Depuis le 1er août 2026, les radars de vidéosurveillance verbalisent les infractions dans les artères de la capitale Ouagadougou. Une mesure saluée par les usagers, qui appellent toutefois à une mise en œuvre progressive et à une forte sensibilisation pour changer durablement les comportements. Minute.bf a recueilli quelques avis sur cette nouvelle mesure.
À Ouagadougou, la circulation semble déjà avoir changé de visage depuis l’entrée en vigueur de la verbalisation par vidéosurveillance, le 1er août dernier. Ce lundi 3 août 2026, dans les rues de la capitale, les voitures se suivent à la queue leu leu, les dépassements se font plus rares et les feux rouges sont désormais scrupuleusement respectés. Un début de discipline que les usagers attribuent à ce nouveau dispositif, perçu comme un outil de responsabilisation.
Une dame d’une cinquantaine d’années, qui a requis l’anonymat : « C’est une très bonne idée, moi je la salue franchement ».
« Nous avons remarqué que les accidents sont fréquents et peuvent être occasionnés par n’importe quelle cause, mais le plus récurrent, c’est qu’ils sont causés par l’excès de vitesse. Donc, si les gens arrivent à respecter la vitesse minimale de 40 km/h en ville, je pense que les cas d’accidents, surtout mortels, vont diminuer. C’est une très bonne idée, moi je la salue franchement ».

Drissa Sawadogo, chauffeur : « Cette mesure responsabilise les usagers, souvent pressés et négligents. Si on combine les radars avec de la prévention, on sauvera des vies ».
« Généralement, les accidents sont causés par le non-respect du Code de la route. Tu vas voir des gens qui patientent pour permettre à une autre personne de traverser la voie, et une autre personne vient vous dévier en pleine vitesse et causer devant vous et sous vos yeux l’irréparable. Nous pensons que la nouvelle mesure peut contribuer à responsabiliser davantage les usagers. Tout ce que le Gouvernement a entrepris dans le cadre de la sécurité routière est à saluer. Pour la verbalisation par vidéosurveillance particulièrement, je la loue vraiment, car c’est pour protéger nos vies et celles de nos enfants. Nous allons voir qu’ici au Burkina Faso, tout le monde est pressé, et pourtant lorsque tu fais un accident, tout cet empêchement est fini. L’un des cas d’accident est également l’excès de vitesse. J’invite les usagers à faire preuve de patience, car mieux vaut arriver en retard que de ne jamais arriver. Aussi, si tu veux arriver tôt, il faut te lever tôt. Pour les conducteurs de voiture, le port de ceinture est obligé et partout dans le monde, les contrôleurs routiers réprimandent ceux qui ne respectent pas ça. Donc, si au Burkina Faso, avec ces verbalisations, d’autres s’entêtent à ne pas respecter cette règle tant qu’ils ne voient pas les policiers, la nouvelle forme de verbalisation est très bien et nous l’apprécions. Si on combine les radars avec de la prévention, on sauvera des vies ».

Moussa Nana, commerçant : « Cette modernisation du système est un signe de développement ».
« Je suis favorable à la nouvelle forme de verbalisation. Cela fait partie du développement et ça montre que l’on évolue. Cependant, ce que nous voulons indiquer, c’est que les autorités doivent aller mollo mollo jusqu’à ce que tout le monde adhère. Avec la sensibilisation, petit à petit, nous allons voir dans les années à venir que, si ce n’est pas en cas de force majeure, le Burkinabè ne va plus commettre d’infraction volontairement ».
En rappel, il faut noter que depuis l’entrée en vigueur de l’e-verbalisation, plus de 1 000 infractions ont été enregistrées.
Nadège KINDA
Minute.bf






