Une masterclass co-animée par le Dr Sambo Kalifa Sankara et Bili Edouard Tieno a réuni praticiens et dirigeants autour de cas concrets d’application de l’IA, le jeudi 30 octobre 2026 à Ouagadougou. L’enjeu : concilier gain de productivité, retour sur investissement et protection du patrimoine informationnel dans un contexte africain.
Comment l’intelligence artificielle peut-elle servir concrètement la fonction marketing en Afrique, sans se substituer au jugement humain ni exposer les données stratégiques des entreprises ? C’est la question qui a structuré la masterclass intitulée « L’intelligence artificielle appliquée au marketing : Booster la performance marketing dans un contexte africain », co-animée par le Dr Sambo Kalifa Sankara, expert en intelligence artificielle, et Bili Edouard Tieno, expert en stratégie marketing.

Devant un auditoire composé de professionnels et de dirigeants, les deux intervenants ont déroulé une approche résolument opérationnelle. « Ce qui a été donné aux différents participants, c’est les bases de l’IA appliquées au marketing sur des cas concrets », a expliqué le Dr Sankara. Cinq cas précis ont été disséqués pour démontrer que l’IA permet de traiter plus rapidement des problématiques complexes et, surtout, de révéler « ce qui n’est pas visible à l’œil nu ».
Un panorama d’outils, généralistes ou spécifiquement dédiés au marketing, a été présenté. Mais l’expert en IA a tenu à poser un préalable méthodologique. « On peut avoir tous les outils du marché, si vous n’avez pas bien défini votre besoin, vos outils ne vous servent absolument à rien », a-t-il prévenu. Le procès, a insisté Dr Sankara, consiste d’abord à penser le besoin, avant de choisir la technologie.
Pour Bili Edouard Tieno, l’appropriation de l’IA par les métiers du marketing et du développement commercial n’est plus une option. « Aujourd’hui, c’est inéluctable. La fonction marketing au sein des organisations est le moteur de la pérennité, de la croissance et du développement des entités », a-t-il affirmé. L’IA doit être comprise comme « une prolongation de leur capacité, de leur potentiel », au service de l’efficience et de l’efficacité. Face à un environnement économique en mutation, M. Tieno a lancé un appel aux praticiens à se mettre à niveau pour assurer le succès des organisations et impacter positivement l’environnement immédiat. « On n’arrête pas le développement. Il faut composer avec le développement », a-t-il souligné.

Les témoignages recueillis à l’issue de la session confirment l’acuité des attentes. Joël Ki, directeur général de Wave Mobile Money au Burkina Faso, retient deux enseignements majeurs. « Côté AI, j’ai vraiment appris qu’il y a toute cette notion de sécurité, de confidentialité, de données, en tout cas de sécurisation de nos données, c’est super important », a-t-il confié.
Sur le volet marketing, M. Ki a souligné la possibilité d’aller « très vite » et de « faire bien » en cumulant les fonctions marketing et l’intelligence artificielle. Mais son attention a été particulièrement captée par l’exigence de retour sur investissement. « Si on peut dépenser moins et générer beaucoup plus, c’est encore mieux avec l’AI », a-t-il fait savoir.
Cette question de la maîtrise des données et du savoir-faire irrigue également les préoccupations de Mahamadi Rouamba, directeur général de TICAnalyse. Sans contester l’apport de l’IA, il invite à la prudence. « On n’a pas encore trouvé de meilleur outil de production que cela. Mais il faut faire très attention parce que c’est dans cette capacité également que l’on risque, en fait, de perdre beaucoup en termes de savoir-faire, en termes d’informations qui peuvent constituer un capital pour une entreprise », a-t-il conclu.
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