Burkina : Sur la route du Bam et du Yaadga, là où renaît l’espoir

Il est 7 heures, ce 3 août 2026. Ouagadougou s’éveille sous un ciel chargé de nuages.
Les nuages annoncent une pluie qui ne tardera pas. Pourtant, rien ne semble pouvoir retarder le départ. Le cortège du Camarade Ministre de la Famille et de la Solidarité, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗿𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝗱𝗶𝗿𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗞𝗼𝗻𝗴𝗼𝘂𝘀𝘀𝗶, 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶è𝗿𝗲 é𝘁𝗮𝗽𝗲 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗮𝗰𝗿é𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻és 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗕𝗮𝗺 𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝗬𝗮𝗮𝗱𝗴𝗮.

Au fil des kilomètres, la pluie accompagne par intermittence la délégation. Les paysages verdoyants témoignent d’une saison agricole bien installée. Ici et là, des cultivateurs sont déjà à l’œuvre dans leurs champs, malgré un ciel toujours menaçant.

Vers 8 h 30, le cortège entre dans Kongoussi.
Direction le Haut-Commissariat, où un bref échange avec les autorités administratives permet de faire le point sur le déroulement de la mission, les conditions d’accès aux villages et la situation des populations revenues dans leurs localités d’origine.
Le briefing achevé, chacun rejoint son véhicule.
Cette fois, cap sur le premier village.

9 h 24 le cortège quitte Kongoussi en direction des villages retournés du Bam et du Yaadga.
Trois villages sont au programme.

Trois étapes.
Trois histoires différentes.
𝗠𝗮𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝗺ê𝗺𝗲 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 : 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝘂 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿, 𝗱𝗲 𝗹’𝗲𝘀𝗽é𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻.
À mesure que nous avançons, les collines dessinent l’horizon. De part et d’autre de la route, quelques cultivateurs travaillent déjà leurs champs pendant que d’autres rejoignent leurs exploitations.

Puis la pluie décide de nous accompagner.
Au début discrète, elle devient plus insistante.
La route rouge se transforme progressivement en un immense miroir d’eau.
Par endroits, il devient difficile de distinguer les limites de la chaussée.

Les chauffeurs ralentissent.
Le cortège avance désormais au pas.
Personne ne se plaint.
Tous savent que les populations empruntent quotidiennement cette même route.
Les kilomètres paraissent interminables.

𝗣𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘀, 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲𝘀 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝘂𝗶𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗹𝗮𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱’𝗲𝗮𝘂 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗶𝗻𝗲𝘀 𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗶𝗲.
Puis enfin…
À 11 h 34, apparaît Komsoré, nom d’emprunt.
Sous une pluie persistante, les populations sont là.
Elles n’ont pas quitté la place.

Femmes, hommes, anciens et jeunes attendent depuis plusieurs heures.
Premier arrêt.
Premier geste.
Comme le veut la tradition, le Camarade Ministre se rend d’abord chez le chef du village pour lui présenter ses civilités et recueillir ses bénédictions.

Quelques instants plus tard, les échanges se poursuivent avec les populations.
Ce sont les femmes qui prennent la parole.
𝗟𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗿é𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲𝗻𝘁 à 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲𝘂𝘅 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻é𝘀.
Une école fermée depuis plusieurs années.
Un CSPS construit depuis seize ans mais jamais fonctionnel.

Le besoin d’eau.
Des activités génératrices de revenus.
Le renforcement de la sécurité.
Pendant qu’elles parlent, la pluie finit par s’arrêter.
Comme si le ciel lui-même voulait écouter.
Le Camarade Ministre transmet alors le message des plus hautes autorités.

« 𝙇𝙚 𝙋𝙧𝙚́𝙨𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩 𝙙𝙪 𝙁𝙖𝙨𝙤, 𝙡𝙚 𝘾𝙖𝙥𝙞𝙩𝙖𝙞𝙣𝙚 𝙄𝙗𝙧𝙖𝙝𝙞𝙢 𝙏𝙧𝙖𝙤𝙧é 𝙢’𝙖 𝙙𝙚𝙢𝙖𝙣𝙙é 𝙙𝙚 𝙫𝙤𝙪𝙨 𝙙𝙞𝙧𝙚 𝙢𝙚𝙧𝙘𝙞. 𝙈𝙚𝙧𝙘𝙞 𝙙’𝙖𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙘𝙝𝙤𝙞𝙨𝙞 𝙙𝙚 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧 𝙨𝙪𝙧 𝙫𝙤𝙨 𝙩𝙚𝙧𝙧𝙚𝙨. 𝙇𝙚 𝙂𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙚𝙧𝙖 à 𝙫𝙤𝙨 𝙘ô𝙩é𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙖𝙘𝙘𝙤𝙢𝙥𝙖𝙜𝙣𝙚𝙧 𝙫𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙧𝙚𝙡è𝙫𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩. »
Des paroles simples.
Mais qui semblent réchauffer les cœurs.

