Banfora : 75 journalistes et communicateurs formés contre la désinformation et les discours de haine

Dans le cadre de la valorisation de l’image du Burkina Faso à l’étranger, Banfora, chef-lieu de la région des Tannounyan, a accueilli, du 14 au 16 octobre 2026, la deuxième session d’élaboration de contenus alternatifs aux messages subversifs et à la désinformation contre le pays. Cette initiative, qui a regroupé 75 participants venus de plusieurs localités du pays, visait à renforcer les capacités des journalistes et des communicants pour promouvoir la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la souveraineté informationnelle dans un contexte de foisonnement médiatique international. Les travaux ont été ouverts et clôturés par le chargé de mission du ministre en charge de la Communication, Amidou Paul Bamogo.

Face à la crise sécuritaire au Burkina Faso, la lutte contre la désinformation et les discours de haine apparaît comme un enjeu majeur. C’est dans cette dynamique que s’est inscrite la deuxième session d’élaboration de contenus alternatifs aux messages subversifs et à la désinformation, organisée à Banfora, dans la région des Tannounyan. Cette session a mobilisé les professionnels de l’information et de la communication autour de la déconstruction de ces récits hostiles au Pays des hommes. Elle visait également à encourager la production de contenus favorables à la paix, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble.

Une vue des officiels

Le thème principal de cette session était : « Communication stratégique et lutte contre la désinformation et les messages subversifs contre le Burkina Faso : Contributions des journalistes, des communicants, des blogueurs et FDS dans la lutte contre les discours de haine et le renforcement de l’image du Burkina Faso à l’international ». Cette thématique a été introduite par le journaliste et enseignant Moussa Sawadogo. À cela s’ajoutaient six sous-thèmes relatifs au branding du Burkina Faso. Ils ont été développés par San Simon Coulibaly, ambassadeur et expert stratégique au ministère des Affaires étrangères, le Dr Luc Diarra, également expert audit ministère, Moussa Sawadogo, enseignant-formateur en journalisme, et le lieutenant-colonel Aziz Ouédraogo, porte-parole des Forces armées nationales.

Dans ce contexte, les journalistes et les communicants ont été appelés à jouer un rôle stratégique au-delà de la diffusion de l’information. Ils ont été invités à contribuer à la déconstruction des stéréotypes, à la prévention de la désinformation et à la promotion de récits favorisant la cohésion sociale.

Moussa Sawadogo, Formateur

La session a également permis de renforcer les compétences des professionnels des médias en matière de compréhension des phénomènes de radicalisation dans le contexte burkinabè.

Vers des contenus alternatifs aux discours hostiles sur le Faso…

Les travaux tenus dans la cité du paysan noir ont abouti à la création d’un cadre d’échanges entre journalistes, communicants publics, acteurs diplomatiques et leaders d’opinion. L’objectif était d’identifier des synergies et des mécanismes permettant de déconstruire les stéréotypes véhiculés sur le Burkina Faso.

Selon le formateur Moussa Sawadogo, il ne s’agit plus pour les journalistes de s’attarder sur le train qui arrive toujours en retard, mais de se pencher sur les raisons qui lui permettent désormais d’arriver à l’heure. Dans sa communication, il a préconisé aux participants de privilégier le journalisme sensible aux conflits et le journalisme de solutions. « J’ai proposé que les journalistes privilégient le journalisme sensible aux conflits et le journalisme de solutions. Le journalisme sensible aux conflits suppose de faire attention aux mots employés, au contexte dans lequel on s’exprime et aux personnes auxquelles on s’adresse. Il s’agit d’éviter d’ajouter de l’huile sur le feu dans ce contexte actuel. La deuxième approche est le journalisme de solutions. Dans cette crise, le gouvernement entreprend de nombreuses initiatives. (…). Il s’agit donc d’exercer un regard critique, mais constructif, en utilisant des mots appropriés, sans passion ni discours de haine. C’est aussi de cette manière que les autorités peuvent comprendre l’importance du rôle des journalistes et des communicants et être disposées à les écouter », a-t-il déclaré à l’issue des travaux.

Une vue des participants

Au cours des échanges, les participants et les experts ont notamment évoqué les réserves liées à l’utilisation des termes « djihadisme » et « islamisme » dans le traitement de la question de l’idéologie « fondamentaliste islamiste » propagée par les terroristes, en raison des risques d’amalgame et de stigmatisation. « Pour ma part, j’ai expliqué le jihad sous l’angle de la quête de vérité et de connaissance. Lorsque je vais à l’école et que j’apprends la géographie ou l’histoire, j’acquiers des connaissances qui me permettent de mieux comprendre le monde et de sortir de l’obscurantisme. Dans la religion musulmane, il n’est pas nécessaire de contraindre les gens pour qu’ils découvrent l’islam », a expliqué Moussa Sawadogo.

À l’issue de ces trois jours de formation consacrés à la production de contenus alternatifs face à la désinformation sur le Burkina Faso, le participant Sansan Somé, de Bafudjiinfos, s’est dit « vraiment grandi » par les échanges et les communications suivis. Il retient particulièrement l’importance du journalisme de solutions, qui consiste à mettre en lumière les initiatives positives dans les domaines sécuritaire, social et économique, afin de valoriser les soldats, les artisans, les agriculteurs et l’ensemble des acteurs qui contribuent au développement du pays. « Au lieu de voir le verre à moitié vide, regardons le verre à moitié plein », a-t-il souligné, tout en saluant la déconstruction de certains stéréotypes sur les ressources naturelles du Burkina Faso.

Sansan Somé, participant

Dans son mot de clôture, le chargé de mission du ministre en charge de la Communication, Amidou Paul Bamogo, s’est réjoui du succès des travaux et a invité les journalistes à intégrer les acquis de cette rencontre dans leurs pratiques quotidiennes. « C’est une satisfaction pour nous au regard de l’engouement et les questions que les différentes communications ont suscité. Je suis convaincu que nos journalistes disposent actuellement de tous les outils pour déconstruire la fausse identité qu’on tente de nos au Burkina Faso », a-t-il fait savoir.

En rappel, cette session s’inscrit dans les orientations de la stratégie de communication de guerre élaborée par le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT). Ce référentiel vise à renforcer la communication de proximité, à accompagner la reconquête du territoire national et à améliorer l’image du Burkina Faso à l’international.

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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