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dimanche 26 mai 2024

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Burkina : Les Inspecteurs de l’enseignement primaire appellent le Capitaine Traoré à réparer une « injustice grave » dans leur traitement salarial

L’Organisation syndicale des inspecteurs de l’enseignement primaire et de l’éducation non formelle (OS/IEPENF) a dénoncé ce mercredi 17 avril 2024, au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou, une « injustice grave » que subissent ses membres dans leur traitement salarial. Elle appelle le président de la transition, le Capitaine Ibrahim Traoré à la rescousse, pour « corriger ce manquement ».

Selon les conférenciers, avec la décision de l’État burkinabè le 27 janvier 2018, d’accorder un statut revalorisant au corps enseignant, certains corps d’enseignement en l’occurrence ceux des Instituteurs Adjoints (A), Instituteurs Adjoints Certifiés (AC), Instituteurs Principaux (lP) et des Conseillers Pédagogiques Itinérant (CPI), ont été éteints. Ces différents corps d’enseignements sont désormais regroupés en un seul corps d’encadrement pédagogique et leurs occupants ont été reversés dans ce nouveau corps tout en gardant leurs échelles. Et, pour permettre à ces derniers de jouir des avantages du nouveau corps, des dires du Syndicat, un concours spécial a été ouvert à l’intention des IP et des CPl avec un aménagement des âges limites pour leur permettre de postuler à ce concours. Ainsi, disent-ils, l’âge limite est passé de 47 ans à 55 ans.

A en croire les membres du Syndicat, si cette mesure a été bien accueillie par les travailleurs du Ministère en charge de l’éducation nationale, dans sa mise œuvre cependant, elle présente assez d’insuffisances. « Quelques temps après le début de sa mise en oeuvre, les ex IP et ex CPI, deux corps éteints ont déchanté. Par le truchement des concours spéciaux, ils ont été obligés de passer ces concours afin de jouir pleinement du nouveau corps. Naïvement, ils les ont faits tout en espérant que l’organisation de ces concours serait accompagnée de mesures spéciales. Ce qui a encouragé des agents à qui il ne restait que 8, 7,6 ou 5 ans pour faire valoir leur droit à la retraite d’accepter retourner à l’École Normale Supérieure. À la sortie, après deux ans de formation, il reste à certains d’entre eux 3, 4,5 ou 6 ans pour planifier leur départ à la retraite, une nouvelle vie qui mérite une préparation. Mais hélas! C’est en ce moment qu’ils vont constater avec amertume qu’aucune mesure spéciale n’a été aménagée pour que les indemnités soient maintenues pendant et après leur formation », a déploré Mohammadi Zoungrana, Secrétaire général de l’OS/IEPENF.

Mohammadi Zoungrana, Secrétaire général de l’OS/IEPENF

D’après lui, ces agents sont plutôt régis par le décret qui remplace les indemnités de l’agent admis à un concours professionnel qui va en formation par une bourse d’étude, bien en deçà des indemnités dont ils bénéficiaient. Ce qui, à l’en croire, ne facilite pas la tâche à ces agents qui pourtant sont à quelques pas de la retraite. « Nombre d’encadreurs pédagogiques concernés n’arrivent pas à dormir et cela précipite la survenue des maladies de vieillesse, occasionnées par le stress du fait de la diminution drastique de leur salaire. Les moins chanceux s’en sont déjà allés et un grand nombre est victime aujourd’hui d’AVC », a-t-il décrié.

Pour ses camarades et lui, tous ces « malheurs » sont nés du fait qu’aucune mesure spéciale n’a été prise pour accompagner les bénéficiaires. Ce qui constitue une « insuffisance grave » qui occasionne une diminution significative des salaires des bénéficiaires « qui deviennent plutôt des victimes de leur promotion ».

Aux dires des conférenciers, la majorité des IEPENF affectés par cette situation sont ceux qui avaient été victimes du « reversement calamiteux » dans la loi 081 le 1er Janvier 2016 à travers « une grille salariale pleine d’incohérences et d’iniquités ». Cela a, de leur avis, renversé la pyramide, le sommet étant devenu la base alors que ces derniers étaient des Inspecteurs Principaux dans la catégorie A3.

L’OS/IEPENF a également dénoncé le mode de reversement. Selon le syndicat, les agents fonctionnaires de la catégorie B1 ont été reversés « grade pour grade, échelon pour échelon », alors que ceux ayant réussi aux concours professionnels ont été mal reversés. « Ils n’ont pas été reclassés dans la catégorie « A », grade pour grade, échelon pour échelon mais plutôt pour indice immédiatement supérieur. Ils ont eté considérés comme des agents ayant été recrutés directement en catégorie « A ». In fine, ils ont perdu leur ancienneté générale de service, ce qui fait que les agents restés en B1 ont un salaire indiciaire plus élevé que celui d’un agent de la même promotion qu’eux ayant réussi à un concours professionnel. Conséquence, on se retrouve dans une situation où le caporal de l’armée perçoit un salaire équivalant à celui du capitaine de la même armée », a déploré le SG invitant le Chef de l’État à réparer cette « injustice ».

Une vue des journalistes présents à ce point de presse

S’ils ont décidé d’interpeller directement le Chef de l’État, c’est parce que, selon eux, toutes leurs démarches entreprises auprès des autorités directement impliquées sont restées vaines. Ils disent avoir notamment rencontré le Premier ministre, le Ministre en charge de l’éducation nationale, celui de la Fonction publique et même le Vice-président de l’assemblée législative de Transition, sans suite.

Oumarou KONATE

Minute.bf

6 Commentaires

  1. Si le concours professionnel devient source de malheur,ce n’est pas intéressant. Il faut que cela soit revu pour permettre à chacun de jouir des fruits de ses efforts.

  2. Le problème de l’administration publique burkinabè est que les agents et leurs carrières ont été depuis longtemps soumis aux caprices des décisions de ministres dans une incohérence totale qui frise une violation des droits. Chaque ministre d’un régime à l’autre manipule les textes à leur guise et en fonction de la pression des agents. Le régime actuel doit mettre fin à cela et aux pratiques similaires qui n’honorent pas notre administration publique. La carrière de tous les agents d’un ministère à l’autre doivent être soumis à des textes, des décrets et des lois sans discrimination en la matière de sorte à éviter les injustices.

  3. Au MENAPLN chaque corps lutte pour ses intérêts sinon,ce n’est pas seulement dans leurs corps que l’injustice existe.C’est dans la plupart des corps.C’est au MENAPLN qu’on voit un agent nouvellement recruté être dans la catégorie supérieure que celui de 3,4 ou 5 ans de service.

    • Exactement, je suis d’accord avec vous. Chacun se bat pour sa chose. C’est ce manque de solidarité qui nous fait souffrir.

  4. Logiquement un état sérieux n’a pas besoin qu’une personne ou organisation soit « forte » ou bande les muscles pour la mettre dans son droit.
    On ne peut être de la promotion,je te laisse aller à l’école devenir son supérieur et recevoir un salaire moindre. C’est un braquage digne d’un film western

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