Burkina : Les recettes de l’État bondissent à 3 311 milliards FCFA en 2025

Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a présenté, ce mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou, les principaux résultats enregistrés par son département depuis 2022 jusqu’à maintenant. Il a notamment mis en avant la progression des recettes publiques, la réduction du déficit budgétaire et la mobilisation accrue des ressources nationales. Cette présentation a été faite dans le cadre de la 2e phase de la 3e édition des journées d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), qui font l’objet d’une exposition gouvernementale au salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

En économie, les chiffres ne sont jamais de simples mesures. Certains décrivent une situation; d’autres racontent une trajectoire. Et parfois, quelques chiffres suffisent à raconter tout le chemin parcouru par une Nation!En septembre 2022, l’Économie burkinabè affichait une croissance de 1,8 %, une inflation de 14,1 % et un déficit budgétaire représentant 11 % du PIB. Quatre ans plus tard, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo estime que la trajectoire s’est nettement améliorée. « La trajectoire a changé », a-t-il déclaré lors de sa déclaration dans le cadre de l’initiative « Dialogue avec le peuple ».

Le ministre Nacanabo a eu des échanges directs avec le public

Selon les chiffres présentés par le ministre Dr Aboubakar Nacanabo, la croissance économique est passée de 1,8 % en 2022 à 5,3 % en 2025 et devrait atteindre 6 % en 2026. L’inflation a, quant à elle, été ramenée de 14,1 % à -0,5 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire est passé de 11 % du PIB à 1,4 %. « Les recettes de l’État ont également progressé. Elles sont passées de 2 505,7 milliards de FCFA en 2022 à 3 311 milliards en 2025. À fin septembre 2026, elles dépassaient déjà 3 000 milliards de FCFA », a-t-il fait savoir au peuple résilient du Burkina Faso.

Pour le ministre, cette évolution traduit les efforts engagés dans les administrations fiscales, douanières et du Trésor, notamment à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la digitalisation, la dématérialisation et la lutte contre la fraude.

Près de 750 milliards mobilisés pour le Fonds de soutien patriotique…

La mobilisation des ressources nationales constitue l’un des principaux axes défendus par le Chef du département de l’Économie et des Finances. À l’entendre, entre 2023 et septembre 2026, le Fonds de soutien patriotique a permis de mobiliser près de 750 milliards de FCFA, selon le bilan présenté.
Ces ressources ont singulièrement servi à la prise en charge et à l’équipement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), au renforcement des capacités des Forces armées et au financement d’actions de développement.

Une vue du public

L’Agence Faso Mêbo a, pour sa part, bénéficié de plus de 144 milliards de FCFA issus du Fonds de soutien patriotique. « Voilà comment le patriotisme devient une route. Voilà comment une contribution devient une infrastructure Voilà comment la souveraineté cesse d’être seulement un discours pour devenir du béton, du bitume, des équipements et des investissements », a soutenu Dr Aboubakar Nacanabo.

Sur le marché financier régional, le Burkina Faso a également accru ses mobilisations, passant de 773 milliards de FCFA en 2022 à près de 1 200 milliards en 2025. À fin août 2026, plus de 1 133 milliards de FCFA avaient déjà été mobilisés.

La première phase du Diaspora Bond a quant-à elle permis de recueillir 151,5 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 125 milliards. Le Sukuk souverain a, lui, mobilisé 77,5 milliards, pour un objectif de 75 milliards.

Soutenir les entreprises et retenir la richesse au Burkina Faso

Le ministre a également mis en relief le rôle du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES Toogo), qui a accompagné 622 entreprises burkinabè pour un volume global de financement supérieur à 38 milliards de FCFA. L’objectif, selon lui, est de renforcer la production nationale, la transformation locale et la création d’emplois. « Nous devons produire davantage ici. Transformer davantage ici. Créer davantage de valeur ajoutée ici », a-t-il insisté.

Une vue du présidium

Cette logique de souveraineté économique s’est également traduite par la création ou le renforcement de plusieurs instruments et structures, dont la Banque des Dépôts du Trésor, Faso-Réassurances, Faso Transit et Logistique, Yennenga Holding Burkina Faso et le Fonds souverain minier d’investissement Siniyan-Sigui.

Pour Aboubakar Nacanabo, ces réformes visent à permettre à l’État de jouer un rôle plus stratégique dans l’économie nationale. « L’État burkinabè ne veut plus être seulement spectateur de son économie. Il veut en être un stratège », a-t-il affirmé.

Digitalisation et contrôle des finances publiques

Dr Aboubakar Nacanabo a également vanté le mérite d’une accélération de la transformation numérique des services. Une douzaine de plateformes et applications ont été mises en service, notamment Faso Arzeka, e-Titre, e-Cadastre, Syc@d, eTimbre, eDocuments, e-CME et e-BDT. Ces outils doivent particulièrement contribuer à réduire les déplacements, raccourcir les délais, améliorer la traçabilité et limiter les possibilités de fraude.

La douane burkinabè, l’une des chevilles ouvrières de cette prouesse

En matière de contrôle, les équipes de l’Inspection générale des finances et des inspections techniques ont contrôlé plus de 2 000 comptes de dépôts et examiné près de 2 000 marchés publics. Ces actions ont permis, selon le bilan présenté, le remboursement de près de 400 millions de FCFA au Trésor public. Plus de 8 000 opérations de vérification fiscale ont par ailleurs généré 61 milliards de FCFA de recouvrements effectifs. Les saisies effectuées par la Douane et la Coordination nationale de lutte contre la fraude représentent près de 140 milliards de FCFA sur la période.

Pour le ministre, cette dynamique doit désormais servir de base à une nouvelle étape : le changement d’échelle du développement économique national.

Notons que l’exposition gouvernementale a été voulue afin de permettre aux citoyens de pouvoir parler directement à leur dirigeants qui sont redevables au peuple.

Jean-François SOMÉ
Minute.bf

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