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vendredi 30 septembre 2022

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Fonds minier de développement local : « Les sociétés minières se comportent comme un État dans un État »


L’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a organisé le vendredi 24 mai 2019 à Ouagadougou, une conférence publique sur le fonds minier de développement local et la gouvernance du secteur minier au Burkina Faso. Il était surtout question de l’opérationnalisation du fonds minier de développement local émanant du code minier de 2015.

« L’opérationnalisation du fonds minier n’est pas effectif », a indiqué Jonas Hien, Directeur de programme de l’ONG ORCADE. Cela suscite encore une vive réaction de la société civile à travers ORCADE. Par la voix de son Directeur de programme, l’ONG, au cours de cette conférence publique, a tenu à faire savoir que des avantages sont donnés aux sociétés minières pour leur installation mais en retour, la population n’y gagne pas grande chose.

A en croire M. Hien, depuis l’adoption du code minier de 2015, « les compagnies minières se sont érigées en véritables États dans un État, tentant d’imposer, par tous les moyens, leurs propres lois au peuple burkinabè, créant tous les obstacles possibles pour empêcher la mise en oeuvre du nouveau code minier qui a fait perdre des avantages colossaux que leur concédait le code de 2003 ».

Il ajoute que « malgré les multiples concertations avec le gouvernement, ces sociétés minières ont montré qu’elles sont des personnes à qui on ne doit rien refuser. Pire, elles exigent des avantages sur l’achat des hydrocarbures dans le cadre de leurs activités minières ; le paiement de la taxe sur l’eau dans le cadre de leurs activités minières ; la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ; et sur le fonds minier de développement local ».

Face à cette situation, la société civile à travers ORCADE a décidé de hausser le ton et de passer à l’action. Elle a, « après analyse de la situation, décidé de prendre ses responsabilités », a déclaré M. Hien. Ainsi, affirme-t-il, à compter d’aujourd’hui, elle lance un mot d’ordre:

elle demande aux populations sur les sites miniers de suspendre toute collaboration avec les sociétés minières, de quelle que nature que ce soit;

elle demande aux populations des sites miniers de refuser leurs terres aux sociétés minières ;

elle demande aux populations dont les villages sont prévus pour être levés pour d’autres sites de refuser tout déplacement ;

elle invite aux orpailleurs à suspendre toute collaboration avec les sociétés minières.

Il explique que si le fonds minier n’est pas opérationnel, c’est parce que les sociétés minières ne respectent pas les lois édictées dans le code minier au grand dame de l’État. « Ce que nous constatons nous inquiète et nous ne pouvons pas laisser continuer », a-t-il dit. Il dit être contre le fait que le pays abrite des richesses minières alors que l’exploitation de ces ressources ne profitent pas aux populations.

Jonas Hien a appelé les acteurs concernés à respecter le mot d’ordre afin que la mise en oeuvre de la loi portant code minier soit effective.

Adam’s Ouédraogo

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