L’Agence burkinabè de l’Énergie atomique (ABEA) a ouvert, le mercredi 30 septembre 2026 à Ouagadougou, un atelier de renforcement des capacités destiné aux journalistes. Placée sous le thème « Technologies nucléaires au service du développement du Burkina Faso : renforcer les capacités des communicants publics et des acteurs des médias pour une information scientifique fiable, responsable et accessible », la rencontre se déroule du 30 septembre au 1er octobre 2026.
L’Agence Burkinabé de l’Énergie Atomique a outillé durant deux jours, une quarantaine de journalistes sur les technologies nucléaires et leurs différentes applications dans les secteurs du développement.
Plusieurs communications ont été au programme de cet atelier. Dr Amadou Traoré, chef du Département Applications nucléaires de l’ABEA, a notamment présenté une communication sur le thème « Développement socio-économique : rôle des technologies nucléaires ».
Selon lui, dans l’opinion publique, le terme « nucléaire » renvoie souvent aux centrales électriques, aux armes nucléaires ou encore aux accidents de Technologie. Pourtant, les applications du nucléaire concernent de nombreux secteurs de la vie quotidienne, notamment l’agriculture, l’élevage, la santé, l’alimentation, l’eau, l’environnement, l’industrie et la formation.

M. Traoré a également ajouté que dans le domaine agricole, les technologies nucléaires peuvent contribuer à l’amélioration des rendements, à la résilience face aux changements climatiques et à la compétitivité des filières.
Parmi les applications présentées figurent la sélection par mutation, qui permet d’accélérer l’obtention de variétés présentant des caractéristiques recherchées, telles que la précocité, la tolérance à la sécheresse ou la résistance à certaines maladies.
Dr Amadou Traoré a indiqué que cette technique permet de gagner plusieurs années par rapport à certaines méthodes classiques de sélection. Il a également précisé que les variétés ainsi obtenues ne sont ni radioactives ni des organismes génétiquement modifiés (OGM), aucun gène étranger n’étant introduit.

Au Burkina Faso, cette approche a notamment permis de travailler sur des variétés de riz. Selon le chef du Département Applications nucléaires de l’ABEA, 11 variétés ont été développées, dont neuf ont été homologuées. Elles interviennent aussi dans la conservation des produits agricoles et leur traitement post-récolte.
La technique de l’insecte stérile (TIS) a également été présentée. Elle consiste à élever des insectes en grande quantité, à stériliser les mâles par irradiation, puis à les relâcher dans les zones ciblées.
Selon Dr Amadou Traoré, cette technique permet notamment de lutter contre certaines espèces nuisibles, comme les mouches des fruits et les glossines, responsables de la transmission de la trypanosomose. Elle peut également être appliquée dans la lutte contre certains moustiques.

De son côté, Dr Karim Kaboré, chef du Département électronucléaire de l’ABEA, a présenté le « Programme électronucléaire du Burkina Faso ».
Il a insisté sur le fait que le programme électronucléaire ne constitue pas uniquement un projet technique porté par des ingénieurs. Il s’agit, selon lui, d’un projet d’État qui implique plusieurs institutions et dont les décisions auront des effets sur plusieurs générations.
Dr Karim Kaboré a expliqué que la mise en œuvre d’un tel programme s’effectue en plusieurs phases. La première consiste notamment à déterminer si le pays est prêt à s’engager dans un programme électronucléaire. La deuxième porte sur la préparation, tandis que la troisième concerne la mise en œuvre. Il a précisé que le Burkina Faso se trouve actuellement dans la première phase du processus.
La rencontre a également permis d’aborder les aspects juridiques liés aux activités nucléaires. Dr Sâabèsèlè Jean Augustin Somda, juriste, a animé une communication sur « Aperçu sur le droit nucléaire et la terminologie ».
Il a expliqué que les rayonnements ionisants présentent des bénéfices dans plusieurs domaines socio-économiques, mais comportent également des risques pour la santé humaine, la société et l’environnement. Le droit nucléaire vise ainsi à encadrer les activités nucléaires afin de garantir que leurs bénéfices soient supérieurs aux risques associés.

Le juriste a notamment distingué trois notions : la sûreté nucléaire, la radioprotection et la sécurité nucléaire.
La sûreté nucléaire concerne la protection des personnes et de l’environnement contre les risques radiologiques liés aux installations et activités nucléaires, ainsi que la prévention des accidents et l’atténuation de leurs conséquences.
La radioprotection désigne, quant à elle, l’ensemble des mesures visant à protéger les personnes contre les effets nocifs d’une exposition aux rayonnements ionisants.
La sécurité nucléaire porte sur la protection des matières nucléaires et autres matières radioactives, ainsi que des installations et activités associées, contre les actes criminels ou les actes délibérés non autorisés.

Dr Sâabèsèlè Jean Augustin Somda a également relevé une particularité du droit nucléaire. Contrairement au droit général, où ce qui n’est pas interdit peut en principe être fait, le droit nucléaire repose sur un principe d’autorisation , les activités nucléaires ne peuvent être exercées sans l’autorisation requise.
Rappelons que c’est en Juillet 2023 lors du sommet Russie-Afrique tenu à Saint Pétersbourg que le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a exprimé à son homologue russe, Vladimir Poutine, l’importance cruciale pour le Burkina Faso d’obtenir rapidement une centrale nucléaire capable pour couvrir les besoins énergétiques de toute la sous-région.
Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf







