Liberté de la presse : Le rapport 2025 de Reporters sans frontières note un recul

Reporters sans frontières (RSF) a rendu public son classement mondial 2025, ce vendredi 2 mai 2025. L’Organisation non-gouvernementale note un recul des conditions d’exercice du journalisme dans bon nombre de pays, soulignant que les médias sont « pris en étau entre la garantie de leur indépendance et leur survie économique ».

Dans son rapport annuel de 2025, RSF s’inquiète d’un recul inédit de l’état de santé des médias, dans une grande majorité des régions du monde. Selon RSF, la situation pour les médias est « difficile » à l’échelle mondiale, le dernier stade avant de devenir « très grave ».

En effet, si les exactions physiques contre les journalistes sont l’aspect le plus visible des atteintes à la liberté de la presse, RSF a fait noter, cette fois-ci, que les pressions économiques, plus insidieuses, sont aussi une entrave majeure. En clair, l’ONG a signifié que l’indicateur économique du Classement mondial de la liberté de la presse continue de chuter en 2025 et atteint un niveau critique inédit.

« Concentration de la propriété, pressions des annonceurs ou des financeurs, restriction ou attribution opaque des aides publiques… […] un constat s’impose : les médias sont aujourd’hui pris en étau entre la garantie de leur indépendance et leur survie économique », souligne Anne Bocandé, la directrice éditoriale de RSF. La conséquence de tout cela, regrette RSF, les médias peinent à assurer leur viabilité financière dans 160 pays sur 180. Pourtant, a relevé Anne Bocandé : « garantir un espace médiatique pluraliste, libre et indépendant nécessite des conditions financières stables et transparentes. Sans indépendance économique, pas de presse libre ».
Et interpelle : « quand les médias d’information sont fragilisés dans leur économie, ils sont aspirés par la course à l’audience, au prix de la qualité, et peuvent devenir la proie des oligarques ou de décideurs publics qui les instrumentalisent. Quand les journalistes sont paupérisés, ils n’ont plus les moyens de résister aux adversaires de la presse que sont les chantres de la désinformation et de la propagande ». Dans ce sens, elle a soutenu qu’il faut « restaurer une économie des médias qui soit favorable au journalisme et qui garantisse la production d’informations fiables, une production nécessairement coûteuse ». « Des solutions existent », est-elle convaincue, appelant à leur déploiement à grande échelle, car, insiste-t-elle, « l’indépendance financière est une condition vitale pour garantir une information libre, fiable et au service de l’intérêt général ».

Dans ce classement 2025, le Burkina Faso qui occupait la 86e place en 2024 chute à la 105e place. RSF explique cela par l’insécurité et l’instabilité politique.

Minute.bf

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