Commerce au Burkina : La fraude, un plomb dans l’aile des industries


Les industries burkinabè sont frappées par la concurrence déloyale, la fraude, qui freinent très souvent le développement économique du pays. « Winner a disparu du fait de la fraude », a confié Mamady Sanoh, président du Groupement professionnel des industriels (GPI). C’est dire que l’industrie au Burkina Faso bat de l’aile du fait de la concurrence déloyale. Les responsables du GPI qui étaient en Assemblée générale ordinaire le vendredi 7 juin 2019 à Ouagadougou devraient rencontrer le Premier ministre à 16h (GMT et heure locale) pour discuter de cette question et avoir leur vision sur l’industrie au Burkina Faso.

Mamady Sanoh, président entrant du GPI veut faire de la lutte contre la fraude son cheval de bataille

Aujourd’hui, les industries burkinabè se consacrent à la rentabilité, à la production, mais aussi à la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale qui sont leurs « vrais ennemis ». C’est ce qu’a laissé entendre Mamady Sanoh, président du Groupement professionnel des industriels (GPI).

« Nous sommes confrontés présentement à de grandes difficultés qui menacent l’existence de notre activité. L’envahissement de notre marché par les produits issus de la concurrence déloyale est l’une des conséquences du dérèglement de notre économie. A ces formes nouvelles sous lesquelles se présentent les acteurs négatifs de notre économie, nous devons être capables d’apporter des réponses nouvelles et fortes », avance le président du GPI.

Il promet ensuite que le GPI mènera une lutte sans répit contre tous les produits qui rentrent par toutes les portes qui sont grandes ouvertes, tous ces produits qui sont ni dédouanés ni connus ni certifiés du point de vue alimentaire. « Notre lutte aujourd’hui est de combattre ces produits et les individus qui sont les fossoyeurs de notre économie », explique-t-il.

« Nous sommes de gros employeurs au Burkina Faso et nos travailleurs ont besoin de vivre. Quand certains disent qu’ils ont besoin de vivre en déréglant notre économie, nous disons que nous comptons vivre en étant dans notre économie et en accompagnant notre pays », a-t-il ajouté. A 16h de ce jour, le groupement devrait rencontrer le chef du gouvernement pour « parler d’industrie et avoir sa vision sur l’industrie » burkinabè.

« Les tentions sociopolitiques et sécuritaires ont affecté l’ensemble de l’économie »

En plus de la concurrence déloyale et la fraude qui freinent le développement économique du pays, les crises dans le domaine du commerce ont aussi eu un impact sur les industries. « Les tentions sociopolitiques et sécuritaires ont affecté l’ensemble de l’économie », a confié M. Sanoh. En effet, depuis 2013, les industriels disent avoir fait face à la montée de la grogne sociale, notamment avec les manifestations contre la vie chère, la crise politique qui a culminé avec l’insurrection du 30 et 31 octobre 2014, le coup d’État de 2015 et la question sécuritaire marquée par les triples attentats de Ouagadougou et les différentes attaques terroristes dans les différentes régions du pays.

« Notre secteur a été particulièrement éprouvé, après octobre 2014, par une crise sociale avec un niveau de violence jamais atteint dans notre pays. Nombreux sont ceux d’entre nous qui ont été confrontés aux grèves sauvages (blocage de site, attaques et saccage des installations, agression des premiers responsables et des travailleurs non-grévistes, campagne de dénigrement tout azimut, etc.) », a déploré Mamady Sanoh, rappelant que le bouleversement de l’ensemble du corps social consécutif à l’insurrection d’octobre a aussi eu un impact sur le monde des affaires.

Mamady Sanoh reconduit à la tête du GPI

Au cours de cette Assemblée générale (AG), les industriels ont procédé à la relecture des textes de leur groupement pour le conformer à la loi N°064-2015/CNT portant liberté d’association. Une relecture qui permettra d’élargir la base d’adhésion et d’ouvrir le Groupement à de nouveaux acteurs industriels. Cette AG a été l’occasion pour ces industriels de mettre en place un nouveau bureau. Dans ce nouveau bureau, Mamady Sanoh a été reconduit à la tête du groupement pour un mandat de 5 ans.

Armand Kinda

Minute.bf

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