Le club de sociologie de l’Université Joseph Ki‑Zerbo a procédé, ce jeudi 5 mars 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la 2ᵉ édition de la compétition de débats scientifiques dénommée « 15 minutes de sociologie ». À cette occasion, une conférence a été animée par Alkassoum Maïga, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, autour du thème : « Les sciences sociales comme outil de compréhension et de transformation des sociétés en crise ».
« 15 minutes de sociologie » se veut un cadre pour mettre en lumière le rôle des sciences sociales dans l’analyse des crises sociales et leur contribution à la recherche de solutions durables. Cette rencontre souligne également l’importance de disciplines comme la sociologie, l’anthropologie et la science politique dans la compréhension et la transformation des sociétés.

Dans sa communication autour du thème : « Les sciences sociales comme outil de compréhension et de transformation des sociétés en crise », le Pr Alkassoum Maïga a relevé l’importance des sciences sociales dans la compréhension et la gestion des crises. Selon lui, si les sociétés ont souvent recours à des solutions technologiques de pointe pour faire face aux situations de crise, il est tout aussi essentiel de comprendre les dimensions humaines et sociales de ces phénomènes. « Lorsqu’il y a une crise, il faut aussi faire face au stress, au traumatisme et comprendre l’origine des phénomènes et des problèmes », a-t-il souligné, tout en félicitant les initiateurs de cette compétition.
Citant le sociologue Émile Durkheim, il a rappelé que la sociologie a pour rôle de diagnostiquer les sociétés afin d’identifier les « maladies » dont elles souffrent et de proposer des thérapies permettant leur rétablissement. Dans cette perspective, plusieurs disciplines des sciences sociales, notamment la sociologie, l’anthropologie, la psychologie, l’histoire, la géographie et la science politique, peuvent apporter un éclairage précieux. Elles permettent non seulement de mieux comprendre l’émergence des crises, mais aussi d’outiller les décideurs et les acteurs sociaux pour proposer des réponses adaptées aux sociétés, aux groupes et aux individus.

Selon le représentant du comité d’organisation, Boukari Sawadogo, étudiant en Master I de sociologie à l’UJKZ, la particularité de cette édition réside dans sa dimension nationale. Elle mobilise des étudiants en sociologie issus de différentes universités du Burkina Faso.
Les thématiques proposées aux candidats portent principalement sur des questions d’actualité liées aux crises, à leur résolution, à la cohésion sociale et à l’intégration communautaire.
Pour Boukari Sawadogo, ces débats permettront au public de mieux comprendre le regard du sociologue sur ces problématiques contemporaines.
Il a par ailleurs indiqué que l’inscription se fait par équipes de trois à quatre membres et qu’une centaine d’équipes se sont déjà inscrites. Les débats débuteront le 15 mars 2026 et seules les meilleures équipes seront récompensées à l’issue de la compétition. L’objectif, selon lui, est également de montrer le véritable visage de la sociologie et son apport dans la compréhension des réalités sociales.

Le chef du département de sociologie de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Bouraïman Zongo, a salué une initiative qu’il juge bénéfique pour la formation des étudiants. Il estime que cette activité constitue une opportunité complémentaire au travail des enseignants en permettant aux étudiants de développer leurs capacités d’analyse, d’apprentissage autonome et de prise de parole, avec l’appui de seniors et de coachs.
« L’université et le département de sociologie ne peuvent qu’être fiers de cette initiative qui, après avoir débuté l’année dernière, prend aujourd’hui de l’ampleur en impliquant les universités qui dispensent une formation en sociologie », s’est-il réjoui.
De son côté, Evariste Dakouré, vice-recteur de l’Université Aube Nouvelle et représentant du président-directeur fondateur, patron de la cérémonie, a expliqué que son institution a accepté d’accompagner l’initiative afin d’encourager la jeunesse burkinabè à approfondir la réflexion sur les problématiques sociales du pays.

Selon lui, les étudiants en sociologie de l’Université Aube Nouvelle pourront bénéficier de ce cadre, notamment à travers des formations en prise de parole, en maîtrise de concepts sociologiques et en échange avec d’autres étudiants venus de différentes universités.
Présente à la conférence, Aïcha Ouédraogo, étudiante en troisième année de sociologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo et ancienne compétitrice de « 15 minutes de sociologie », estime que cette conférence lui a permis d’approfondir ses connaissances.
Elle souligne que le conférencier a abordé plusieurs thématiques, notamment celles liées aux populations vulnérables et au rôle des sociologues face aux défis auxquels le pays est confronté.
Pour Aïcha Ouédraogo, cette compétition constitue également une véritable ouverture d’esprit pour les étudiants en sociologie. Elle a toutefois relevé que, avec davantage de financements, les étudiants pourraient approfondir leurs recherches et proposer des solutions plus concrètes aux problèmes de la société.
Sidziguin Irène Corinne SAWADOGO (Stagiaire)
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