Le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, a présidé, ce vendredi 4 septembre 2026 à Ouagadougou, la cérémonie officielle de sortie de la 4ᵉ promotion des apprenants de l’Agence de soutien aux veuves, orphelins et victimes de guerre (ASVOVIG).
Chaque année, l’Agence de soutien aux veuves, orphelins et victimes de guerre (ASVOVIG) organise une formation professionnelle de quatre mois au profit des veuves, orphelins et victimes de guerre. Cette initiative vise à renforcer leurs compétences et à contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie.
Pour cette 4ᵉ promotion, 470 bénéficiaires issus de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Kaya et Fada N’Gourma ont été formés dans plusieurs filières. Parmi eux, 285 veuves et orphelins de Forces de défense et de sécurité (FDS) blessés ont été formés en coupe-couture, coiffure-esthétique, saponification et cosmétique, cuisine et pâtisserie. De leur côté, 185 FDS blessées ont bénéficié de formations en bureautique, mécanique deux-roues et aviculture.

Pour le directeur général de l’ASVOVIG, le médecin-colonel Lamine Ouédraogo, cette initiative constitue bien plus qu’une action de solidarité. Elle représente, selon lui, un devoir envers les FDS blessés, leurs épouses, ainsi que les veuves et les orphelins.
L’objectif est de leur permettre de devenir progressivement autonomes et indépendants.
Cette quatrième édition a également connu plusieurs innovations. Le suivi des précédentes promotions a notamment permis d’adapter le contenu des formations aux difficultés rencontrées par les bénéficiaires dans leur insertion professionnelle.

A l’en croire, les formations ont ainsi été enrichies de modules portant sur le développement personnel et l’initiative personnelle. Ces enseignements visent à permettre aux apprenants de mieux se connaître, d’identifier leurs forces et leurs faiblesses et de développer davantage leur capacité à entreprendre.
Autre innovation, l’extension du dispositif à Kaya et Fada N’Gourma. Une mesure qui traduit, selon le directeur général, la volonté de rapprocher les dispositifs d’accompagnement des bénéficiaires afin de réduire les contraintes liées aux déplacements. À cela s’ajoute une période de deux mois de stage pratique destinée à faciliter leur immersion dans le monde professionnel.

« Notre ambition est de faire passer la formation à l’autonomisation », a-t-il souligné.
S’adressant aux bénéficiaires, le médecin-colonel Lamine Ouédraogo les a invités à considérer leur attestation comme un point de départ. « Vous avez choisi de ne pas vous laisser battre par la douleur, mais de transformer votre vulnérabilité en force », a-t-il déclaré.
M.Ouédraogo a également rappelé que, pour les victimes de guerre, aucune blessure ne saurait effacer l’expérience, les compétences et le service rendu à la communauté nationale. Cette reconversion professionnelle constitue, selon lui, un moyen de valoriser davantage leurs compétences au profit de la Nation.

« Soyez sûrs que, peu importe ce que chacun a appris, personne ne va chômer », Capitaine Ibrahim Traoré
Le DG de l’ASVOVIG a par ailleurs appelé les institutions, les entreprises et les différents acteurs à accompagner cette initiative, notamment à travers l’octroi de stages, d’emplois, de kits d’installation ou encore l’accès aux mécanismes de financement. « Investir dans l’autonomisation d’une veuve, l’avenir d’un orphelin ou la réinsertion professionnelle d’un combattant blessé, c’est contribuer directement à la résilience du Burkina Faso », a-t-il soutenu.
Au cours de la cérémonie, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, est passé saluer les bénéficiaires. Il les a encouragés à mettre en pratique les connaissances acquises au cours de leur formation et les a rassurés quant aux efforts engagés en faveur de leur insertion professionnelle.

« Soyez sûrs que, peu importe ce que chacun a appris, personne ne va chômer », a déclaré le chef de l’État, les exhortant à rester concentrés et à mettre en pratique ce qu’ils ont appris.
Pour sa part, le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, a insisté sur la nécessité de transformer la formation en véritable autonomie.
Le général de division Célestin Simporé, a notamment souhaité qu’une veuve puisse tirer durablement un revenu de son activité, qu’un blessé puisse retrouver une place active dans son unité ou dans la société et qu’une famille puisse progressivement reconstruire sa stabilité.

Du côté des bénéficiaires, Elizabeth W. Sebgo, représentante des femmes formées, a estimé que cette formation représente bien plus que l’apprentissage d’un métier. « Il ne s’agissait pas seulement d’apprendre une formation. Il s’agissait de retrouver les moyens de tenir debout en nous-mêmes, de créer une activité qui ne puisse dépendre uniquement de la solidarité des autres, aussi généreuse soit-elle », a-t-elle expliqué.
Selon elle, les bénéficiaires ont acquis non seulement des compétences techniques, mais aussi une confiance en elles-mêmes.

Représentant les FDS blessés, l’adjudant Soumgalo Traoré a, pour sa part, la blessure peut changer un parcours, mais elle n’enlève ni la volonté, ni l’intelligence, ni la capacité à continuer à servir la Nation. Les bénéficiaires ont ainsi rassuré le gouvernement et les partenaires que l’investissement consenti dans leur formation ne sera pas vain.
La cérémonie s’est achevée par la remise des attestations et de kits professionnels aux apprenants, en fonction des domaines de formation suivis. Ces équipements doivent leur permettre de mettre rapidement en pratique les compétences acquises et de poursuivre leur chemin vers l’autonomisation.
Sakinatou ZOUNDI
Minute.bf






