samedi 18 avril 2026
spot_img

Création lexicale autour de la maladie à COVID 19 : cas du Bisa Barka au Burkina Faso

Issifou TARNAGDA,

Université de Daniel OUEZZIN-COULIBALY, Laboratoire de Recherche et de

Formation en Science du Langage (LAREFOS), Ouagadougou, Burkina Faso, Afrique de l’Ouest, Mail : issifoutarnagda69@gmail.com,

Maténé OUATTARA,

Université de Daniel OUEZZIN-COULIBALY, Laboratoire Art Discours Pratique

Artistique (LADIPA), Ouagadougou, Burkina Faso, Afrique de l’Ouest, Mail :

ouattaramatiti@gmail.com,

Zomenassir Armand BATIONO

Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST),

Laboratoire Langues, Éducation, Arts et Communication (LEAC-Institut des Sciences des Sociétés (INSS) du CNRST), Ouagadougou, Burkina Faso, Afrique de l’Ouest,

Mail : Zomenassir@yahoo.fr

Résumé : Ce document de vulgarisation est tiré d’un article scientifique publié en janvier 2025 dans la revue CARESFI, Série Sciences Humaines, Sociales et Lettres,Volume 1 – n° 01 – Janvier 2025, pp. 527-553, par Issifou TARNAGDA, Maténé OUATTARA et Zomenassir Armand BATIONO. Le titre de l’article est : « IMPACTS LINGUISTIQUES DE LA COVID 19 EN BISA BARKA ».

Le COVID 19 a occasionné une création lexicale dans plusieurs langues du monde et particulièrement en Bisa Barka. Comment se présentent alors les différents modes de créations lexicales ? Cette étude qui s’inscrit dans le cadre global de la linguistique descriptive, opère par des analyses sociolinguistiques pour l’atteinte des objectifs escomptés. En termes de résultats, l’analyse a permis d’identifier des créations lexicales par emprunt, par néologie, par composition, par association d’unité lexical.

Mots-clés : COVID 19, Bisa Barka, création lexicale, emprunt, terminologie

Introduction

La COVID 19 a engendré un nouveau vocabulaire. C’est une création d’un nouveau type de lexique qui a mis à l’épreuve le système linguistique au Burkina Faso. La langue nationale Bisa n’a pas échappé à ce phénomène. Une étude menée à ce sujet a permis de relever plusieurs formes de créations lexicales en Bisa Barka. Comment cela se manifeste-t-il ? pour répondre à cette interrogation les hypothèses suivantes ont été nécessaire :

  • En langue Bisa Barka, la création lexicale peut se faire par emprunt ;
  • Elle peut aussi se réaliser par néologie ;
  • Elle peut s’observer à travers la création par composition ou par association de plusieurs unités.

L’objectif visé dans cette étude est de présenter l’impact linguistique de la COVID19 en Bisa Barka. D’une part, il s’agit de présenter une dizaine de termes liés à la pandémie qui sont passés du français en bisa barka ; et d’autre part, montrer les procédés utilisés par les locuteurs du bisa barka pour créer ou adopter ces nouvelles unités lexicales et terminologiques.

1. Cadre théorique et esquisse méthodologique

La linguistique descriptive est notre cadre théorique principal et nous nous appuyons sur les travaux de chercheurs comme Louis Deroy (1956), de J. Humbley 2012) et de Jacqueline Picoche et Al. (2000), entre autres que nous convoquons tout au long de ce travail pour illustrer nos propos. Ces chercheurs ont montré comment recueillir, analyser et tirer une conclusion pour tout ce qui concerne un examen des emprunts d’une langue source à la langue cible. Les axes d’articulation de notre développement se présentent comme suit : présentation des phrases contenant des emprunts et analyse linguistique de ces emprunts. Compte tenu du contacte de langue observé à travers cette études, ces aspects seront souvent analysés sous l’angle sociolinguistique.

