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dimanche 23 juin 2024

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Le virus rabique : Voici comment l’éviter !


La rage est une maladie d’origine virale, mortelle (sauf cas exceptionnels) sans prophylaxie (vaccination) post-exposition. Le virus rabique (du genre Lyssavirus) présent dans la salive de l’animal infecté, généralement un chien (ou une chauve-souris), est très majoritairement transmis à l’Homme par morsure de l’animal enragé. La transmission du virus peut également se faire par griffure ou léchage d’une peau lésée.  En revanche, la contamination d’Homme à Homme (transplantation, transmission materno-fœtale) est extrêmement rare. Elle continue de sévir dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, etc. (Source : Santé sur le net)

Dans cet entretien ci-dessous, les Docteurs (Dr.) Joseph Sawadogo, Directeur général des services vétérinaires et Issaka Yaméogo, Médecin épidémiologiste, nous donnent plus d’informations sur cette maladie qui tue plus de 60 000 personnes chaque année (OMS). Ils nous expliquent les dispositions à prendre pour éviter cette maladie, ou encore, en cas de morsure, quel comportement adopter pour une prise en charge diligente afin d’éviter toute complication.

Minute.bf : Quels sont les animaux susceptibles de transmettre la rage ?

Dr Joseph Sawadogo : Ce sont tous les animaux à sang chaud, c’est-à-dire, tous les animaux qui ont une température constante comme nous, soit 37°. Les serpents qui peuvent rentrer dans l’eau et ressortir circuler ne sont pas concernés, les crapauds, etc. Mais nous et toutes les espèces domestiques, les ânes, les chevaux, les dromadaires, et l’ensemble des animaux carnivores sont concernés. Ce sont surtout les chiens et les chats qui sont les plus dangereux dans cette contamination.

M.bf : En cas de morsure, quelle est la conduite à tenir ?

En cas de morsure, le premier geste à faire, c’est de contacter les services de santé animale et de santé humaine. S’il y a une plaie, nous pouvons recommander la victime au niveau de la santé humaine mais il y a au préalable des informations à passer par rapport à l’animal et c’est pourquoi nous disons qu’en cas de morsure, il faut se présenter au service de santé animale, donc au service de l’élevage et au service de la santé humaine pour la prise en charge.

M.bf : Au niveau de l’Etat, quelles sont les politiques mises en place pour contrecarrer le phénomène ?

Actuellement, il y a la vaccination des animaux de compagnie. Lorsque nous allons atteindre un taux de couverture vaccinale de nos animaux de compagnie assez acceptable ou élevé, alors nous pourrons contrôler la maladie. La première action, le premier geste à faire, c’est la vaccination des animaux de compagnie pour prévenir la maladie au niveau humain. Mais une fois que la maladie est arrivée au niveau humain il y a également des dispositions, lorsque vous êtes mordus par un chien enragé, il y a des vaccins au niveau de la santé humaine qui sont déjà prédisposés et qui sont moins chers, soit 1200 FCFA la dose. La dose varie, trois à quatre doses selon que vous êtes mordu prêt du centre nerveux, à la joue, à la tête ou au pied. Il y a des protocoles, des urgences au niveau de la santé humaine qui évaluent le risque pour la prise en charge. Nous travaillons ensemble pour pouvoir contrôler cette maladie.

M.bf : En ce qui concerne la couverture de la vaccination animale, à quel niveau êtes-vous aujourd’hui ?

Actuellement au niveau des animaux, le taux est faible parce qu’au delà du fait que nous avons vacciné autour de cinquante mille animaux de compagnie, nous savons que nous avons à faire à plus que cela sur le terrain. C’est pourquoi, nous continuons à sensibiliser pour que nous pussions couvrir beaucoup plus d’animaux. Nous mettons l’accent dans les centres urbains parce que c’est là qu’il y a plus de concentration, plus de chiens errants, c’est là que le danger est plus perceptible, raison pour laquelle nous parlons de commune pour que nous pussions travailler de sorte à ce que tous ces chiens puissent être vaccinés.

« Tous les animaux à sang chaud, c’est-à-dire, tous les animaux qui ont une température constante comme nous, soit 37°, sont susceptibles de nous transmettre la rage »

M.bf : Quelles sont les activités que vous avez arrêtées pour la journée mondiale contre la rage ?

A partir d’aujourd’hui, nous avons prévu une vaccination gratuite dans le sens de donner un signal fort qu’il faut vacciner. Avec nos partenaires, nous avons pu obtenir 5 000 doses de vaccins pour pouvoir commencer cette commémoration avec justement le lancement de cette campagne de vaccination gratuite. Cette campagne va se poursuivre. Depuis deux jours déjà, nous avons commencé avec les sensibilisations des conseillers municipaux, car nous pensons pouvoir atteindre la population à travers eux. S’ils sont très bien sensibilisés, lors de leurs conseils, ils peuvent aussi faire passer le message et nous espérons que le maximum de la population pourra avoir l’information. Il y a également des ateliers scientifiques. Nous allons travailler avec le Fond des Nations-Unies pour l’Alimentation (FAO), l’USAID et les chercheurs de l’Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles du Burkina Faso (INERA), du Centre national de la Recherche scientifique et technologique du Burkina Faso (CNRST), le ministère de la santé, le ministère de l’environnement. Il y a des présentations, des communications qui sont prévues pour partager davantage les expériences sur cette maladie.

M.bf : De la prévention à travers le vaccin, à partir de quel âge il faut vacciner les animaux ?

A partir de trois mois d’âge, on doit vacciner les animaux. Mais si vous avez un chiot qui est issu d’une mère vaccinée, il nait déjà avec une protection  jusqu’ à ses trois mois et si vous utilisez le vaccin avant les trois mois, vous détruisez cette protection. C’est pourquoi nous recommandons que la vaccination soit faite à partir des trois mois d’âge.  

M.bf : A partir de quel âge les humains doivent-ils se faire vacciner ?

Dr. Issaka Yaméogo : Au niveau des humains, quand vous êtes mordus par un chien enragé, il n’y a pas de contre-indication. Quel que soit l’âge, quel que soit le statut, que la personne soit enceinte, il n’y a pas de contre-indication parce que, une fois que la maladie est déclarée, c’est la mort. Donc pour une personne mordue par un animal enragé, on vaccine cette personne sans contre-indication. Les contre-indications concernent les personnes qui n’ont pas encore été mordues par un animal enragé. On ne peut pas vacciner une femme enceinte s’il n’y a pas de risque bien sûr. On ne vaccine pas les enfants de bas âge et aussi les immunodéprimées, sauf si ces personnes ont été exposées. En ce moment, il n’y a plus de contre-indication.

Propos recueillis par A.K.

Minute.bf

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