lundi 20 avril 2026
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Lutte antiterrorisme : Bassolma Bazié propose aux chefs coutumiers de mettre à contribution leurs « pouvoirs » mystiques

A la rencontre avec la délégation ministerielle ce jeudi 04 mai 2023, un des chefs coutumiers a pris le contre-pied de la présentation qui a été faite, et qui relève une certaine régression des incidents terroristes sur le territoire national. Pour ce chef coutumier, le constat sur le terrain est tout autre. Il a ensuite été recadré par le ministre d’Etat, Bassolma Bazié.

« Je veux parler par rapport à une communication qui a été faite ici, disant qu’on assiste à un élan de progression freinée des terroristes au Burkina Faso. Pourtant, aujourd’hui, on constate que que les terroristes n’ont pas regresssé, ils ont progressé au contraire puisque Karma dont on parle, est dans le Barga et Barga est au dessus de Khaïn. Les terroristes sont là-bas. Ils n’ont pas bougé. Ils sont là dans les forêts. Comment pouvez vous dire qu’ils ont régressé alors qu’ils sont toujours dans nos forêts ? », a lancé ce chef coutumier, a l’endroit des membres du gouvernement qui ont fait la présentation sur la situation sécuritaire en relevant une certaine réduction des incidents terroristes, depuis quelques temps.

Une vue des chefs coutumiers à la rencontre

Après l’intervention de ce chef coutumier, la réponse du ministre d’Etat, Bassolma Bazié ne s’est pas faite attendre. « L’objectif de ces rencontres, ce n’est pas une question de dire qu’on a accepté qu’il y a du progrès parce qu’au départ il y avait des jihadistes dans la forêt et que maintenant il n’y en a plus. On doit avoir la compréhension que le Burkina ne se résume pas à un seul village.

Et justement, quand les techniciens des opérations présentent les résultats en donnant les noms des villages, en disant qu’ici il y avait des troubles mais que ça a été rétabli, ici il y a telle chose ou telle autre mais que maintenant ça va, je pense que même si le village n’est pas ta localité, tu dois au moins féliciter ceux qui sont au front. Aujourd’hui on ne doit plus fonder notre identité à un village. On fonde notre identité au Burkina Faso. Même s’ils ont fait des progressions ailleurs et qu’il y a deux ou trois villages qui ont été récupérés et que des femmes et des enfants ont été réinstallés, on doit les féliciter et les inviter à progresser (…).

Nos messages en ce moment doivent être des messages d’espoir. Et vous êtes les personnalités les mieux adaptées pour passer ce message. C’est grâce à vous justement qu’on a évité beaucoup de choses dans l’histoire de ce pays (…)

En plus de cela, ce qu’on pourrait attendre de vous, même si le chef de la délégation ne l’a pas dit, en même temps que vos fils, vos frères, sont au front de façon stratégique, vous aussi, vous pouvez les accompagner d’une autre manière.

On peut avoir l’arme mais on peut aussi avoir quelque chose à côté. Si vous avez des pouvoirs pour accompagner, vous pouvez aussi accompagner à votre manière. Nos ancêtres, avant, n’avaient pas de fusils mais ils avaient des pouvoirs.

Vue des leaders religieux et chefs coutumiers à la rencontre

Avant, on ne pouvait pas rentrer dans un village pour causer du tord et puis ressortir. Avant, tu ne pouvais pas venir dans un village arrêter quelqu’un, même s’il est seul et que vous êtes 500. Avant, il y avait des gens qui pouvaient voyager sans prendre un avion. Ces pouvoirs sont partis où ?

De ce point de vue, l’autre apport qu’on attend de vous ce n’est pas de dire que dans telle ou telle localité les terroristes ont progressé, c’est de dire après les échanges ici, par exemple : ‘Bassolma viens, voici un canaris, prend et puis va te défendre’. C’est ce qu’on demande. C’est de nous dire, voici mes sourates que je connais, prends telle sourate, et arrivé si ça chauffe et que ton fusil est bloqué, récite ça et disparais.

Je suis étonné quand on dit que telle forêt est occupée mais l’armée est où ? Ils ne sont pas faits en fer, ils sont faits en chair et en sang comme nous. La nation est en danger, il faut qu’on s’entraide (…) Nous, nous avons confiance en nos forces coutumières et religieuses. Nous savons qu’il y en a parmi vous qui ont les capacités de nous aider…», a répondu, en substance, Bassolma Bazié.

Minute.bf

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2 Commentaires

  1. Quels pouvoirs mistyques, ceux que les religions révélées ont contribùé a détruire en les qualifiant de diaboliques. Il faut que l’Etat se penche sérieusement sur la revalorisation de nos pouvoirs ancestraux. Dans le temps on avait le pouvoir de faire venir la pluie en cas de sécheresse mais de nos jours aucune religion n’a ce pouvoir on a que nos yeux pour pleurer.

  2. Vraiment. Bien dit.on a cru à la religion exportée à notre religion ancestrale. Voilà les conséquences. Il faut vraiment qu on y retourne et le faso sera sauvé

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