Burkina/Lutte antiterrorisme : « S’il y a quelque chose à faire, c’est maintenant ! » (Auguste Denise Barry)

Depuis le début de la crise sécuritaire au Burkina Faso, la question de la stratégie déployée n’a cessé d’interroger les Burkinabè. Des avertis des questions de défense et de sécurité aux profanes, l’on se demande pourquoi après plus de 7 ans que dure la crise, la situation ne fait que s’enliser. Invité à communiquer sur la question, le samedi 27 août 2022 par la Société burkinabè de Géopolitique, l’ancien ministre en charge de la sécurité, le Colonel Auguste Denise Barry a insisté sur le fait que : « si l’on traîne, la situation se complexifie davantage ».

« En stratégie, il y a deux dimensions importantes : le temps et l’espace. Le temps de réagir au moment où il le faut. Quelqu’un disait que mieux vaut une mauvaise décision qui arrive tôt qu’une bonne décision qui arrive tard. Si l’on traîne, la situation se complexifie davantage », a d’emblée relevé l’ancien ministre en charge de la sécurité. Une donne qui semble échapper à la réponse burkinabè face au phénomène terroriste.

Pour lui, « il y a eu un manque d’anticipation, un retard à l’allumage » dans les postures des régimes qui se sont précédé jusqu’au pouvoir du président Roch Kaboré, en ce qui concerne la défense et la sécurité du Burkina Faso. Pis, le régime Kaboré n’en a pas fait mieux selon le communicateur pour qui, ces mêmes griefs ont été sa « caractéristique principale. » Pour preuve, étaye-t-il : « la politique de sécurité nationale a été élaborée il y a 7 ans et elle n’a pas été adoptée jusqu’à maintenant (27 août 2022, ndlr) ». Pourtant, selon l’expert en question de sécurité, « c’est un document de très haut niveau stratégique qui devrait produire des effets. »

« Ce fonctionnement au diesel n’est pas pertinent dans le cadre de la gestion de crise », dénonce Auguste Denise Barry qui pense qu’à l’heure actuelle, « il faut avoir le courage de massifier les effectifs en recrutant 30 ou 50 000 ; en acceptant de payer et de soutenir cette logistique de façon révolutionnaire ou de passer à la doctrine de la guerre populaire généralisée ; et en encadrant au mieux pour éviter les conséquences sur la durée. »

« Il ne faut pas qu’on traîne. S’il y a quelque chose à faire, c’est maintenant ! », a exhorté le Colonel Barry qui s’interroge : « en termes d’analyse, on se demande qu’est-ce qu’on attend ? »

"Quand la profondeur stratégique devient un problème, alors votre stratégie ne marche pas..."

Sur la stratégie toujours, le communicateur a expliqué : « la profondeur stratégique c’est ce que vous acceptez de perdre pour vous permettre de reconquérir une position favorable. Le temps que vous vous donnez pour, peut-être reculer, perdre de l’espace vous le gagner pour aller véritablement et résolument vers la victoire. » Mais là encore, insiste-il : « quand ce temps-là traîne, quand la profondeur stratégique devient un problème, alors votre stratégie ne marche pas. »

Enfin, dans ce contexte, Auguste Denise Barry considère que « l’Etat doit tout faire pour avoir les populations avec lui. » Pour ce faire, « l’armée, de son avis, en est un instrument » à la disposition de l’Etat.

Franck Michaël

Minute.bf

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est une analyse scientifique digne de grand chercheur. Dommage que ces personnes de qualités soient presque mises sur le banc de touche. Dommage pour ce pays.

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