Le Groupe Intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA) en collaboration avec la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a organisé une session de formation, ce mardi 31 mars 2026 à Ouagadougou. Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre du troisième cycle des évaluations mutuelles constitue la première étape d’un processus rigoureux d’appréciation du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.
Le Burkina Faso était entré dans la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI) en février 2021. Après plus de quatre ans de réformes, le Pays des hommes intègres a officiellement été retiré de la liste grise du GAFI, le 24 octobre 2025.

Cette « évolution positive » est le fruit des efforts soutenus consentis par l’ensemble des acteurs nationaux, sous le leadership des plus hautes autorités du pays, a fait savoir Mamadou Seré, Président du comité national de coordination des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (CNCA-LBC/FT), représentant le Ministre de l’Économie.
Toutefois, Mamadou Seré, a précisé que cette sortie ne constitue pas une finalité. Elle marque plutôt le début d’une nouvelle phase, caractérisée par la nécessité de consolider les acquis et de prévenir toute rechute. C’est dans ce contexte que s’inscrit le processus d’évaluation mutuelle entrepris par le Groupe Intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA) en collaboration avec la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

À en croire le représentant le Ministre de l’Économie Dr Aboubakar Nacanabo, l’évaluation mutuelle est bien plus qu’un exercice technique. « Elle constitue la première étape d’un processus rigoureux d’appréciation de notre dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération », a-t-il déclaré.
Pour Mamadou Seré, la qualité de l’Evaluation Mutuelle dépendra, dans une large mesure, de la capacité des acteurs à comprendre et maîtriser la méthodologie ; collecter des données fiables, completes et pertinentes ; fournir des informations précises, cohérentes et étayées ; et démontrer, au-delà de la conformité technique, l’efficacité réelle de notre dispositif national. « Il ne s’agit donc pas simplement de répondre à un questionnaire, mais de documenter de manière crédible et structurée les efforts, les résultats et les impacts des actions menées par vos institutions respectives. Une mauvaise compréhension de la méthodologie ou une collecte insuffisante des informations pourrait affaiblir l’appréciation globale de notre dispositif, malgré les progrès réellement accomplis. C’est pourquoi l’appropriation de cette méthodologie par tous les acteurs concernés est une condition essentielle de succès », a-t-il insisté.

Mamadou Seré a invité les participants à tirer pleinement profit de la formation en posant toutes les questions nécessaires et en partageant leurs expériences.
Le Burkina est sur une bonne dynamique…
Karnou Lofigué, représentant le Directeur Général du GIABA, Edwin W. Harris Jr, a salué l’engagement constant des autorités burkinabè, dont les progrès sont significatifs.
Il a mis en avant les progrès réalisés ces dernières années, notamment le retrait de la liste grise du GAFI et de celle de l’Union européenne, l’amélioration de la conformité technique avec 36 recommandations jugées conformes ou largement conformes sur 40, ainsi que la sortie du processus de suivi renforcé du GIABA. « Ces acquis forment une base solide mais ne constituent pas une finalité. Face à l’évolution des menaces, la lutte reste un processus dynamique qui exige une adaptation continue », a-t-il souligné.

Le troisième cycle des évaluations mutuelles, engagé par le GIABA depuis 2025, met l’accent sur l’efficacité des systèmes en plus de la conformité technique. Il s’agit d’apprécier les résultats tangibles à travers une approche fondée sur les risques.
Cependant, Karnou Lofigué a insisté sur trois impératifs et invité les acteurs à faire preuve d’anticipation, de coordination et de démonstration pour transformer les acquis en résultats durables.
La Présidente de la CENTIF et correspondante nationale du GIABA, Aïssat Diallo, a insisté sur le caractère opérationnel de cette formation qui marque le démarrage du processus.
La Présidente de la CENTIF a mis l’accent sur la préparation technique et organisationnelle. Selon elle, la réussite de l’évaluation dépendra de la capacité à structurer la collecte des informations et à assurer la fiabilité des données produites.

Aïssat Diallo a souligné l’importance de désigner des points focaux compétents au sein de chaque structure. Elle a encouragé les participants à accorder une attention particulière aux exigences en matière de preuves et à adopter une approche harmonisée.
Précisons que le Burkina Faso est le troisième pays évalué dans ce cycle après le Ghana et le Sénégal. La visite sur place est prévue du 11 au 28 janvier 2027 et le rapport sera examiné en novembre 2027. Cet atelier marque le point de départ opérationnel de l’exercice.
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Mathias KAM
Minute.bf





