12h46. 𝗟𝗲 𝘃é𝗵𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗵𝗶𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗞𝗼𝗻𝗴𝗼𝘂𝘀𝘀𝗶. La poussière rouge qui nous a accompagnés depuis les villages retournés retombe peu à peu. Mais dans nos esprits, les images de la matinée restent intactes : les chants des femmes, les doléances, les écoles abandonnées, les maisons qui renaissent, les drapeaux hissés au milieu des concessions…
Le programme de la journée n’est pourtant pas terminé.
𝗗𝗶𝗿𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗹𝗲 𝗟𝘆𝗰é𝗲 𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗶𝗽𝗮𝗹 𝗱𝗲 𝗞𝗼𝗻𝗴𝗼𝘂𝘀𝘀𝗶.
À quelques kilomètres seulement des villages où l’on reconstruit des vies, une autre bataille se prépare, celle de la formation de la jeunesse.
𝗗𝗲𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗶𝗹 𝗱𝘂 𝗹𝘆𝗰é𝗲, 𝗽𝗹𝘂𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗯𝗮𝗰𝗵𝗲𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀 𝘃𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗶𝗺𝗺𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗶𝗼𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲.
Dès notre arrivée, les rangs sont impeccablement alignés.
Les jeunes répondent d’une seule voix à l’appel de leur encadreur.
𝗣𝘂𝗶𝘀 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗶𝘀𝗶𝘁 𝗹𝗲 𝗠𝗶𝗰𝗿𝗼 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁é 𝗱𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹é𝘀 à 𝗿é𝗽𝗼𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮𝘂 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 !
les chants fusent avec une intensité particulière.
Pendant quelques instants, nous avons oublié notre fatigue.
Après avoir parcouru plusieurs villages où des populations reviennent reconstruire leur existence grâce aux sacrifices consentis pour la reconquête du territoire, cette parenthèse prend une dimension toute particulière.
Ici aussi, il est question d’avenir.
Le Camarade Ministre prend la parole devant ces jeunes qui s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur vie.
𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗙𝗮𝘀𝗼, 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗜𝗯𝗿𝗮𝗵𝗶𝗺 𝗧𝗥𝗔𝗢𝗥É.
Une vision qui repose sur le patriotisme, 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗶𝗼𝘁𝗶𝘀𝗺𝗲, 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗶𝗽𝗹𝗶𝗻𝗲, 𝗹𝗲 𝗰𝗶𝘃𝗶𝘀𝗺𝗲, 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗿𝗶𝘁é 𝗲𝘁 𝗹’𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.
Son message est clair. « 𝗟’𝗶𝗺𝗺𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗶𝗼𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗻𝗶 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝘂𝗻𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗻𝗶 𝘂𝗻 𝗲𝗻𝘃𝗼𝗶 𝗮𝘂 𝗳𝗿𝗼𝗻𝘁. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 é𝗰𝗼𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗶𝗽𝗹𝗶𝗻𝗲, 𝗱𝗲 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝗻𝗲𝘁é 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁é. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗰𝗶 𝗾𝘂𝗲 𝘀𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗴𝗲 𝗹𝗮 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗯â𝘁𝗶𝗿𝗮 𝗹𝗲 𝗕𝘂𝗿𝗸𝗶𝗻𝗮 𝗙𝗮𝘀𝗼 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻. »
Les regards restent fixés sur elle.
Personne ne bouge.
Chacun semble mesurer la portée de ces paroles.
Puis vient un autre moment symbolique.
Sous le regard des appelés, plusieurs arbres sont mis en terre par le Camarade Ministre.
Planter un arbre.
Un geste simple.
Mais un geste qui rappelle qu’après avoir reconquis la terre, il faut désormais la faire vivre.
La visite s’achève autour de la soupe partagée avec les appelés.
Plus qu’un repas, c’est un moment de proximité.
Les échanges se poursuivent dans une atmosphère détendue.
Les sourires remplacent le protocole.
15h00
En reprenant la route vers Ouagadougou, une évidence s’impose.
En l’espace de deux jours, le Camarade Ministre aura rencontré deux visages d’un même Burkina Faso.
Celui des villages qui renaissent après l’épreuve.
Et celui d’une jeunesse appelée à porter cette renaissance.
L’un reconstruit le présent.
L’autre prépare l’avenir.
Fin de la série.
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