Burkina : Le ministre Pr Moumouni Zoungrana appelle à une « décolonisation des savoirs » dans les écoles

Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT), le Pr Moumouni Zoungrana, a présidé, le lundi 7 septembre 2026, la cérémonie de montée des couleurs de son département, à Ouagadougou. Il a profité de ce rendez-vous patriotique pour appeler à une refonte en profondeur des contenus pédagogiques, en phase avec les réalités africaines.

Devant les agents de son Ministère, le Pr Moumouni Zoungrana a estimé qu’il était temps de « curer le système éducatif de ses saletés », en référence aux héritages coloniaux persistants dans les programmes. Selon le ministre Zoungrana, la prise de conscience doit désormais laisser place à des actes concrets. « Lorsqu’un homme intelligent prend conscience d’une situation, il cesse d’être dans la même situation », a-t-il lancé, invitant l’ensemble de la communauté éducative à adopter un nouvel état d’esprit pour cette rentrée scolaire.

Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique (MESFPT) a particulièrement ciblé les enseignements d’histoire, de géographie et d’instruction civique. Le MESFPT a dénoncé l’usage de termes tels qu’« explorateurs » ou « conquérants » pour qualifier les premiers Européens arrivés en Afrique. « C’étaient des espions, pas des conquérants », a-t-il affirmé, plaidant pour un vocabulaire plus juste et plus courageux dans la transmission de l’histoire aux élèves.

Au-delà des mots, le Pr Zoungrana souhaite une révision globale des manuels, afin d’en extirper tout ce qui pourrait, selon lui, contribuer à « diminuer » ou « infantiliser » les Africains dans leur propre récit du monde.

Pour concrétiser cette vision, le ministre Moumouni Zoungrana a annoncé la préparation d’un livret destiné aux enseignants. Ce document recensera les expressions à proscrire, les chapitres à supprimer et ceux à intégrer dans les programmes. « Dès la rentrée prochaine, nous fournirons ce guide pour orienter les pratiques en classe », a-t-il promis.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large de « décolonisation des savoirs », que le Pr Zoungrana juge indispensable pour une transformation durable de l’école burkinabè. Il a exhorté les acteurs du secteur à faire preuve d’audace, tout en assumant les risques inhérents à tout changement : « Nous sommes plus intelligents que ça. Soyons courageux et renversons la table ». Moumouni Zoungrana a enfin appelé à l’unité et à la confiance, invitant les Burkinabè à « marcher ensemble » pour soutenir ces réformes.

Lire aussi : Burkina : Le ministre Zoungrana salue l’engagement d’enseignants concepteurs de kits didactiques locaux

Minute.bf

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