Dans le cadre de l’Exposition gouvernementale organisée à l’occasion de la deuxième phase de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité (MATM), Émile Zerbo, a présenté le bilan des actions engagées par son département sur la période 2022-2026. Il s’est acquitté de cet exercice de recevabilité, ce samedi 3 octobre 2026, à Ouagadougou, sur le site du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).
Depuis 2022, l’État burkinabè est dans une mutation administrative accélérée. Dans le domaine de l’administration du territoire, plusieurs réformes ont été adoptées et mises en œuvre, selon le ministre d’État ministre de l’administration territoriale et de la mobilité (MATM), Émile Zerbo. Elles se rapportent notamment à la loi relative à la liberté d’association et ses textes d’application, ainsi qu’à la loi portant dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
À l’en croire, des actions ont été engagées dans la réorganisation du territoire national à travers le nouveau découpage administratif, l’élaboration d’une stratégie de délimitation des entités administratives, ainsi que l’élaboration d’un guide de prévention et de gestion des conflits. « Vous ne pouvez plus être Maire étant à Ouagadougou. Vous ne pouvez plus être Maire par exemple de Kalsaka si vous ne résidez pas dans cette commune. Nous avons décidé de rompre avec cette pratique », a-t-il déclaré. À ces réformes s’ajoutent l’élaboration d’un guide d’exercice de la fonction de chef de circonscription administrative et l’adoption de la loi portant abrogation des lois relatives à la charte et au financement des partis et formations politiques.
En matière de protection civile, le MATM a réalisé sous l’impulsion du ministre d’État Zerbo la construction et l’équipement de plusieurs Compagnies d’incendie et de secours de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP) notamment à Ziniaré, Fada N’Gourma, Gaoua, Dédougou et Saaba. À ce niveau, le ministre Zerbo a expliqué que des travaux de construction de casernes de sapeurs-pompiers sont également en cours à Tenkodogo et à Bobo 2010. Il a aussi annoncé la réalisation d’un centre de secours secondaire à Koudougou. À l’entendre, le MATM a, en outre, élaboré et mis en œuvre des plans d’organisation des secours (ORSEC) dans les provinces.
Modernisation de l’état civil : une transition vers le numérique
Dans le cadre de la modernisation de l’état civil, une solution informatique de gestion de l’état civil a été conçue et déployée. Les centres principaux d’état civil ont également été mis en réseau.
Des actions engagées ont abouti à la numérisation des registres d’état civil à travers la constitution du registre numérique national des antériorités des registres d’état civil des communes et des départements. Une plateforme de demande d’actes d’état civil en ligne a également été conçue afin de faciliter l’accès des usagers à ces services.

Affaires religieuses, coutumières et traditionnelles de nouveaux cadres institutionnels
Dans le domaine des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, le département du magistrat Émile Zerbo n’a pas dormi sur ses lauriers. Plusieurs textes ont été adoptés y compris la mise en place de nouveaux instruments. Il s’agit notamment du décret instituant la Journée des coutumes et traditions, célébrée chaque 15 mai, ainsi que de la loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Le Ministère a également élaboré une cartographie des sites de pèlerinage religieux au Burkina Faso et contribué à l’adoption de la loi relative aux libertés religieuses et du décret relatif aux pèlerinages. « Nous sommes venus trouver une manière de faire le pèlerinage des Burkinabè à la Mecque. Aujourd’hui, l’État accompagne l’organisation du Hadj et dire que cela ne se passe bien ce serait d’une malhonnêteté », a-t-il souligné.
Des investissements de plus de 88 milliards de FCFA
Dans le domaine de la décentralisation, plusieurs outils de planification et de gouvernance ont été élaborés et adoptés. Ce sont entre autres le guide d’élaboration des stratégies de développement économique local et de cohérence territoriale, du guide de partenariat public-privé (PPP) à l’usage des collectivités territoriales et du guide d’exercice de la redevabilité.
Le MATM a aussi organisé les États généraux de la décentralisation et contribué à l’adoption de la loi portant Code général des collectivités territoriales. Par ailleurs, les instances de gestion foncière, notamment les Commissions foncières villageoises (CFV) et les Commissions de conciliation foncière villageoises (CCFV), ont été mises en place ou renouvelées dans 90 communes rurales.
Sur le plan des investissements, 1 032 projets d’infrastructures à caractère social, économique et administratif ont été financés à hauteur de 88 099 152 533 FCFA. « Dans le cadre de la stabilisation et du relèvement des collectivités territoriales affectées par la crise sécuritaire, 51 projets ont également été subventionnés dans 45 communes, pour un montant de 1 829 995 187 FCFA », a fait savoir le Ministre d’État.