La zone d’études est la commune de Garango dans Région du Nakambé (ex Région du Centre-est, Burkina Faso), notre corpus se compose d’une centaine de phrases contenant des néologismes en relation avec la Covid 19 auprès de trois informateurs. La grammaticalité de ces phrases a été vérifié avec l’aide d’une personne ressource en bisa barka, en la personne de Toban Valérie ZIGANI (Promoteur du Festival bisa TALEMAN). Les phrases ont été transcrites de façon phonologique avec les symboles de l’Alphabet Phonétique International (API). Laquelle transcription est assortie d’une glose mot-à-mot et d’une traduction littéraire en suivant The Leipzig Glossing Rules, version 2008.

2. Résultats

Nous examinons avec un regard globalisant, les phénomènes linguistiques engendrés par la « bisaiisation » des termes : maladie à corona virus, dispositif de lave-main, savon et gel hydroalcoolique. Ceci se fait par l’examen de la troncation, la composition la création lexicale et l’emprunt.

2.1. Emprunt par modification phonématique

Le sous-titre emprunt par modification phonématique résume deux phénomènes linguistiques constatés lors du passage de certains termes du français dans le lexique de la langue bisa barka. Ce sont : l’emprunt par variation phonétique et l’emprunt par modification syllabique ; nous en dirons davantage plus loin. Commençons avec l’emprunt par modification syllabique.

2.1.1. Emprunt par modification syllabique

L. Deroy (1956, p.67) affirme que « tous les éléments ne s’empruntent pas avec la même facilité ». En empruntant, certaines langues procèdent par réduction, par allongement et par conservation syllabique des mots de la langue source.

En bisa barka, les exemples montrent plusieurs sortes de modifications phonémiques à travers les trois appellations de la maladie à corona virus en BB. A travers l’appellation [kɔ́rɔ́nã̀], nous avons affaire sur le plan syllabique, à la fois à une apocope et à une aphérèse. En d’autres termes, nous parlons de la réduction syllabique. Selon J. Dubois et al. (2012, p.42). « L aphérèse est un changement phonétique qui consiste en la chute d’un phonème initial ou en la suppression de la partie initiale (une ou plusieurs syllabes) d’un mot ». Ceci étant, nous soutenons que le phénomène d’aphérèse est le premier impact linguistique de la pandémie sur le bisa barka. Ce premier phénomène est immédiatement suivi de l’apocope qui est d’après J. Dubois et al. (Ibid.) : « (…) un changement phonétique qui consiste en la chute d’un ou plusieurs phonèmes ou syllabes à la fin d’un mot (…) ».

En plus de la diminution du nombre de syllabes, nous notons des modifications de consonnes et de voyelles ; que nous examinons à la sous-section suivante.

2.1.2- Emprunt par variation phonétique (consonantique ou vocalique)

Quelques emprunts à la langue française subissent desmodifications non seulement au niveau consonantique, mais aussi auniveau vocalique. C’est le cas de l’exemple [kɔ́rɔ́víríisí], où, il y aallongement vocalique de [i] et son apparition en final. Il faut également noter toujours dans le même exemple, le remplacement de la voyelle fermée [o] par son correspondant ouvert [ɔ].

Au niveau consonantique, l’exemple [kásné] fait voir le remplacement de la consonne fricative postalvéolaire sourde [ʃ] par la consonne fricative alvéolaire sourde [s]. Le phonème [ʃ] du français n’étant pas attestée en bisa, est aussitôt substituée par la consonne [s]. Au niveau consonantique toujours, l’exemple [fã́fanɛ̀] laisse apercevoir le remplacement de la consonne fricative alvéolaire sourde [s] du français savon par la consonne fricative labiodentale sourde [f]. Ceci constitue un véritable enrichissement du bisa aussi bien en phonème comme en lexème ; c’est-à-dire, sur le plan de la double articulation.

André Martinet (1960, 1965) a proposé le terme de « double articulation » pour désigner le fait que les langues naturelles s’articulent (c’est-àdire s’organisent) à deux niveaux : (i) la première articulation se manifeste au niveau des unités minimales dotées d’une forme phonétique (signifiant) et d’une signification (signifié), unités que Martinet nomme « monèmes » ; (ii) la deuxième articulation est constituée par les unités distinctives du plan de l’expression, les « phonèmes ». Chacune des unités formant la première articulation est constituée par des unités de la deuxième articulation. (Martinet 1967, p. 13).

