Drame de Yirgou : « environ 180 mandats d’arrêt n’ont pas été exécutés » (Ambroise Farama)

Le 1er janvier 2022 marque l’an 3 du drame de Yirgou. À cet effet, un panel est organisé à Ouagadougou ce 8 janvier pour tirer les enseignements de ce qui s’est passé à cette date du 1er janvier 2019 dans le village de Yirgou et interpeller une fois de plus la justice à élucider les circonstances de ce drame. 

Après ces moments tragiques, « 10 personnes ont été interpellées. À la date d’aujourd’hui, 9 sont en détention et environ 180 mandats d’arrêt ont été émis, mais n’ont pas été exécutés », a résumé Ambroise Farama, avocat et panéliste. 

Ces personnes sont poursuivies pour « des faits de présomption grave de crimes de génocide, des faits d’assassinats, de destruction volontaire de biens, coups et blessures volontaires, de recel de cadavres, et bien d’autres infractions », a-t-il expliqué.

Trois ans après, le peuple burkinabè attend toujours le dénouement judiciaire du dossier qui semble avancer à pas de tortue. Et cela pour plusieurs raisons, selon Me Farama.

« Le tribunal de grande instance de kaya semble avoir des difficultés pour instruire convenablement. Il y a aussi des difficultés d’ordre administratif, car, dès que les mandats ont été émis, on a eu des difficultés à exécuter ces mandats avec des conflits liés à la hiérarchie des officiers de police judiciaire. L’un des cas qui a pu être relevé est que, à un moment donné la gendarmerie avait la possibilité d’arrêter environ 70 à 80 personnes qui ont fait l’objet de mandat d’arrêt et il y a eu des instructions de la chaîne administrative qui ont fait en sorte que ces personnes n’ont pas été arrêtées », a-t-il souligné. 

Un autre problème relevé par un autre panéliste, c’est le « manque de volonté politique ». « Pour nous, le blocage se trouve au niveau politique parce que si le politique met les moyens humains, matériels, financiers et crée un comité spécial pour traiter le dossier Yirgou de façon spécifique, cela ne peut pas ne pas aboutir», a estimé Dr Daouda Diallo, secrétaire général du collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC).

En rappel, cette confrontation meurtrière entre communautés  dans le drame dit de Yirgou avait occasionné la mort 49 personnes, selon un bilan du gouvernement et plus de 210 morts selon un bilan du CISC.

Mouni Ouédraogo

Minute.bf

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