Gilbert Diendéré : Damiba est « un meneur d’hommes »

Le 23 janvier 2022, des officiers de l’armée burkinabè avec à leur tête le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba mettait fin au pouvoir du président Roch Marc Kaboré. Le pays venait ainsi de vivre un nouveau putsch qui a propulsé l’armée au pouvoir.

Le coup d’État n’a « pas surpris » le général de brigade Gilbert Dienderé qui purge actuellement une peine d’emprisonnement de 20 ans pour avoir tenté un coup d’État en 2015. Dans le dossier Thomas Sankara et ses compagnons, Golf a été condamné à la perpétuité.

L’homme qu’on présente comme le « bras droit » de Blaise compaoré clame toujours son innocence dans le dossier Sankara. Interrogé par nos confrères de Jeune Afrique sur le coup d’État qui a renversé Roch Marc Christian Kaboré, le général deux étoiles ne semble pas surpris.

« Je n’ai pas été surpris. Tout le monde voyait venir ce coup. La situation n’a fait que pourrir au fil des ans. Les populations étaient mécontentes et les troupes démoralisées. Kaboré a fait ce qu’il a pu. Malheureusement, il a manqué de courage et n’a pas pris les bonnes décisions », a-t-il commenté au micro de Jeune Afrique.

Après ce putsch, c’est justement le lieutenant-colonel Damiba qui a été investi président du Faso. Un homme bien connu par le général Dienderé. « Je connais Damiba car il était sous mes ordres au RSP (régiment de sécurité présidentielle dissout en 2015 après le coup d’État manqué). », a avoué Gilbert Diendéré non sans preciser qu’il n’est pas impliqué dans ce coup d’État. « Mais je n’ai rien à voir avec ce putsch. Il n’est pas étonnant que ce soit lui (Damiba) qui en ait pris la tête : c’est un meneur d’hommes. De tous les officiers de sa génération, c’est l’un des plus appréciés de la troupe », a-t-il ajouté à Jeune Afrique.

Pour la situation actuelle qui prévaut au Burkina Faso, l’ancien chef du régiment de sécurité présidentielle conseille aux nouvelles autorités du pays de redoubler la force de frappe mais surtout de songer à réconcilier les Burkinabé. « Il faut en faire beaucoup plus qu’actuellement. Utiliser davantage de ressources humaines et matérielles, mais aussi rassembler et réconcilier les populations. On ne gagne pas une guerre en étant désuni », a-t-il conseillé.

Minute.bf

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