2.2. Création par néologie

Selon J. Dubois et al. (2012, p.322) : « La néologie est le processus de formation de nouvelles unités lexicales. (…). On distingue néologie de forme et néologie de sens ». A titre d’illustration, nous avons [kɔ́rɔ́nã̀jàbà] comme néologie de forme et [wɔ́sʋ́dʋ́gɔ́lɛ́mɔ̀d] comme néologie de sens. Dans tous les deux cas, il s’agit de dénoter une réalité nouvelle (nouvelle technique, nouveau concept, de la communauté linguistique concernée).

2.2.1. La néologie de forme

La néologie de forme consiste à fabrique pour ce faire de nouvelles unités ; comme nous venons de le montrer avec [kɔ́rɔ́nã̀jàbà] dans le paragraphe introductif ci-dessus. Dans cette nouvelle unité, nous avons à la fois et le français et le bisa. Précisons le français avec

[kɔ́rɔ́nã̀] et le bisa avec [jàbà]. Dans le Dictionnaire bissa barka de A à Z, [jàbà] apparaît sous la forme orthographique [yaba] et signifie : « maladie ou la maladie ». La forme [yaba] est attestée dans des phrases comme : [yaba nɩŋŋɛ balɛ] signifiant « traitement d’un malade » et [hɔ k’a tɩ yaba hɩnka n] voulant dire : « ce qui indique la maladie ».

L’impact linguistique de la covid-19 est de montrer l’utilisation du bilinguisme dans la néologie ; c’est-à-dire, créer de nouveaux termes en utilisant concomitamment la langue source et la langue cible, autrement dit, le français et le bisa.

2.2.2. La néologie de sens

La néologie de sens consiste à employer un signifiant existant déjà dans la langue considérée en lui conférant un contenu qu’il n’avait pas jusqu’alors. C’est ce que nous avons vu avec le deuxième nom donné au dispositif de lave-main : wɔ́sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́mɔ̀d. Cette nouvelle unité lexicale est formée de toute pièce par des unités existants dans la langue. La décomposition de wɔ́sʋ́ dʋ́ gɔ́lɛ́mɔ̀d est la suivante : wɔ́ -sʋ́dʋ́ gɔ́ -lɛ́- mɔ̀d. Soit une unité lexicale formée par quatre éléments ayant chacun une existence autonome dans la langue. De façon explicite : wɔ́ signifie : main ; sʋ́ dʋ́ gɔ́ : signifie laver ; -lɛ́ est un suffixe indiquant l’action de ; mɔ̀d signifie : instrument ou objet.

2.3. Création par composition

Selon F. Neveu (2011, p.89) la composition relève du domaine de la morphologie et de la lexicologie. Celui-ci précise que la composition est un : « Procédé de création lexicale réalisé au moyen de la juxtaposition de plusieurs morphèmes libres (lexicaux ou grammaticaux) ». Par ailleurs, dans la littérature, il ressort très abondamment que la composition permet, à partir de deux éléments (ou plus) d’en créer un troisième. La composition consiste à assembler deux mots, séparés ou non à l’écrit par un trait d’union, une apostrophe ou un blanc graphique. Ces mots sont autonomes et possèdent un sens propre. Mais le mot nouvellement composé a un nouveau sens. Le critère d’inséparabilité permet de les identifier. Les mots composés ne sont pas créés librement par les locuteurs, mais par la nécessité de communiquer une nouveauté. Les formations peuvent être diverses : Adjonction de deux noms ; de deux verbes reliés par une conjonction de coordination entre autres ; s’agissant bien-entendu de la langue française. Pour le BB, nous avons distingué deux cas généraux : l’association de plusieurs unités lexicales et l’association de deux unités lexicales.

2.3.1. Association de deux unités lexicales

Nous illustrons l’association de deux unités lexicales par le néonyme sã́fanɛ̀hĩ́. Le lexème sã́fanɛ̀hĩ́ est composé de deux autres lexèmes de la langue : sã́fanɛ̀ qui signifie : savon en français et hĩ́ qui veut dire eau en français.

