-t-il martelé en précisant toutefois, que cette autorisation religieuse n’implique pas une adhésion systématique sur le plan personnel, les fidèles étant libres de faire leur choix. « Je peux dire que c’est permis, mais moi, personnellement, je peux choisir de ne pas le faire », ajoute-t-il invitant les fidèles à privilégier les attitudes de nature à unir plutôt qu’à diviser. Pour l’imam, l’islam est venu pour unir les cœurs et non les éloigner et le musulman, dit-il, se doit d’être un vecteur d’unité et non une source de séparation.
« La religion ne doit pas être une barrière à l’amour », Abbé Albert-Etienne Kaboré
C’est également la position de l’Eglise catholique. Et pour comprendre cela, nous nous sommes rendus à la paroisse Sacré-Cœur de Dapoya, dans l’arrondissement n°2 de Ouagadougou, où, nous avons rencontré l’abbé Albert-Étienne Kaboré au petit matin du mercredi 6 avril 2026. Curé de cette paroisse, l’abbé Kaboré est aussi Secrétaire général de la Commission épiscopale du dialogue interreligieux au Burkina Faso. C’est donc un homme rompu aux questions de coexistence religieuse, qui s’est livré à nous, non sans avoir pris le soin de faire une prière.
Dans ses explications, le prêtre a d’emblée adopté une position de prudence. L’Église catholique, dit-il, n’encourage pas particulièrement les mariages islamo-chrétiens en raison des défis que ce unions présentent. Elle choisit plutôt d’accompagner ceux qui s’y engagent. « L’amour n’a pas de frontières. La religion ne doit pas être une barrière à l’amour, surtout au mariage. Au contraire, elle peut devenir une richesse », nous a-t-il confié.

Pour lui, lorsque le dialogue est de mise, la coexistence de deux traditions spirituelles dans un même foyer peut constituer une source d’enrichissement mutuel. Chacun y apporte son plus, sa pratique et son expérience de la foi. Les enfants eux-mêmes, dit-il, peuvent grandir dans un espace où ils cultivent au quotidien l’écoute, le respect et l’ouverture vers l’autre.
Ces unions, de son avis, sont donc une véritable opportunité pour la cohésion sociale. Lorsqu’elles reposent sur la sincérité et le respect mutuel, elle peuvent se révéler un espace concret d’apprentissage du vivre-ensemble. « Le mariage islamo-chrétien peut être le début de la cohésion sociale. Ça commence dans le foyer avant de s’étendre à la société. Parce que les enfants grandissent au contact quotidien de la différence. Ils apprennent grâce a l’exemple de leurs parents, qu’il est possible de vivre ensemble sans renoncer à sa foi, de respecter l’autre sans se renier, d’aimer malgré les appartenances distinctes. Le foyer devient alors un premier lieu d’éducation à la tolérance », a-t-il apprécié.
Il a toutefois invité à ne pas occulter les défis que représentent ce type d’unions. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon lui, l’Eglise n’encourage pas ces unions. Les mariages interreligieux, dit-il, sont souvent traversés par des incompréhensions, des pressions familiales ou communautaires, et parfois par une volonté de faire prévaloir la religion de l’un sur celle de l’autre. « Chaque religion voudrait souvent que l’autre partie épouse sa foi », a-t-il résumé, précisant que ces tensions relèvent moins d’une incompatibilité entre islam et christianisme que d’une méconnaissance réciproque.
De ce fait, selon le prêtre, dans la sa dynamique d’accompagnement, l’Église pose un certain nombre de conditions dès l’inscription au mariage. Les futurs époux sont reçus, interrogés et invités à clarifier leurs engagements. Le mariage chrétien, rappelle-t-il, repose sur trois principes essentiels : la monogamie, l’indissolubilité et la fidélité conjugale. « Les deux parties doivent être d’accord sur ces éléments. Sans cela, il n’y a pas d’inscription », précise le curé.
A cela s’ajoute la question de l’éducation religieuse des enfants qui, dit-il, occupe également une place centrale dans le processus. Pour l’Église catholique, explique l’abbé Kaboré, cette question ne peut être renvoyée à plus tard ni laissée dans le flou. Elle doit être abordée dès le départ, de manière concertée et responsable. « Il s’agit de réfléchir ensemble à la manière dont les enfants seront accompagnés spirituellement, dans le respect des deux traditions. Dans certains foyers, cette double appartenance peut se traduire par l’attribution d’un prénom chrétien, d’un prénom musulman, et par une initiation progressive aux pratiques religieuses des deux parent. Mais tout ça doit être clarifié dès le départ. Et nous tenons vraiment à cela», explique-t-il, tout en invitant les couples qui veulent s’unir malgré leurs différences religieuses, à poser comme préalable la sincérité et le dialogue.
Les mariages interreligieux, un phénomène sociologique…
Les tensions qui entourent les unions interreligieuses prennent racine dans les fondements sociologiques même des sociétés. Cela nous est expliqué par Bacyé Yisso Fidèle, sociologue et enseignant-chercheur au centre universitaire de Tenkodogo. Nous l’avons rencontré le 31 mars 2026, à Ouagadougou. M. Bacyé nous propose une lecture nuancée de ce phénomène qu’il dit à la croisée des normes sociales, des logiques identitaires et des dynamiques familiales.
Pour le sociologue, les oppositions qui gravitent autour des mariages interreligieux peuvent trouver leur justification dans l’organisation même de la vie en société. « Lorsque des individus de confessions différentes décident de s’unir, ils choisissent en réalité de braver un certain nombre de règles sociales établies », explique-t-il. Dans des sociétés où prévaut encore le principe d’endogamie religieuse, ces unions apparaissent comme des formes de transgression, susceptibles de générer des tensions. « Ils vont tenter de créer de l’harmonie malgré leurs différences, mais cela ne se fait pas sans oppositions », précise-t-il.

