A la barre : L’administrateur du groupe « Ouaga Bizi » écope de trois ans de prison avec sursis

La chambre correctionnelle nº1 du Tribunal de grande instance Ouaga Il (TGI Ouaga II) a jugé le mercredi 1er juillet 2026, une affaire présumée de prostitution et de proxénétisme et de blanchiment de capitaux. Parmi les prévenus, un élève en classe de terminale, administrateur présumé de plusieurs groupes de bizi (groupe de mise en contact).

Face au tribunal, le prévenu a d’abord affirmé n’avoir subi aucune contrainte lors de son audition par les services de police avant de faire sa déposition. Suite à cela le président du tribunal a ensuite donné lecture de plusieurs extraits de son procès-verbal d’audition, dans lesquels il reconnaissait utiliser son numéro de téléphone dont WhatsApp pour effectuer des mises en contact entre des femmes et des hommes, un rôle appelé « manager de bizi ».

Selon les déclarations consignées dans le procès-verbal lue par la Chambre, le prévenu aurait créé quatre groupes WhatsApp groupant plus d’un millier de membres destinés initialement à la vente de divers produits. Ces groupes nommés par la suite « satisfaction totale, sextape, le Monde des baisers et Ouaga bizi », auraient progressivement servi à des mises en relation. Toujours selon le procès-verbal, les femmes envoyaient leurs photos et les hommes intéressés devaient s’acquitter d’une somme comprise entre 1 000 et 2 500 francs CFA avant d’obtenir leurs coordonnées.

Après s’être confronté à ses déclarations en enquête préliminaire, le prévenu a nuancé ses déclarations, à la barre. Il a reconnu que son numéro de téléphone était utilisé pour les mises en contact et a confirmé percevoir une rémunération allant de 1 000 à 2 500 francs CFA. En revanche, il a contesté avoir affirmé que les jeunes femmes lui transmettaient systématiquement leurs photos pour qu’il les diffuse. Il a expliqué que les publications s’effectuées qu’à la demande des personnes concernées. « Les filles m’envoyaient uniquement les photos ou les vidéos, je ne les publiais pas systématiquement. C’est lorsque les hommes ou elles-mêmes me demandaient que je les publiais », a-t-il fait savoir au juge.

Interrogé sur la finalité de ces mises en relation, le jeune homme a soutenu qu’il s’agissait de favoriser des « relations sérieuses » entre partenaires. Cette justification a suscité les interrogations de la part du parquet. La procureure a remis en cause la crédibilité de cette version, estimant que les faits constatés au cours de l’enquête préliminaire révélaient une utilisation bien différente des groupes WhatsApp.

Elle a notamment relevé que plusieurs jeunes femmes impliquées dans le dossier avaient déclaré avoir intégré les groupes sans connaître leurs administrateurs, tout en versant des frais d’adhésion. S’adressant au prévenu, le parquet a souligné que les compétences informatiques dont il faisait preuve auraient pu être mises au service d’activités utiles au développement du pays plutôt que d’un système ayant conduit à des poursuites judiciaires.

La procureure s’est également interrogée sur sa capacité, en tant qu’élève de terminale, à prétendre orienter des personnes vers des relations qu’il qualifie lui-même de sérieuses, en lui posant la question de savoir combien personnes il était parvenu à mettre en relation.

Le prévenu a répondu : « Depuis que j’ai créé les groupes, j’ai effectué 25 mises en relation ».

Au cours de son interrogatoire, le parquet a aussi insisté sur la contradiction entre les explications avancées par le prévenu et les éléments recueillis par les enquêteurs, notamment concernant la gestion des photos, l’identité des membres des groupes et l’usage réel des plateformes de messagerie.

L’audience s’est poursuivie avec les questions relatives à la nature des échangées et au fonctionnement concret des groupes WhatsApp, ainsi que l’économie qu’il a générée à travers ses groupes WhatsApp.

Le prévenu a déclaré que depuis le début de l’activité jusqu’à maintenant, la grosse somme perçue était 30 000 F CFA avec une prestation comprise entre 1000 et 2 5000 F CFA.

A l’issue des débats, le tribunal a rendu sa décidé en déclarant le prévenu coupable des fait de proxénétisme à lui reoorché. En répression, il l’a condamné à une peine d’emprisonnement de 03 ans avec sursis et une amende ferme de 1 millions de francs CFA. Le prévenu dispose toutefois de 15 jours pour interjeter appel de cette décision.

Soulignons que 22 prévenus ont été jugés au cours de cette session pour des faits de prostitution en ligne, proxénétisme et blanchiment de capitaux. L’enquête, ouverte le 7 juin dernier sur signalement du commissaire de police du 5e arrondissement, a été diligentée par le procureur du Faso près le TGI Ouaga II. Selon les premiers éléments recueillis par le ministère public, plusieurs groupes WhatsApp et un restaurant servaient de supports à la commission des infractions.

Image illustrative

Minute.bf

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

spot_img

Publicité

spot_img

Publicité

spot_img

Articles connexes

Falangoutou : La Gendarmerie renforce son appui à la coordination des femmes à travers un don d’infrastructure et de matériels d’hygiène

Dans le cadre des actions civilo-militaires visant à consolider la proximité entre les forces de défense et de...

Lutte contre le trafic illicite : La Police Nationale saisit une importante quantité de pesticides et d’engrais d’une valeur de 11.000.000 FCFA à Pô

Le Commissariat Central de Police (CCP) de la ville de Pô, dans le cadre de ses missions régaliennes...

20 ans de carrière : Floby marque une pause pour témoigner sa reconnaissance

Vingt ans après ses débuts sur la scène musicale burkinabè, l'artiste musicien Floby a organisé, le mardi 30...

Burkina | Santé : Le centre d’hémodialyse de Dori désormais opérationnel

Quelques jours après son inauguration officielle par le Premier ministre à Banfora , le Centre d'hémodialyse du Centre...