Burkina : L’UGEB dénonce « une descente policière musclée à l’université de Dori »


L’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB) a tenu le vendredi 14 juin 2019 une conférence de presse pour dénoncer « une violente répression policière » dont les étudiants de l’université de Dori ont fait l’objet. Une répression au cours de laquelle, ont-ils révélé, cinq étudiants ont été blessés et une vingtaine d’autres brièvement interpellés.

«Le comité exécutif de l’UGEB et le comité d’initiative de Dori dénoncent et condamnent l’intervention musclée des Forces dites de l’ordre sur le territoire du centre universitaire polytechnique de Dori (CUPD) », c’est ce qu’a déclaré Ismaël Traoré, président de l’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB). Pour lui, la déclaration de Kampala du 29 novembre 1990 est très claire, « l’Etat ne doit déployer aucune force militaire, paramilitaire, ni aucune force similaire à l’intérieur des locaux ou domaines réservés aux établissements réservés aux établissements d’enseignement à moins qu’il n’y ait un danger, présent et imminent qui menace la vie et la propriété ». 

Il aussi fait savoir qu’à la suite d’un désaccord né du refus de l’administration de reporter deux évaluations, à la demande d’un groupe d’étudiants pour cause de surcharge du calendrier d’évaluation, il y a eu « descente policière » le 06 juin 2019 au CUPD. Une descente policière qui n’est pas sans conséquence.

« Une barbarie Policière »

«Cette barbarie d’une autre époque a fait au total cinq blessés dus aux bastonnades et autres sévices corporels. Une vingtaine d’étudiants interpellés, bastonnés puis relâchés par la suite», relate Ismaël Traoré. Il renchérit en dénonçant des faits d’enlèvement d’étudiants par la police de Dori. « Deux étudiants ont été enlevés le mardi 11 juin à domicile sans mandat. Ils ont passé 24h au commissariat central de police de Dori », a confié le président de l’UGEB.

Le chargé de mission du CUPD a été longuement décrié par Ismaël Traoré. «Un véritable antidémocrate», selon lui. Ce dernier est, selon M. Traoré, le « chef d’orchestre de cette répression policière au sein du CUPD ». Il a fait savoir que le chargé de mission CUPD Ibrahim Ly s’est fait accompagner le 6 juin dernier par une vingtaine d’éléments de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) lourdement armés avant que les étudiants regroupés hors des salles de classe ne subissent la répression policière.

Revendication de l’UGEB

Pour l’heure, Ismaël Traoré et ses camarades ont exigé la reprise sans conditions de l’évaluation du jeudi 06 juin 2019 et tiennent Ibrahim Ly et toute l’administration du CUPD, «responsables de la dégradation du climat social».
Adam’s Ouédraogo
Minute.bf

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