Dans le cadre de la lutte contre la migration irrégulière, de l’identification des actions de prévention de ce phénomène et de la formulation de modalités de protection des migrants en Afrique de l’Ouest et au Sahel, l’ONG WeWorld, en collaboration avec WiLDAF-AO, a organisé, le vendredi 6 mars 2026 à Ouagadougou, un atelier multi-acteurs, d’examen et analyse des parties prenantes dans le secteur de la migration au Burkina Faso. Cette rencontre, qui a regroupé 36 participants, visait à mobiliser et impliquer activement les parties prenantes dans les échanges, les discussions et le processus d’examen des résultats de la cartographie des acteurs de la migration. L’ouverture des travaux a été présidée par Isaaka Pamtam, chargé de mission au Ministère de la Famille et de la solidarité.
Le Burkina Faso est un pivot des dynamiques migratoires ouest-africaines. En 2024, selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UN DESA), on dénombrait 8,2 millions de migrants en Afrique de l’Ouest, dont près de 74 % dans des flux Sud-Sud. La migration burkinabè reste massivement orientée vers les pays côtiers, notamment en Côte d’Ivoire.
Environ 10% des Burkinabè vivent à l’étranger pour des raisons d’opportunités économiques, de pressions sociales, sécuritaires et environnementales. Toutefois, les manquements à la libre circulation, la précarité et l’insécurité renforcent les dynamiques de migration irrégulière, avec des conséquences parfois néfastes sur les droits des migrants. Malgré les dispositions institutionnelles, la réponse nationale à ces défis reste limitée, face à un scénario complexe.

C’est en réponse à ces défis qu’intervient le projet OUESTAF avec le présent atelier qui analyse les rôles des différentes parties prenantes de la migration. Il s’inscrit dans l’analyse des parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic de migrants, contre la traite des êtres humains et pour la protection des femmes et des jeunes qui se trouvent dans une situation d’irrégularité en Afrique de l’Ouest, y compris dans la sous-région du Sahel. Ouestaf est un projet multi-pays, financé par Union européenne et contracté par le Centre Internationale du Développement des Politiques migratoires (ICMPD) mis en œuvre par l’ONG WeWorld en partenariat avec Wildaf-AO.
D’après le coordonnateur des programmes de l’ONG WeWorld, Simone Trucco, cet atelier se veut un espace de dialogue structuré, de concertation ainsi que de co-développement. Il s’inscrit, dit-il, dans la dynamique nationale de coordination des interventions liées à la migration. « Nous croyons que la migration, en tant que phénomène multidimensionnel impliquant différents types d’acteurs, d’institutions, de personnes, de zones géographiques et de domaines de connaissances, ne peut être abordée et gérée qu’avec la collaboration de toutes les parties prenantes. Nous souhaitons réaffirmer que cet atelier se veut avant tout un espace de co-développement et d’amélioration collective », a-t-il fait savoir à l’ouverture des travaux.

Selon Simone Trucco, cet atelier s’inscrit dans une démarche participative « en phase avec la complexité et les enjeux inhérents à la question migratoire ». De son avis, les contributions permettront non seulement d’enrichir et d’améliorer l’analyse à partir des expériences et réalités institutionnelles, mais aussi de favoriser une appropriation collective des recommandations issues des études de terrain.
Pour le représentant du Ministère chargé de la famille, Isaaka Pamtam, la migration est une réalité ancienne ancrée dans la société. Cependant, elle peut constituer, selon lui, une source de vulnérabilités lorsqu’elle devient irrégulière. Face à ces défis, l’État burkinabè s’emploie, à l’en croire, à renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des migrants, en étroite collaboration avec les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.

« Pour le Gouvernement, la réalisation de cet objectif passe par une meilleure coordination des acteurs, une clarification des rôles et responsabilités, ainsi qu’un renforcement des synergies entre institutions publiques, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, médias et associations de migrants. C’est tout le sens de l’étude de cartographie dont les résultats nous seront présentés aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Selon Isaaka Pamtam, cet atelier consacré à l’examen du document de la cartographie des parties prenantes de la migration, constitue un outil stratégique essentiel pour identifier de manière exhaustive les acteurs impliqués dans la gouvernance migratoire et analyser leurs mandats, leurs capacités et leurs domaines d’intervention.

« L’atelier de ce jour n’est pas une simple formalité d’examen. Il représente un cadre privilégié de dialogue et de co-construction. Vos contributions sont attendues pour enrichir l’analyse, ajuster les conclusions si nécessaire et assurer une appropriation nationale des recommandations issues de cette étude », a-t-il indiqué.
Les participants, par la voix de Clavert Bationo, directeur de la migration et de la réinsertion au sein du Ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso, ont salué une journée enrichissante marquée par des partages d’expériences et de satisfaction. « La journée a été riche en échanges, en connaissances et en partages », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif principal de l’atelier était de compléter les informations nécessaires à l’élaboration d’une cartographie nationale fiable des acteurs impliqués dans la migration.

Pour information, le Projet OUESTAF est financé par l’Union européenne à hauteur de 1 516 293,58 euros, dont 243.230,16 euros alloués au Burkina Faso. Il intervient au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Togo. La durée de mise en œuvre dans le pays des Hommes intègres est de 17 mois allant de mars 2025 à juillet 2026.
Jean-François SOME
Minute.bf