Le gel hydroalcoolique est utilisé pour l’hygiène des mains, lorsqu’il n’est pas possible de les laver à l’eau et au savon. L’OMS recommande ce produit pour son efficacité et sa praticité. En BB, il est baptisé sã́fanɛ̀hĩ́.

a.) sã́fanɛ̀hĩ́       tɩ́   jàrbã̀    kã̀      jàbàɲʋnɔ́        kɩ́

Gel hydroalcoolique   MP   combattre   avec             microbes         avec

« Le gel hydroalcoolique combat les microbes »

b.) sã́fanɛ̀hĩ́  bɩ́     jàrbã̀    kã̀    jàbàɲʋ́nɔ́  kɩ́     jé

Gel hydroalcoolique       combattre    avec   microbes      avec      NEG

« Le gel hydroalcoolique ne combat pas les microbes »

c.) sã́fanɛ̀hĩ́       tɩ́   jàrbã̀    kã̀      jàbàɲʋ́nɔ́       kɩ́      nã́a

Gel hydroalcoolique   MP   combattre   avec          microbes            avec        INTERRO

« Est-ce que le gel hydroalcoolique combat les microbes ? »

d.) sã́fanɛ̀hĩ́ : « forme indéfinie »

sã́fanɛ̀hĩ́-bɩ́ : « forme définie »

sã́fanɛ̀hĩ́-rɔ̀ : « forme indéfinie plurielle »

sã́fanɛ̀hĩ́-rɔ̀-brɔ̀ : « forme définie plurielle »

 Les séries d’exemples suivantes illustre à souhait l’existence à l’état d’unité autonome de sã́fanɛ̀ dans la langue en étude.

a.) kà          ɲínnɔ́         brɔ́          sʋ́dʋgɔ̀         fã́fanɛ̀         n

     IMP         Plaies       PL             laver          savon           POSTP

« Nettoyez les plaies à l’aide de savon »

b.) fã́fanɛ̀           hɛ̀rɩ́           táŋ             dàkɩ̀                   n

    Savon            Vendre       ACC          marché             POSTP

« Le savon se vend au marché »

c.) jɩ́          mʋ̀n           gà           hĩ́          kã             fã́fanɛ̀          kɩ́

   INJ        PRON       donner     eau      CONN          savon        CONN

« Apporte-moi de l’eau et du savon »

 On relève aussi l’existence autonome dans la langue de hĩ́ que nous prouvons avec l’exemple suivant :

 jɩ́                    mʋ̀n               gà          Hĩ́          kʋ́             mà            mɩ́

INJ                 PRON         donner     Eau      CONN       AMG       boire

« Apporte-moi de l’eau à boire »

L. Deroy (1956, p.163) avance que « l’emprunt devient une nécessité quand il s’agit de désigner des choses proprement étrangères ». En récapitulatif partielle, l’on voit que deux unités lexicales sã́fanɛ̀ et hĩ́ s’associent pour former une troisième unité lexicale sã́fanɛ̀hĩ́, sous la pression de la pandémie à Covid-19. Cette troisième unité lexicale sã́fanɛ̀hĩ́ est l’équivalent du « gel hydrosoluble » en français.

2.3.2. Association de plusieurs unités lexicales

Rappelons que la composition est un procédé de combinaison de plusieurs unités morphologiques de catégories différentes ou non, susceptibles d’emploi indépendants. Autrement dit ; la composition est vue comme une association de plusieurs unités lexicales existant indépendamment l’une de l’autre, ayant chacune sa propre signification et répondant à un sens unitaire. C’est ce que nous montrons avec la néologie lexicale wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́hɔ̀. Cette néologie lexicale wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́lɛ́hɔ̀ pourrait s’écrire avec des traits d’union : wɔ́ -sʋ́ dʋ́ gɔ́ -lɛ́ -hɔ̀, ou sans traits d’union (mais des blancs graphiques) comme ceci : wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́ hɔ̀, ou encore en un seul lexème wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́lɛ́hɔ̀, où les quatre éléments constitutifs sont soudés. Cette dernière graphie, est celle que nous avons adopté dans ce travail. L’existence autonome des quatre éléments constitutifs de wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́ hɔ̀ est démontrée par la série d’exemples suivants. Dans l’exemple, les quatre éléments constitutifs de wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́ hɔ̀ sont mis en évidence par un soulignement et une numérotation de 1 sur 4 à 4 sur 4.

