L’Association Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (ASTEJ) a organisé, le samedi 25 avril 2026 dans l’enceinte de l’Université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, une conférence publique sur la santé mentale. Placée sous le thème « Jeunesse et santé mentale : de la pression à l’équilibre », cette rencontre a servi de cadre pour outiller les jeunes face aux défis psychologiques actuels et leur offrir des clés pratiques afin de construire sereinement leur avenir. L’activité a été parrainée par le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, directeur général de Kenaya Impact.
Dans un monde marqué par des défis quotidiens, de nombreux jeunes, confrontés à diverses pressions, sombrent dans la dépression. Cela affecte parfois leur stabilité psychologique, entraînant des troubles de santé mentale. Face à ce constat, l’ASTEJ a initié une conférence publique pour sensibiliser les jeunes sur ce sujet.

Selon le président de l’ASTEJ, Max Gombré, la santé mentale est un sujet préoccupant, malheureusement très peu discuté. Pour lui, la santé mentale n’est ni un luxe ni un sujet réservé exclusivement « aux rares psychiatres ou aux seuls professionnels de la santé mentale », mais une question qui engage la responsabilité de tous. « C’est une question qui concerne chaque famille, chaque employeur, chaque enseignant et chaque individu. C’est une question qui nous concerne tous », a déclaré Max Gombré.
Pour le président de l’ASTEJ, les jeunes d’aujourd’hui sont ballottés entre plusieurs défis pouvant nuire à leur quiétude mentale. « Nos jeunes grandissent dans un monde qui va vite, qui exige beaucoup, qui compare sans cesse et qui juge sans toujours comprendre. Ils naviguent entre les injonctions des réseaux sociaux et les réalités d’un marché du travail exigeant, entre les attentes de leur famille et les incertitudes de leur propre avenir, entre des rêves qui s’allument et des portes qui tardent à s’ouvrir », a-t-il fait savoir.

Toujours selon le président de l’ASTEJ, se retrouver pour discuter de la santé mentale, c’est déjà commencer à soigner. « Nous croyons que mettre des mots sur ce que vivent les jeunes, c’est déjà une forme de prise en charge. Nous croyons que rassembler des expertises différentes autour d’une même table avec des professionnels est la meilleure façon de s’approcher des réponses qui tiennent compte de la complexité humaine », a ajouté M. Gombré.
Selon le parrain, le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, l’objectif de cette conférence est d’aborder un sujet qui conditionne les autres dimensions de l’humain : la santé mentale.
À l’entendre, la santé mentale est un sujet entouré de tabous, de non-dits et parfois même de honte. D’après le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, à l’échelle du continent, l’OMS estime que près de 150 millions de personnes souffrent de troubles de santé mentale. Plus inquiétant encore, une étude récente révèle, selon lui, qu’environ 41 % des jeunes Africains font face à des défis liés à leur santé mentale, allant de l’anxiété à la dépression.

Au Burkina Faso, une étude récente montre que 40 % de la population pourrait présenter des troubles mentaux à un moment donné de sa vie. Pourtant, face à cette urgence, les ressources sont dramatiquement insuffisantes. « À l’échelle du continent, on compte en moyenne un psychiatre pour 500 000 habitants. Au Burkina Faso, c’est probablement plutôt un psychiatre pour 800 000 à 1 million d’habitants, soit un chiffre 100 fois inférieur à celui des pays européens. Côté psychologues cliniciens, ils sont encore bien trop peu nombreux, tout comme les infirmiers spécialisés en santé mentale. Par conséquent, l’accès aux soins, à la prise en charge et au soutien spécialisé reste très limité », a regretté le directeur général de Kenaya Impact.
Selon les analyses du Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, cette pénurie est aggravée par la stigmatisation persistante qui entoure ces maladies, empêchant les jeunes de chercher l’aide dont ils ont désespérément besoin. « Je crois cependant que ces chiffres ne sont pas là pour nous décourager, mais pour nous réveiller. Avoir un problème de santé mentale n’est pas une faiblesse, ni un concept étranger aux réalités africaines. Nous devons développer des programmes d’intervention adaptés aux besoins réels : former, sensibiliser, dépister, orienter, prendre en charge et soutenir », a-t-il indiqué, précisant que cette conférence répond à ce besoin.

Pour terminer, il a invité la jeunesse ouest-africaine, ainsi que la communauté scolaire et étudiante, les parents et les familles, à déconstruire les tabous. « Faisons donc de la santé mentale une priorité, car c’est la plus grande richesse que nous puissions cultiver », a conseillé le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid.
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Jean-François SOMÉ
Minute.bf