Ces résistances, selon lui, trouvent d’abord leur origine dans les mécanismes de socialisation religieuse. Dès l’enfance, les individus sont formés à considérer leur religion comme le cadre légitime de la vie familiale. « Le fait de s’engager avec quelqu’un d’une autre confession peut être perçu comme une remise en cause de cet habitus religieux », souligne-t-il. À cela s’ajoute dit-il, une forme de contrôle social exercé, souvent de manière implicite, par les communautés religieuses. « Chaque groupe cherche, d’une certaine manière, à préserver ses frontières », affirme-t-il.
Mais au-delà des normes, c’est aussi une question d’identité qui se joue. La religion participe dit-il, à la construction du « nous collectif ». Et aller vers l’autre, est parfois perçu comme une dilution de cette identité, analyse le sociologue, qui ajoute que cette « peur de dilution identitaire » alimente ainsi les réticences, qui sont d’autant plus fortes lorsque les pratiques religieuses sont rigoureuses.
Aux dires de M. Bacyé, la question de l’éducation des enfants constitue également un point sensible. Le foyer étant le principal lieu de reproduction du fait religieux, les familles redoutent les incertitudes liées à la transmission. « Il faut de la transparence dès le départ sur les cadres éducatifs », insiste-t-il. Toutefois, il relativise cette inquiétude en rappelant que la foi relève avant tout d’une expérience individuelle. « La religion, c’est une relation personnelle de l’homme à Dieu », dit-il.

Dans cette perspective, le spécialiste met en avant une approche fondée sur les valeurs plutôt que sur les prescriptions strictes. « Ce sont les valeurs qu’il faut transmettre, plus que des coutumes auxquelles il faudrait se conformer mécaniquement », soutient-il.
Pour M. Yisso Bacyé, les mariages interreligieux sont un véritable un indicateur de la tolérance dans une société. Ces unions, dit-il, favorisent les interactions entre groupes différents, créant ce qu’il appelle des « ponts sociaux ». « Le fait de côtoyer l’autre permet de le connaître, et donc de déconstruire les préjugés, de briser les barrières et de s’accepter mutuellement », explique-t-il. Et pour faire accepter une telle union par les familles, le sociologue insiste sur la temporalité et la médiation sociale. « Il faut prendre le temps, privilégier la fréquentation, et surtout présenter le conjoint dans une logique de complémentarité plutôt que de différence. Quand vous mettez la différence en avant en premier, il y aura de la réticence. Mettez plutôt la complémentarité et les valeurs partagées », conseille-t-il. Il ajoute à cela, le recours à des figures d’autorité notamment les chefs de famille, aînés ou leaders religieux qui peuvent également faciliter l’acceptation.
En attendant, Ousmane et Nina Onadja ont, eux, trouvé leur voie, s’aimer malgré la différence, s’unir là où tout semblait les opposer et s’accepter mutuellement. Aujourd’hui, leur couple montre la voie, celle de l’acceptation de l’autre dans sa différence, de la tolérance religieuse et de la paix.
Oumarou KONATE
Minute.bf