𝗔𝗽𝗿è𝘀 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗺𝗶𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗺𝗮𝘁é𝗿𝗶𝗲𝗹𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗹è𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗿𝘁è𝗴𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗿𝗼𝘂𝘁𝗲.

À 12 h 46, nous sommes toujours dans les villages du Yatenga.
Bienvenue à Farisso, dans le Yaadga.
L’accueil est tout aussi chaleureux.
Les populations veulent entendre la voix de Ouagadougou.
Elles veulent surtout faire entendre la leur.
Ici encore, les femmes ouvrent les échanges.
Les préoccupations restent les mêmes : l’école, l’eau, les activités économiques, les infrastructures sociales.

Le Camarade Ministre écoute longuement.
Elle explique que le Gouvernement entend faire du retour des populations une véritable étape de développement.
« 𝙄𝙡 𝙣𝙚 𝙨’𝙖𝙜𝙞𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙨𝙚𝙪𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙙’𝙖𝙞𝙙𝙚𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙥𝙪𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 à 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧. 𝙄𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙘𝙧é𝙚𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙘𝙤𝙣𝙙𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙦𝙪’𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨 𝙥𝙪𝙞𝙨𝙨𝙚𝙣𝙩 𝙫𝙞𝙫𝙧𝙚, 𝙥𝙧𝙤𝙙𝙪𝙞𝙧𝙚 𝙚𝙩 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙩𝙧𝙪𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙪𝙧𝙖𝙗𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙖𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧 𝙞𝙘𝙞 », insiste-t-elle.
Elle invite également les communautés à préserver la cohésion sociale, à soutenir les Forces de défense et de sécurité ainsi que les Volontaires pour la Défense de la Patrie et à poursuivre leurs efforts pour reconstruire leurs villages.

14h 28 Changement de région.
Le dernier arrêt conduit la délégation à Zamoulou, à une dizaine de kilomètres de Farisso.
La scène est désormais familière.
Le chef du village accueille la délégation.
Les femmes remercient les autorités avant de présenter leurs préoccupations.
Les besoins portent essentiellement sur l’accès à l’eau, la réouverture des écoles, les aménagements agricoles et les activités génératrices de revenus.

𝗟𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱 𝘀𝗼𝗶𝗴𝗻𝗲𝘂𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗼𝗹é𝗮𝗻𝗰𝗲.
𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗿é𝗽𝗼𝗻𝘀𝗲𝘀 𝗶𝗺𝗺é𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝘀 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗲𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗹è𝘃𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗱é𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝘀’𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲 à 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗿é𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁è𝗿𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗽é𝘁𝗲𝗻𝘁𝘀.
Comme dans les villages précédents, des vivres et du matériel de relèvement sont remis aux populations afin de soutenir leur réinstallation.

À 16 h 20, le cortège reprend la route vers Kongoussi.
La pluie a laissé place à une route cabossée.
La journée semble toucher à sa fin.
Du moins, le pensions-nous.
Soudain…

Le véhicule du Camarade Ministre ralentit.
Puis s’immobilise.
Les regards se croisent.
Personne ne comprend.
𝗟𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀𝗰𝗲𝗻𝗱 𝗱𝘂 𝘃é𝗵𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗲 𝗱𝗶𝗿𝗶𝗴𝗲 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗵𝗮𝗺𝗽 𝗼ù 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲, 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲𝗿𝗼𝗻𝘀 𝗞𝗼𝗿𝗼𝘁𝗼𝘂𝗺𝗼𝘂, 𝗲𝘀𝘁 𝗲𝗻 𝗽𝗹𝗲𝗶𝗻 𝗹𝗮𝗯𝗼𝘂𝗿.
Surprise, celle-ci s’arrête de travailler.
Le Camarade Ministre lui adresse quelques mots d’encouragement, saisit l’outil de labour et esquisse elle-même quelques sillons.
Les applaudissements fusent.
Les rires remplacent la fatigue.
Quelques mètres plus loin, elle échange avec d’autres producteurs sur le déroulement de la campagne agricole.
Elle les encourage à persévérer.
Elle leur rappelle que leur retour sur leurs terres constitue déjà une victoire.

Et que le Gouvernement continuera à les accompagner pour consolider cette renaissance.
Le soleil décline doucement lorsque nous retrouvons Kongoussi.
Dans les véhicules, chacun repense aux images de cette journée.
Des routes difficiles.
Des villages qui reprennent vie.
Des femmes debout malgré les épreuves.
Des champs de nouveau cultivés.

𝗘𝘁 𝘀𝘂𝗿𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗶𝘁𝘂𝗱𝗲 : 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗽𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲𝗻𝘁 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗲𝘀, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝘀𝗲 𝗿𝗲𝗹è𝘃𝗲.
Rendez-vous dans le prochain épisode…

DCRP/MFS

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