À l’ouverture de la 18ᵉ édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), ce vendredi 30 octobre 2026, le Ghana, pays invité d’honneur, à travers sa ministre du Commerce, de l’Agroalimentaire et de l’Industrie, Elisabeth Ofosu-Adjare, a réaffirmé sa volonté de renforcer ses relations commerciales avec le Burkina Faso. La cheffe de la délégation ghanéenne a plaidé pour un accord bilatéral sur le commerce et l’investissement, fondé sur la complémentarité des économies des deux pays.
La capitale burkinabè accueille, depuis la matinée de ce vendredi 30 octobre, la 18ᵉ édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Présent à cette cérémonie d’ouverture, le Ghana, pays invité d’honneur, a salué le rayonnement de cette manifestation et exprimé sa reconnaissance aux autorités burkinabè pour cette marque de confiance. Porteuse des salutations fraternelles du président ghanéen, John Dramani Mahama, au président du Faso, Ibrahim Traoré, la ministre Elisabeth Ofosu-Adjare a insisté sur les liens historiques, culturels et économiques qui unissent les deux peuples. « Nous sommes un même peuple », a-t-elle déclaré, évoquant les communautés transfrontalières, les langues partagées, les échanges commerciaux et les liens matrimoniaux qui rapprochent les populations du Burkina Faso et du Ghana depuis des générations, selon elle.
Pour la représentante ghanéenne, l’artisanat africain ne doit plus être considéré comme une activité essentiellement traditionnelle. Il doit constituer un véritable levier de développement économique, de création d’emplois et d’affirmation de l’identité culturelle du continent.
À cet effet, elle a rappelé que l’initiative Artisanat 84, lancée sous le leadership du président Thomas Sankara, avait permis de réunir des artisans venus des différentes provinces du Burkina Faso. Cette dynamique a ensuite évolué pour donner naissance, en 1988, à la Foire internationale de l’artisanat de Ouagadougou. « Près de quatre décennies plus tard, le SIAO poursuit cette ambition avec des objectifs importants : plus de 6 000 exposants provenant d’une trentaine de pays et près de 800 000 visiteurs attendus », a fait savoir Elisabeth Ofosu-Adjare.

À l’échelle mondiale, le marché de l’artisanat représentait environ 740 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030. Pour la ministre ghanéenne chargée de l’Industrie, ces perspectives illustrent les possibilités économiques offertes par un secteur qui demeure encore insuffisamment structuré dans plusieurs pays africains.
Elle a ainsi appelé à une meilleure articulation entre les entreprises, les institutions de recherche, les établissements financiers et les autorités de régulation, afin de faciliter la transformation des créations artisanales en produits compétitifs sur les marchés internationaux.
Au-delà de la promotion de l’artisanat, Accra entend consolider les échanges commerciaux avec Ouagadougou. La représentante ghanéenne a souligné la complémentarité des deux économies, estimant que celle-ci constitue un atout pour développer des partenariats durables. Le Ghana approvisionne notamment le Burkina Faso en produits plastiques, articles ménagers, fer, acier, engrais, ciment, produits pharmaceutiques, papier et emballages, ainsi qu’en intrants destinés à l’industrie minière. En retour, le Burkina Faso exporte vers le marché ghanéen du bétail, des oignons, de la tomate, du sésame, du beurre de karité, des mangues et d’autres produits agricoles.
Dans cette perspective, le Ghana s’est déclaré disposé à conclure un accord bilatéral sur le commerce et l’investissement avec le Burkina Faso, dans le respect des engagements des deux pays au titre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon Elisabeth Ofosu-Adjare, cet accord pourrait notamment favoriser l’harmonisation des normes sanitaires et phytosanitaires, la reconnaissance mutuelle des certificats et une meilleure coordination de la gestion des frontières. L’objectif est de fluidifier la circulation des marchandises entre les deux pays sur le corridor Tema-Ouagadougou.
La coopération envisagée concerne également les industries créatives. Le Ghana souhaite encourager les partenariats entre artisans, écoles de design et institutions de recherche, faciliter les échanges de compétences et promouvoir conjointement les produits issus des savoir-faire des deux pays.
La transformation locale des matières premières, notamment dans les filières du karité, du cuir et de la poterie, figure aussi parmi les pistes de coopération évoquées. Des partenariats dans les chaînes de valeur de la tomate et de la volaille sont également envisagés.
Lire aussi : Burkina : C’est parti pour le SIAO 2026 !
Toujours selon Elisabeth Ofosu-Adjare, le Ghana entend, à travers sa participation au SIAO 2026, valoriser la diversité et la qualité de son patrimoine artisanal. Sa délégation, composée de responsables gouvernementaux, d’artisans et d’entrepreneurs issus de ses seize régions, présente notamment des étoffes kente, des créations inspirées des symboles Adinkra, des smocks du Nord, ainsi que des produits artisanaux de Bolgatanga et des créations de mode contemporaines. Ce faisant, elle a invité les visiteurs à découvrir ces produits et à nouer des relations d’affaires avec les exposants. Elle a également annoncé la Journée du Ghana, prévue le mardi 3 novembre 2026, qui sera consacrée à la promotion de la culture et du savoir-faire de son pays.
S’adressant aux artisans présents à Ouagadougou, elle les a encouragés à valoriser leurs créations, à défendre leur savoir-faire et à fixer leurs prix avec assurance. Selon elle, l’authenticité, la durabilité et la profondeur culturelle sont désormais des critères recherchés par les consommateurs internationaux.
Pour terminer, la représentante du Ghana a salué l’engagement des autorités burkinabè, du comité national d’organisation et des volontaires mobilisés pour la tenue du SIAO. Elle a souhaité une édition fructueuse aux exposants et réaffirmé son attachement à l’amitié entre les deux pays.
En somme, le SIAO 2026 constitue une occasion de rapprocher les peuples, de stimuler les échanges et de faire du savoir-faire local un moteur de développement économique.
Jean-François SOMÉ
Minute.bf







