Ce 23 mars 2026 est célébrée la Journée météorologique mondiale (JMM) sous le thème « Observer aujourd’hui, protéger demain ». Pour marquer l’événement au plan national, l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) a prévu une série d’activités, dont un panel, une rencontre entre les dérivés météorologiques de l’Alliance des États du Sahel et des ateliers. La cérémonie d’ouverture présidée par le ministre d’Etat, ministre chargé de l’Administration du territoire, Émile Zerbo a vu l’inauguration d’une salle de veille météorologique.
« Observer aujourd’hui, protéger demain », tel est le thème de la Journée météorologique mondiale 2026. Un thème qui met en lumière l’importance cruciale des systèmes d’observation dans la prévention des risques climatiques et la protection des populations. En droite ligne avec le thème, l’Agence nationale de la météorologie (ANAM), a inauguré une salle de veille météorologique, symbole de la modernisation des services de l’institution. Cette infrastructure vise à renforcer les capacités nationales de suivi, de prévision et d’alerte face aux phénomènes extrêmes, dans un contexte caractérisé par la recrudescence des sécheresses, des inondations et des vents violents.

Selon des données de l’ANAM, en janvier 2026, des températures supérieures à la normale ont été enregistrées dans toutes les régions, avec des écarts pouvant atteindre près de 2,7 °C dans certaines localités. Sur les cinquante dernières années, la température moyenne au Burkina Faso a augmenté d’environ 1 à 1,7 °C, confirmant une tendance nette au réchauffement.
Pour le ministre d’État, Emile Zerbo, le thème de cette année rappelle une réalité fondamentale : la qualité des décisions et l’efficacité des actions reposent sur la capacité à observer, comprendre et anticiper.

En effet, le ministre de l’Administration territoriale a fait savoir que le gouvernement a engagé d’importants investissements pour renforcer le système national de météorologie. Ces efforts, a-t-il révélé, ont permis de moderniser et d’étendre le réseau d’observation, qui compte désormais plus de 260 stations automatiques, plus de 140 stations classiques et une dizaine de stations de détection de foudre.
Par ailleurs, « ce dispositif constitue un pilier de la souveraineté nationale en matière climatique », a déclaré M. Zerbo. Toutefois, il a insisté sur le fait que l’observation seule ne suffit pas : « les données doivent être transformées en actions concrètes ».

Pour sa part, la Directrice générale de l’ENAM, Dre Mariam Tidiga, a salué les avancées technologiques réalisées, notamment l’utilisation de modèles numériques de prévision à haute résolution, capables de descendre jusqu’à 3 kilomètres, avec l’ambition d’atteindre, à terme, une résolution de 1 kilomètre.
Elle a également mis en avant les innovations développées au niveau national, notamment des outils capables de générer automatiquement des prévisions et des alertes. Pour Dre Tidiga, la priorité reste toutefois la diffusion efficace de l’information, car, est-elle convaincue, « une prévision n’a de valeur que si elle est accessible, comprise et utile à la prise de décision ».

Elle a ainsi appelé les opérateurs de téléphonie mobile à s’impliquer davantage dans la diffusion des informations météorologiques, afin d’atteindre les populations jusque dans les zones les plus reculées.
Il convient de noter que les services météorologiques travaillent déjà sur les prévisions saisonnières de la campagne agricole 2026. Ces données vont permettre d’orienter les choix des producteurs et de renforcer la sécurité alimentaire.
Dans le cadre de la célébration de cette Journée météorologique mondiale, sont prévus un panel de haut niveau sur le lien entre météorologie et infrastructures, la 3e rencontre des Services météorologiques de l’AES, et des ateliers de capitalisation des acquis des projet HYDROMET et ClimSa, organisés avec le soutien de l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM).
Nadège KINDA
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