  1. A             ma      N         wɔ́           mà

                                 1sur4

         PRON                 chauffer    POSS          main                  POSTP

« Ça m’a fait mal »

b) ɩ́rɩ̀ɩ              dúmə́r              sʋdʋgɔ́             dàa

                                        2sur4

      S2S                            des habits                          laver                          INTERR

« Est-ce que tu as fait la lessive ? »

c) hã́bɩ́            lɛ̀     Tã́ŋ          hã́bɩ́         lɛ̀           tír

                                                  3sur4

      DEM                  bouche           Exister             DEM              bouche               refuser

« Celui-ci est tranchant, celui-là est émoussé ».

d) dámá              hɔ́             bɛ́ɛ             nɩ́               jé

                                   4sur4

     Pouvoir                          Chose                   ne pas exister          NEG                       NEG

« Impossible ou impossibilité »

En récapitulatif partielle ici aussi, l’on peut avancer que quatre unités lexicales du bisa barka : 1.-wɔ́ ; 2.-sʋ́ dʋ́ gɔ́ ; 3.-lɛ́ ; et 4.-hɔ̀ ’associent pour former une cinquième unité lexicale, wɔ́ -sʋ́ dʋ́ gɔ́-lɛ́ -hɔ̀ sous la pression de la pandémie à Covid-19. Cette cinquième unité lexicale wɔ́ sʋ́ dʋ́ gɔ́ lɛ́hɔ̀ est l’équivalent du « dispositif de lave main » en français. C’est la raison pour laquelle Picoche (2000, p.340) soutient que l’emprunt est un « (…) besoin de dénommer exactement un produit d’origine étrangère, ou une réalité typique d’un pays lointain ».

Conclusion

Si d’aucuns se sont penchés sur les aspects épidémiologique, thérapeutique, ou divers de la COVID 19, ce sont ses impacts linguistiques sur une des langues minoritaires burkinabè qu’est le bisa barka ; qui ont focalisé notre attention. Plusieurs dizaines de phrases en bisa ont été recueillies auprès de locuteurs natifs dans la commune de

Garango. La particularité de ces phrases, c’est de contenir un élément en relation avec la Covid-19 : le coronavirus, le dispositif de lave-main, le gel hydroalcoolique, etc. Après analyse, il ressort que la langue étudiée a procédé à des emprunts pour dénommer plusieurs réalités liées à la pandémie. Cela permet de soutenir que l’emprunt, en tant que tel, représente l’une des principales stratégies de résistance des langues dominées, pour s’éviter une éventuelle extinction. Ce mécanisme discursif s’est manifesté en bisa barka suivant des modifications syllabiques, consonantique ou vocalique. A ces modifications phonématiques, il faut ajouter les créations de nouvelles unités lexicales par la néologie et par la composition. L’examen a révélé de nouvelles créations lexicales, aussi bien, par la néologie de forme, que par la néologie de sens. Des créations par association de deux unités lexicales et des créations par association de plusieurs unités lexicales. La plus intéressante des créations en bisa barka imputables à la Covid-19, est l’équivalent de savon en bisa qui est fã́fanɛ̀.

GLOSE ET ABREVIATION

ACC Aspect accompli                                                                            S1S Pronom sujet 1re

                                                                                                                 personne singulier

AGG Agglutination                                                                                 S2S Pronom sujet 2e

                                                                                                                 personne singulier

AMG Amalgame                                                                                     S3S Pronom sujet 3e

                                                                                                                  personne singulier

CONN Connectif                                                                                     PRES Présentatif

DEM Démonstratif                                                                                  POSS Possessif

INTERRO Interrogatif                                                                            PRON Pronom

MP Marqueur

prédicatif

NEG Négation

Références bibliographiques

BAMBARA Alphonse et Ali, 2023, Dictionnaire bissa barka de A à Z, version numérique téléchargeable sur Play-Store.

DE CALDAS Sandra, 2015, « Processus de création lexicale en français et en portugais contemporains dans le domaine de l’économie et de la finance », Revue française de linguistique appliquée, volume XX, p. 45-59.

