La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a initié un atelier de restitution des travaux d’études de faisabilités des votes des déplacés internes au Burkina. Pour cet exercice, la CENI était face à certains membres de la société civile, des représentants de partis politiques, des partenaires techniques et financiers.
Le 25 juillet 2019, une des recommandations du dialogue politique voulait que la CENI puisse faire en sorte que les personnes déplacées suite à la situation sécuritaire du pays, votent aux échéances électorales de 2020. « C’est suite à cela et sur ordonnance du président du Faso que la CENI a entamée des études de faisabilité du vote des personnes déplacées dont les scénarii sont proposés en atelier ce jour », a indiqué Newton Amed Barry, président de la CENI.
« Ce travail nous a été demandé et pour nous, c’est une commande politique », a indiqué Adama Kéré, vice-président de la CENI. Suite à cette commande politique, « nous avons essayé de répondre à cela en proposant des différents scénarii qui permettront à la classe politique de décider du scénario qu’elle juge le mieux pour le vote des personnes déplacées », a-t-il poursuivi. Revenant sur les détails des scénarii possibles le vice-président de la CENI qui a conduit les études de faisabilité explique en ces termes : « pour le premier scénario, l’électeur sera enrôlé dans sa localité d’accueil mais sa voix sera rattachée à sa localité de départ. Quant au deuxième scénario, il va consister à enrôler la personne déplacée dans sa localité d’accueil et sa voix va compter pour la circonscription dans laquelle elle est ». Ainsi, d’une manière succincte, c’est ce qui a été proposé par la CENI en ce qui concerne la première phase de cette étude qui va consister à voir comment les personnes déplacées arriveront à voter cette année.
Mais, M. Kéré a soulevé des préoccupations. Selon lui, le code électoral stipule que pour être enrôlé sur le fichier électoral, il faut soit la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), soit le passeport. « Pourtant ce n’est pas évident pour des déplaces de disposer de tels documents », a indiqué M. Kéré avant de faire savoir, « en cas d’absence de ces documents, il sera impossible pour eux de voter selon les prescriptions du code électoral ». C’est à juste titre que M. Kéré a posé la préoccupation lors de l’atelier de restitution des études de faisabilité des personnes déplacées.
Forces et faiblesses des scénarii proposés
Par ailleurs, le président de la CENI n’a pas manqué de relever les avantages et les insuffisances des scénarii proposés pour le vote des déplacés. « Le premier scénario a le mérite de respecter le droit des personnes déplacées et le maintien des circonscriptions électorales dans le processus de votation. Cependant il a le désavantage de ne pas être dans le code électoral », a-t-il dit. Aussi, en ce qui concerne le deuxième scénario, poursuit-il : « il a le mérite d’être pris en compte par le code électoral dans le principe du changement de résidence et d’être relativement plus simple que le premier scénario. Cependant, du point de vue politique, il y a l’impossibilité pour les partis politiques d’être présents sur l’ensemble du territoire ».
Après cette étape d’étude de faisabilité du vote des personnes déplacées internes menées par CENI, les différentes parties devraient apporter leur recommandations, ensuite viendra la validation d’une feuille de route pour le processus d’enrôlement des déplacées internes.
Hamadou Ouédraogo
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