Mobilité et transports plusieurs réformes structurantes
Dans le secteur de la mobilité et des transports, le département d’Émile Zerbo a procédé à la nationalisation du Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA), dont le statut a été modifié pour en faire une société d’État avec l’État comme seul actionnaire. Le projet de mise en œuvre du système de gestion des titres de transport a également été adopté en Conseil des ministres.
Ce système vise à améliorer la sécurité et la qualité des titres de transport tout en réduisant les délais de délivrance. Des textes ont par ailleurs été adoptés pour encadrer l’activité de transformation des véhicules et la codification des numéros de véhicules. Une étude technico-économique et financière sur le renouvellement du parc de taxis à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso a également été réalisée.
Le ministère a aussi procédé à la recapitalisation et à la nationalisation de la SOTRACO, ainsi qu’à l’acquisition de 530 bus destinés à renforcer le transport collectif. « Vous avez de nos jours des bus climatisés avec des caméras à l’intérieur pour prévenir des actes d’incivisme qui ont été déployés dans les régions », a fait remarquer Émile Zerbo.

D’autres actions ont porté sur l’organisation des États généraux des transports terrestres et maritimes, l’élaboration de la stratégie nationale de promotion du transport fluvial, la réforme du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) et la création d’un centre de formation aux métiers des transports et de la logistique.
Aussi le MATM a-t-il mis en place des infrastructures et une logistique de soutien, notamment à travers la construction d’entrepôts au port de San Pedro, en Côte d’Ivoire. Dans le domaine de la prévention des risques, une plateforme d’alerte précoce contre les inondations, dénommée VOLTA ALARM, a été mise en place sur le bassin de la Volta. Le guide méthodologique d’élaboration des Plans de mobilité urbaine (PMU) dans les communes du Burkina Faso a également été adopté.
Afin de renforcer les capacités en matière d’examen du permis de conduire, 50 examinateurs ont été recrutés à titre exceptionnel. Cette mesure vise à renforcer un effectif jusque-là constitué d’une vingtaine d’examinateurs pour couvrir l’ensemble des régions et à réduire les délais d’attente des candidats. Le processus d’immatriculation provisoire de tout engin circulant sur la voie publique a, en outre, été mis en œuvre afin de renforcer la sécurité routière.
Météorologie : renforcement des capacités de prévision
Dans le domaine de la météorologie, le ministère a renforcé les moyens destinés aux producteurs grâce à la dotation de pluviomètres paysans. Des bâtiments techniques ont également été construits au profit des stations météorologiques de Fada N’Gourma, Pô, Gaoua, Boromo et Dédougou. Par ailleurs une station météorologique de mesure en altitude a été construite et équipée à Fada N’Gourma
Le Calculateur Haute Performance (HPC) a été opérationnalisé grâce à la simulation d’un modèle de prévision numérique du temps à maille fine couvrant l’ensemble du Burkina Faso. Enfin, le Centre d’Innovation et de Transformation des Services Climatiques (CITSC) a été créé.
Dans le secteur de l’aviation civile, plusieurs actions ont été engagées pour renforcer les infrastructures, les capacités opérationnelles et les services aéroportuaires. Il s’agit de la création d’une plateforme unique de gestion des crises et catastrophes au Burkina Faso, ainsi que la Société des Aéroports du Faso (SAFA). La compagnie nationale Air Burkina a fait l’objet d’une recapitalisation et a bénéficié de l’acquisition de deux avions.
Sur le plan des infrastructures, l’Aéroport international de Ouagadougou a été recertifié et l’Aéroport international de Bobo-Dioulasso a été certifié. L’aérodrome d’Essakane SA a également été homologué. Les Journées de l’Aviation civile (JDAC) ont par ailleurs été instituées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES)
À Bobo-Dioulasso, les travaux de réhabilitation et de modernisation des infrastructures aéroportuaires ont démarré. À Ouagadougou, l’aérogare passagers a été rénovée afin d’améliorer l’accueil et l’expérience des voyageurs. Une nouvelle salle d’embarquement a également été aménagée au R+1 de l’aérogare passagers.
Le ministère a en outre contribué à la création de e-voyage, la plateforme de la Police destinée à faciliter les formalités des voyageurs. Des études ont également démarré en vue de la modernisation des aérodromes secondaires de Fada N’Gourma et de Dori. Elles portent notamment sur la construction de nouvelles aérogares et la réhabilitation des pistes d’atterrissage.
Par ailleurs, huit vols charter ont été organisés sur les liaisons Ouagadougou-Dori, Ouagadougou-Fada N’Gourma et Fada N’Gourma-Diapaga.
Enfin, des comités des usagers ont été créés et mis en place dans les différents aéroports du Burkina Faso. Notons que cette exposition gouvernementale permet à chaque ministre de passer en revue les actions de son département et d’échanger directement avec les populations.
Jean-François SOMÉ
Minute.bf







