Le Burkina Faso accueille, depuis le 28 mars dernier, des stagiaires de l’École de Commandement et d’État-Major de la République Unie de Tanzanie, dans le cadre d’un séjour d’études et d’échanges. À cette occasion, le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique a organisé, dans la matinée de ce mercredi 1er avril 2026, une conférence sur le thème : « Institutions socio-économiques : exposé sur le rôle des institutions face aux défis internationaux de sécurité ». Animée par le général de brigade Barthélémy Simporé, directeur du Centre national d’études stratégiques (CNES), cette communication a permis de présenter aux visiteurs les stratégies mises en place par le Burkina Faso pour faire face à la menace terroriste.
Au total, 83 stagiaires venus de Tanzanie, du Kenya, d’Égypte, du Rwanda, de Gambie, de Zambie et d’Angola prennent part à cette visite d’étude. Élèves de l’École de Commandement et d’État-Major de la République Unie de Tanzanie, ils ont porté leur choix sur le Burkina Faso dans le cadre de leur stage de fin de formation. Et depuis leur arrivée, ils alternent enseignements théoriques, exercices pratiques et sorties de terrain, afin de mieux s’imprégner de l’expérience burkinabè en matière de sécurisation du territoire.

La conférence organisée ce mercredi s’inscrit dans cette dynamique d’apprentissage et de partage d’expériences. Elle a permis aux stagiaires de mieux appréhender les stratégies développées par le Burkina Faso pour prévenir les crises, stabiliser les sociétés et coordonner les réponses à l’échelle internationale.
Dans son intervention, le général de brigade Barthélémy Simporé a notamment éclairé les participants sur la réorganisation structurelle de l’institution militaire, en adéquation avec la nouvelle dynamique engagée. Pour lui, la crise sécuritaire a entraîné au Burkina Faso, une dynamique de rupture fondée sur la souveraineté et l’endogéneité. « Au Burkina Faso le terrorisme a provoqué un choc, et ce choc c’est la prise de conscience de la nécessité d’un renouveau stratégique. », a-t-il fait savoir. Le Général a expliqué l’ensemble des mécanismes stratégiques mis en place par les autorités pour non seulement contrer le terrorisme mais aussi juguler les effets de cette crise sur le développement socio-économique national.
À l’issue des échanges, les stagiaires ont exprimé leur reconnaissance aux autorités burkinabè pour cette opportunité de renforcement de leurs capacités.

Prenant la parole au nom de la délégation tanzanienne, le général de division Stephen Mukunda, commandant de l’École d’état-major de la République Unie de Tanzanie, a exprimé sa reconnaissance aux autorités burkinabè pour l’accueil réservé à ses collaborateurs. Il a salué une opportunité précieuse d’apprentissage et de partage d’expériences avec l’armée burkinabè.
Selon lui, cette immersion vient compléter les enseignements dispensés au sein de leur école, notamment en matière d’organisation militaire, de services et d’appuis logistiques. Le choix du Burkina Faso n’est pas fortuit a en croire le Général Mukunda. Il répond à une volonté d’approfondir les connaissances sur les enjeux sécuritaires contemporains, à travers des échanges directs avec les autorités et les acteurs nationaux, afin de comparer les expériences, en tirer des leçons et renforcer les capacités, tant sur le plan de la formation que de la défense des intérêts stratégiques.

« Les questions sécuritaires sont complexes et les défis également. Mais nous savons aussi qu’il y a des opportunités. Les défis sécuritaires auxquels nous sommes confrontés sont complexes, mais ils offrent des opportunités que nous devons saisir. C’est pourquoi nous sommes rendus ici. Nous, en tant que professionnels des armées, nous avons aussi l’obligation de faire progresser les intérêts de nos pays. », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’aspect strictement militaire, le chef de la délégation a inscrit cette visite dans une vision panafricaniste, héritée de figures emblématiques telles que Julius Nyerere, Kwame Nkrumah et Thomas Sankara, qui ont porté l’idéal d’une Afrique solidaire et souveraine. Il a indiqué que cette initiative vise à consolider les bases d’une coopération future entre les pays représentés, les stagiaires présents étant issus de plusieurs nations africaines appelées à renforcer leurs liens.

Le général Mukunda n’a pas manqué de relever un aspect marquant de son séjour : la forte implication des femmes dans la vie économique et sociale du Burkina Faso. Il a dit avoir été particulièrement impressionné par leur présence active dans l’espace public, qu’il s’agisse de leurs activités économiques ou de leur participation à des fonctions de sécurité. Pour lui, cette réalité constitue un exemple concret, bien au-delà des discours, et une source d’inspiration pour d’autres pays. Saluant cette dynamique, il a rendu hommage aux autorités burkinabè pour la promotion effective de la participation féminine, qu’il considère comme un levier essentiel de développement.
Pour sa part, le Lieutenant-colonel Clément Daïla, commandant de l’École d’État-Major du Burkina Faso, a indiqué que cette visite s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire africaine. « Depuis le 28 mars, nous avons reçu ici au Burkina Faso, dans le cadre de la coopération militaire africaine, la quarantième promotion de l’École d’état-major », a-t-il déclaré. Il a précisé que ces stagiaires séjournent au Burkina Faso dans le cadre d’un module consacré aux « affaires nationales et internationales », déjà entamé dans leur pays d’origine. « Ils ont reçu des cours théoriques en Tanzanie et ont bien voulu venir au Burkina Faso pour, de façon pratique, améliorer tout ce qu’ils ont appris », a-t-il expliqué.

Évoquant les perspectives, le lieutenant-colonel Daïla a insisté sur la volonté de renforcer la coopération entre les deux institutions. « Dans le cadre de la formation et de la coopération, nous pourrons, dans un futur proche avec la hiérarchie militaire, voir la possibilité de faire des échanges de cadres, de professeurs et de groupes entre l’École d’État-Major du Burkina Faso et celle de la Tanzanie », a-t-il confié. Il a en outre évoqué l’éventualité d’élargir ces échanges aux stagiaires, dans l’optique de consolider les acquis et de dynamiser la formation militaire au sein des deux pays.
Pour information, l’École de Commandement et d’État-Major de Tanzanie est une institution de formation militaire supérieure, probablement la Tanzania Command and Staff College (TCSC), qui forme des officiers interarmées aux rôles tactiques et opérationnels, renforçant le professionnalisme des forces de défense tanzaniennes (TPDF) et soutenant des missions de maintien de la paix.
Oumarou KONATE
Minute.bf





