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jeudi 29 septembre 2022

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Kua ou l’hôpital ? : « On peut avoir les deux » (CCPE)

La Coalition citoyenne pour la préservation de l’environnement (CCPE) est montée au créneau pour appeler à la prise de conscience pour la préservation des forêts au Burkina Faso qui ne constituent que 14% de la superficie du territoire nationale alors que la norme internationale recommanderait qu’il y ait au moins 30%. Détruire une partie de la forêt de Kua pour la construction d’un hôpital est un crime contre l’environnement selon cette coalition composée de plusieurs associations et organisations de la société civile qui ont fait de la défense de l’environnement leur cheval de bataille.

Depuis quelques semaines, le débat engagé sur le déclassement ou non d’une partie de la forêt de Kua est loin de connaitre son épilogue. Des pro et anti-déclassement partiel de cette forêt de 350 hectares constituées de 5 sources d’eau naturelles dont une pérenne, d’une réserve de l’Office national de l’eau et de l’Assainissement (ONEA) pour l’approvisionnement de la ville de Bobo-Dioulasso en eau potable, de 170 espèces végétales ligneuses et herbacées, de 112 pieds à l’hectare soit environ 40 mille pieds pour l’ensemble de la forêt, d’un refuge d’espèces fauniques tels que les lièvres, les rats, les écureuils, les singes, les oiseaux, les reptiles, les mammifères, etc., s’attaquent par des conférences de presses, des marches et des contremarches.

Même si la forêt de Kua est « déjà malade du fait des agressions anthropiques », sa destruction aujourd’hui relèverait d’un manque de conscience, selon la CCPE qui, au cours de la conférence de presse tenue le vendredi 31 mai à Ouagadougou, a estimé pour sa part que « le bon sens » aurait recommandé que l’on préserve le peu des forêts que le Burkina Faso possède aujourd’hui.

« Il est curieux de noter qu’un site antérieurement proposé et refusé est à 400 mètres du nouveau site litigieux et à 100 mètres des limites de la forêt », a rappelé Guibien Cléophas Zerbo, porte-parole de la coalition. Pourquoi cet entêtement à vouloir construire l’hôpital dans la forêt de Kua ? Méconnaissance des bienfaits de la forêt ou volonté attentatoire aux dispositions légales régissant les questions de gestion des forêts classées ? Agenda caché à dessein malsain ? Autant de questions que se posent les membres de la coalition sur les réelles motivations des autorités qui tiennent mordicus à la forêt de Kua pour la construction du centre hospitalier universitaire (CHU) de référence, dont l’initiative était lancée depuis 2013 sous la coopération du Burkina Faso avec la Chine Taïwan.

« Il y a comme une volonté manifeste d’amener les Burkinabè à choisir entre l’hôpital et la forêt classée. Or, on peut bien avoir les deux », a relativisé M. Zerbo, regrettant la « cabale politicienne » menée autour de la question, empêchant les acteurs, techniciens et défenseurs de l’environnement de s’exprimer. « Cette question n’est pas politique, même si elle l’est, elle n’est point politicienne », a-t-il martelé, notant qu’elle est plutôt d’ordre écologique. Il a ainsi appelé au bon sens communautaire et à la préservation de l’avenir de la nation et des générations futures.

Ainsi, la CCPE entend désormais se « dresser » contre tous les crimes environnementaux. « Contre ceux qui veulent compromettre l’avenir des futures générations, nous-nous lèverons. Face aux exterminateurs de la diversité biologique et génétique nous ne reculerons guère », scandait M. Zerbo qui, au nom de la CCPE dit « Oui à la construction du Centre hospitalier universitaire à Bobo, mais pas dans la forêt ».

Armand Kinda

Minute.bf

1 COMMENTAIRE

  1. Quand dans un pays, les politiciens utilisent des moyens financiers pour orienter les choix des citoyens, il faut en pleurer.

    Ceux qui ont marché pour reclamer l’érection de l’hôpital dans la forêt classée de Kua sont des personnes qui coupent les branches sur lesquelles, elles sont assises.
    Les arguments qui justifient leur motivation sont teintés de velléités sinistres, donc vouées à ne voir que ce qu’ils veulent et à fouler ce qu’ils ne voudraient voir.

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