Le Tribunal de grande instance Ouaga 1 a poursuivi, ce jeudi 5 mars 2026, l’examen de l’affaire de détournement de deniers publics au ministère de l’Action humanitaire. Après la suspension des débats mardi dernier, l’audience est entrée dans sa phase décisive avec les plaidoiries des parties. L’État burkinabè, constitué partie civile, a détaillé ses réclamations financières à l’encontre des huit prévenus.
C’est un montant total de plusieurs centaines de millions de francs CFA que le Trésor public entend récupérer. Devant la barre, les représentants de l’État ont passé en revue, pièces comptables à l’appui, les différents préjudices subis du fait des agissements présumés des mis en cause.
Au titre du préjudice financier, les sommes réclamées varient selon le degré d’implication de chaque prévenu dans le système de détournement.
L’État demande ainsi :
- 63 millions de F CFA à Yé Yaké Camille;
- 35 millions de F CFA à Laure Zongo/Hien;
- 22,5 millions de F CFA à Issiaka Sangaré;
- 9 millions de F CFA à Lydie Bonkoungou et Kouka Dimanche Yaméogo;
- 40 millions de F CFA à Billy Zongo, ainsi que 35 millions de F CFA en solidarité avec la ministre;
- 10 millions de F CFA à Billa Pasco, ainsi que 35 millions de F CFA en solidarité avec la ministre;
- 50 millions de F CFA à Ismaël Ouédraogo.
Selon l’AJE, les prévenus ont agi de concert et doivent donc répondre ensemble des sommes détournées. L’État demande ainsi une condamnation solidaire de Yé Yaké Camille, Issiaka Sangaré, Lydie Bonkoungou et Kouka Dimanche Yaméogo au paiement de 86 millions de F CFA. En sus, l’État souhaite une condamnation solidaire de Laure Zongo/Hien, Billy Zongo, Billa Pasco et Ismaël Ouédraogo au paiement de 135 millions de F CFA.
Au-delà de l’aspect purement comptable, l’État burkinabè a également insisté sur le préjudice moral subi. Selon les représentants de l’État, ces détournements présumés ont non seulement entravé le fonctionnement régulier des services publics, mais ont surtout terni l’image de l’institution à un moment critique pour la Nation.
« Ces fonds étaient destinés aux personnes déplacées internes, à ces familles qui ont tout perdu à cause de l’insécurité. En détournant ces deniers, c’est la solidarité nationale que l’on a prise en otage », a plaidé l’un des agents de l’État.
Pour ce préjudice moral, l’État réclame 50 millions de F CFA. À cette somme, s’ajoutent 10 millions de F CFA au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, correspondant notamment aux honoraires d’avocats engagés pour cette procédure.
En rappel, huit prévenus sont mis en cause dans cette affaire. Il s’agit de Camille Yaké Yé, Laure Zongo/Hien, Pasgo Payirwendé Bila, Billi Tuwis Mandel Josito Zongo, Dimanche Kouka Yaméogo, Lydie Bonkoungou, Issiaka Sangaré et de Sompagnimdi Ismaèl Ouédraogo. Ils sont poursuivis pour des faits de détournements de deniers publics, de complicité de détournement, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
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