La première session ordinaire du Conseil d’orientation du Fonds de soutien patriotique (FSP) s’est tenue ce mardi 31 mars 2026 à Ouagadougou, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo. Cette rencontre a permis de dresser le bilan des activités du Fonds depuis son lancement en 2023 et esquisser les perspectives pour cette année 2026.
Selon le rapport présenté par le Secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Vieux Rachid Soulama, le Fonds de soutien patriotique a enregistré une bonne performance au cours de ces trois années de mise en œuvre, affichant des résultats largement au-dessus des prévisions initiales.

Sur la période 2023-2025, les encaissements cumulés, toutes sources confondues, s’élèvent à 496 966 246 105 FCFA, pour une prévision de 400 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 124,24%. Cela représente un excédent notable de 96 966 246 105 FCFA.
Cette mobilisation exceptionnelle des ressources a permis d’assurer une prise en charge régulière et intégrale des charges de fonctionnement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Elle a également facilité l’acquisition d’équipements stratégiques au profit des forces combattantes, ainsi que la réalisation d’infrastructures dans des zones à fort défi sécuritaire, à l’image du bitumage de l’axe Kaya-Barsalogho.

Par ailleurs, selon le SG, le Fonds a contribué au renforcement des capacités des VDP, notamment en matière de droits humains, consolidant ainsi l’approche opérationnelle et normative du dispositif. Globalement, ces acquis traduisent l’atteinte de l’objectif principal assigné au FSP en l’occurrence la couverture des charges opérationnelles des VDP.

Au-delà de ce bilan triennal, le Conseil s’est également penché sur la situation des contributions au titre de l’année 2026. Sur une prévision annuelle de 200 milliards FCFA, un montant de 45 298 610 827 FCFA avait déjà été mobilisé au 29 mars 2026, soit un taux de réalisation de 22,65%.
L’analyse de la structure des contributions met en évidence une prédominance des prélèvements, qui totalisent 22 749 369 975 FCFA, soit 55,22% des ressources collectées. Ils sont suivis des retenues obligatoires sur les rémunérations des agents du secteur public, avec 11 295 935 604 FCFA (soit 24,94%).
Les contributions issues des opérateurs de téléphonie et d’audiovisuel s’élèvent, quant à elles, à 5 124 911 611 FCFA, représentant 11,31% des encaissements. La diaspora burkinabè a, pour sa part, contribué à hauteur de 151 615 086 FCFA.

Comparativement à la même période en 2025, où les encaissements s’établissaient à 35 171 573 865 FCFA, les ressources mobilisées enregistrent une hausse de 28,79%, confirmant ainsi la dynamique ascendante du Fonds, a expliqué Vieux Rachid Soulama.
Un levier de souveraineté et de cohésion nationale…
À l’issue des travaux, le Premier ministre, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, Président du Conseil d’orientation du FSP, s’est félicité de la qualité des échanges ayant permis l’adoption de plusieurs documents stratégiques, dont le rapport de capitalisation des trois années de mise en œuvre, le bilan d’exécution 2025, le rapport de gestion du premier trimestre 2026 et le plan de communication.

Il a salué une « dynamique remarquable de montée en puissance du Fonds », portée par « une adhésion forte et continue des populations, des acteurs économiques et de la diaspora ». Pour lui, les résultats obtenus témoignent de « la solidité du modèle endogène » du Fonds, fondé sur la transparence, la traçabilité et la redevabilité. Toutefois, le Chef du Gouvernement a mis en garde contre les défis persistants, notamment la nécessité de préserver la confiance des contributeurs. « L’efficacité du mécanisme repose sur le maintien de cette confiance, étroitement liée à la qualité de la gouvernance et à la visibilité des résultats », a-t-il souligné.
Dans cette dynamique, il a insisté sur l’impératif de renforcer les mécanismes de suivi, de contrôle et d’évaluation, tout en adaptant le cadre juridique et en améliorant la communication autour des acquis du Fonds.
Au-delà des performances financières, le Premier ministre a rappelé la portée symbolique et stratégique du Fonds de soutien patriotique. « Le Fonds est aujourd’hui bien plus qu’un mécanisme financier. Il est l’expression concrète de la solidarité nationale et un levier stratégique de reconquête de notre intégrité territoriale », a-t-il affirmé.

Rendant hommage à la mobilisation des Burkinabè de l’intérieur comme de la diaspora, il a appelé à maintenir les efforts dans un esprit d’unité, de responsabilité partagée et de rigueur, afin de faire du Fonds « un instrument exemplaire de souveraineté financière, au service de la défense et de la construction d’une paix durable ».
La session s’est achevée sur une remise d’attestations de reconnaissance aux représentants de la composante partis politiques. Au nombre de quatre, ces membres sont appelés à ne plus siéger au Conseil d’orientation en raison de la dissolution des partis politiques au Burkina Faso.
Oumarou KONATE
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