DEROY Louis, 1956, L’emprunt linguistique, Paris, Les Belles Lettres.

DUBOIS Jean et Ali, 2012, Dictionnaire de linguistique et des sciences

du langage, Paris, Larousse.

HUMBLEY John, 2012, « Retour aux origines de la terminologie : l’acte de dénomination », Langue française numéro174, p. 111 à 125.

Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), Comité

National du Recensement (CNR), 2022, Cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitation du Burkina Faso, Synthèse des résultats définitifs, Ouagadougou.

MARTINET André, 1960, Éléments de linguistique générale, Paris, Armand Colin.

MARTINET André, 1965, La linguistique synchronique, Paris, Presse universitaires de France.

NEVEU Franck, 2011, Dictionnaire des sciences du langage, 2e édition revue et augmentée, Paris, Armand Colin.

PHELIZON Jean François, 1976, Vocabulaire de la linguistique, Paris, Roudil.

PICOCHE Jacqueline et MARCHELLO-NIZIA Christiane, 2000,

Histoire de la langue française, 5e édition revue et corrigée, Paris, Nathan.

PROST R. P. André, 1950, La langue bisa Grammaire et dictionnaire, Ouagadougou, centre IFAN.

SAVADOGO Mahamadé, 2020, « L’Interdisciplinarité par différentes familles de sciences », Actes du colloque sur la Covid-19, Réagir à la pandémie de Covid-19. Contributions croisées de trois réseaux d’enseignants chercheurs : mathématiques, sciences humaines et sociales et sciences biologiques et médicales, Ouagadougou, FONRID, Presses Universitaires, p.1-13.

SAWADOGO Awa 2éme Jumelle, 2020, « Lutte contre la Covid-19 au Burkina Faso : Quelle médiation linguistique », Actes du colloque sur la Covid-19, Réagir à la pandémie de Covid-19. Contributions croisées de trois réseaux d’enseignants chercheurs : mathématiques, sciences humaines et sociales et sciences biologiques et médicales, Ouagadougou, FONRID, Presses Universitaires, p.155-173.

TARNAGDA Issifou et al. 2025 « IMPACTS LINGUISTIQUES DE LA COVID 19 EN BISA BARKA ». Revue CARESFI, Série Sciences Humaines, Sociales et Lettres, Volume 1 – n° 01 – Janvier 2025, pp. 527-553

TIROGO Issoufou François, 2021, « La terminologie de la maladie à coronavirus en mooré, langue gur parlée au Burkina Faso », Actes du premier colloque scientifique international du Laboratoire de Dynamique des Langues et Culture à Calavi (LABODYLCAL) en hommage au Professeur Flavien GBETO, Thème : Terminologies en langues africaines : Pratiques actuelles et perspectives pour la promotion des patrimoines, la science, l’enseignement et les productions spécialisées, p.623-640.

Webographie

https://www.lefigaro.fr/sciences/covid-19-l-emergence-du-virus-enchine- est-difficile-a-dater-20200504. (Consulté le 22 Janvier 2023).

WHO. Disease Outbreak News : Pneumonia of unknown cause- Chinahttps: //www.who.int/csr/don/05-january-2020-pneumoniaofunknowncausechina/en/?fbclid=IwAR2v89e9lp70O6GTra13FIP

HCLw4WJ8Kl 20Uylx5zZNtWAYvbR0sEAT_rg. (Consulté le 22 Janvier 2023).

Minute.bf

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Publicité

spot_img

Articles connexes

Burkina : La fondation UBA lance la première édition du concours national de dissertation

750 mots pour exprimer ses idées et contribuer à façonner l’avenir. La Fondation UBA, bras philanthropique du groupe...

Région de Yaadga : le Premier ministre appelle les forces combattantes à une vigilance permanente

En séjour de travail dans la région de Yaadga, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, accompagné de...

Région du Yaadga : Le Premier ministre en visite de travail

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, est arrivé ce vendredi 17 avril 2026 dans la région de...

Food Révolution : Ragnagnewendé Edith Kaboré sacrée lauréate de la première édition

AuthAFRIK a procédé, ce vendredi 17 avril 2026 à Ouagadougou, à la clôture de la première édition de...