Coopération : Le Togo n’exclut pas rejoindre l’AES

Le Togo n’exclut pas de rejoindre l’Alliance des États du Sahel (AES). C’est, du reste, ce qu’a laissé entendre son ministre en chargde des affaires étrangères, le Pr. Robert Dussey, lors d’un entretien accordé, jeudi 16 janvier 2025, à la chaîne de télévision Voxafrica.

« Pour moi, ce n’est pas impossible, mais c’est la décision du président de la République (Faure Gnassingbé, ndlr) », a répondu le chef de la diplomatie togolaise, Pr Robert Dussey alors qu’il est interrogé sur l’éventualité de voir son pays rejoindre l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Mieux, le ministre Dussey est convaincu que les Togolais, dans leur ensemble ne seraient pas contre l’idée de rejoindre l’AES. « Demandez aux populations togolaises, les Togolaises et les Togolais lambdas, si le Togo veut entrer dans l’AES, vous allez voir leur réponse. Je vous dirai qu’ils vous diront oui », a-t-il assuré.

Pour lui, « les peuples africains veulent être eux-mêmes ». « Le rôle assigné à l’Afrique aujourd’hui est lamentable », a dénoncé Pr Robert Dussey, pour qui, « l’Afrique est utilisée seulement pour servir les grandes puissances ». Pour preuve, il a rappelé que lorsque la guerre entre l’Ukraine et la Russie a commencé, les pays africains ont été mis sous pression pour prendre position. « Nous avons dit non ! Non, pour l’un, non, pour l’autre », a-t-il indiqué.

Mais dans ce « rôle lamentable » attribué à l’Afrique, le chef de la diplomatie togolaise n’en veut pas seulement qu’aux politiques africains. Il pointe également du doigt le comportement des « citoyens ordinaires ». « Parfois, en tant qu’Africain, j’ai même honte de voir d’autres Africains ordinaires qui, par leur raisonnement, par leur manière de parler, pensent qu’on a besoin des autres pour exister. L’Africain a peur de s’affirmer, il a peur de se prendre en charge et ce n’est pas normal. Donc c’est un problème général que nous devons résoudre », a-t-il regretté.

Le Togo situé entre le Ghana et le Bénin entretient des relations moins conflictuelles avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Il était même intervenu pour obtenir au nom de la CEDEAO la libération de 49 soldats ivoiriens incarcérés au Mali pour « mercenariat ». En outre, le Togo a également été le médiateur entre la CEDEAO et le Niger lors du coup d’État du 26 juillet 2023, qui a renversé le Président Bazoum. Aussi, avait-il refusé de mettre en application les sanctions économiques que l’institution sous-régionale avait prises contre l’AES.

En rappel, les 3 pays de l’AES vont quitter définitivement la CEDEAO, le 29 janvier 2025.

Lire aussi ➡️Coopération : La CEDEAO invite le Mali à une réunion sur les formalités de séparation

Minute.bf

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