mercredi 4 février 2026
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Réhabilitation du Théâtre populaire Désiré Bonogo : Trois architectes primés pour porter la renaissance du site

Dans le cadre de la restauration du théâtre populaire Désiré Bonogo, l’État burkinabè, à travers la Primature en collaboration avec Faso Mêbo, a organisé un concours d’architecture. La cérémonie de remise des prix aux lauréats s’est tenue ce mardi 3 février 2025 à Ouagadougou, sous la présidence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

À l’issue du processus de sélection, trois architectes burkinabè ont été distingués parmi plusieurs candidatures. Ce concours s’inscrit dans la dynamique de réhabilitation de la mémoire du capitaine Thomas Sankara à travers la restauration de cette infrastructure culturelle emblématique.

Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a rappelé la portée symbolique et historique du projet

Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a souligné la portée symbolique et historique du projet. Selon lui, la réhabilitation du théâtre populaire Désiré Bonogo va au-delà d’une simple restauration architecturale. « Nous ne sommes pas simplement engagés dans un projet de réhabilitation d’une bâtisse, mais dans une dynamique de restauration d’un rêve inachevé au cœur battant de la révolution d’août 1983 », a-t-il déclaré.

Le ministre a également insisté sur la mission confiée aux lauréats, qu’il qualifie de responsabilité à la fois artistique, philosophique. « Votre mission devra traduire une idée en espace. Il ne s’agit pas seulement de restaurer un amphithéâtre de 2 500 places ou d’aménager 11 hectares, mais d’incarner dans la pierre, le bois et la terre les principes sankaristes que sont la souveraineté, l’audace et le respect du peuple », a-t-il affirmé.

Le Capitaine Achille Nagalo, représentant Faso Mêbo a soutenu que « l’architecture comme la culture ne peuvent être une importation intellectuelle »

De son côté, le représentant de Faso Mêbo, le Capitaine Achille Nagalo, a rappelé la dimension historique et identitaire de l’initiative. « Réhabiliter le théâtre populaire Désiré Bonogo, ce n’est pas seulement réparer des murs, c’est reprendre un fil interrompu », a-t-il indiqué.

Selon lui, malgré l’abandon et la dégradation du site après 1987, l’esprit du théâtre est resté vivant grâce à l’engagement d’artistes et d’acteurs culturels. Il a par ailleurs justifié le choix de faire appel à des architectes nationaux en soutenant que « l’architecture, comme la culture ne peuvent être une importation intellectuelle ». « Elle doit être l’expression du génie local, ancrée dans nos réalités climatiques, sociales et économiques », est-il convaincu.

Les projets soumis ont été évalués par un jury pluridisciplinaire selon plusieurs critères, notamment le programme architectural, la fonctionnalité, le choix des matériaux, le coût de réalisation, l’impact environnemental ainsi que la qualité graphique et le rendu architectural. Le jury était composé d’architectes, d’ingénieurs, d’acteurs culturels et de représentants institutionnels.

L’architecte Ibrahim François Paré et son équipe ont remporté le premier prix avec leur projet « Au clair de la lune »

Au terme des délibérations, le premier prix est revenu à l’architecte Ibrahim François Paré et son équipe. Leur projet, intitulé « Au clair de la lune », s’inspire des traditions africaines marquées par les rencontres communautaires autour des contes, de la musique et des danses traditionnelles. « C’est une grande fierté pour mon équipe et moi de contribuer à raviver la mémoire du théâtre populaire. Notre projet vise à magnifier la culture en créant un pont entre notre héritage culturel, notre histoire et le futur », a-t-il expliqué.

Concernant les récompenses, le premier lauréat a reçu une enveloppe de 2,5 millions de francs CFA, contre 1,5 million pour le deuxième prix et 500 000 francs CFA pour le troisième.

Inauguré en 1986, le théâtre populaire Désiré Bonogo constituait l’un des symboles majeurs de la politique culturelle de la Révolution. Conçu pour offrir aux artistes un espace d’expression accessible à tous, le site a progressivement sombré dans la dégradation après l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987. Sa réhabilitation marque ainsi la volonté des autorités de redonner vie à ce patrimoine culturel et historique.

Sakinatou ZOUNDI (stagiaire)
Minute.bf

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