mercredi 25 février 2026
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Procès Tiégnan Acte 2 : Une visite de Yé Yaké Camille au domicile d’un Contrôleur de l’ASCE-LC fait débat

Le procès relatif à l’affaire de détournement de fonds au ministère de l’Action humanitaire s’est poursuivi dans la soirée de ce mercredi 25 février 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga 1.

À la barre, le tribunal a entendu Évariste Mesmin Sawadogo. Inspecteur du Trésor, il faisait partie de l’équipe de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la Corruption (ASCE-LC), dépêchée pour effectuer le contrôle au sein du ministère. Les juges ont cherché à savoir si, au cours de leur mission, des agents du département avaient tenté d’influencer les contrôleurs.

Le témoin a expliqué qu’il avait rejoint la mission avec un léger retard, en raison de problèmes de santé de son frère qui, malheureusement est décédé. À son arrivée, le Chef de mission l’aurait informé que des responsables du ministère avaient proposé de prendre en charge le carburant et le petit-déjeuner de l’équipe. « Nous avons systématiquement refusé », a-t-il affirmé, invoquant les règles déontologiques encadrant leur fonction.

Le Contrôleur a par ailleurs indiqué avoir reçu un appel du Directeur de la gestion des finances (DGF), Yé Yaké Camille, à la suite du décès de son frère. « Il m’a dit qu’il était passé voir les membres de l’équipe et que le chef de mission lui avait appris que j’avais perdu mon petit frère. Il appelait pour me présenter ses condoléances », a-t-il déclaré.

Il affirme aussi que Yé Yaké Camille s’est ensuite rendu au domicile familial pour lui remettre une enveloppe, dont il dit ne pas connaître le contenu. « Je n’ai pas regardé le montant. J’étais très préoccupé par le décès de mon petit frère », a-t-il soutenu.

Interrogé sur l’étendue du contrôle, Évariste Mesmin Sawadogo a précisé que la mission portait sur cinq comptes de dépôts. Toutefois, deux d’entre eux n’ont pas pu être audités : le compte PRO-SOC géré par Amidou Tiégnan et un compte partenaire administré par Pétronille Tarpaga.

Concernant le compte de Mme Tarpaga, le témoin a expliqué que le partenaire majoritaire avait indiqué qu’un audit avait déjà été réalisé. S’agissant du compte attribué à M. Tiégnan, il a affirmé que les pièces justificatives, notamment les chèques et chéquiers, n’avaient pas été mises à la disposition de la mission. « Nous avons exigé que ces documents nous soient transmis. Malheureusement, lorsque M. Tiégnan est reparti, il n’est plus revenu. Le point focal désigné par le ministère a tenté de le joindre en vain. À l’unanimité, nous avons décidé de ne pas auditer ce compte et avons recommandé une mission spéciale d’investigation. Les autorités en ont été immédiatement informées », a-t-il souligné.

L’avocat de la partie civile est revenu sur l’enveloppe remise au contrôleur. Il a cherché à savoir si le témoin n’avait pas pu en estimer le contenu, ne serait-ce qu’au regard de son poids. Évariste Mesmin Sawadogo a répondu par la négative, insistant sur le fait qu’il ne connaissait pas Yé Yaké Camille avant ces événements.

Le procureur a, pour sa part, évoqué des éléments du dossier faisant état du déblocage présumé d’une somme de 40 millions de francs CFA destinée à soudoyer les membres de l’équipe de contrôle. Selon lui, c’est Amidou Tiégnan qui a révélé la visite de Yé Yaké Camille au domicile du contrôleur, affirmant que ce dernier lui aurait confié avoir remis un million de francs CFA.

« Vous dites ne pas avoir vérifié le contenu de l’enveloppe. Si je vous dis qu’il vous a remis un million, que répondez-vous ? », a lancé le ministère public.
« Je ne sais pas pourquoi il me remettrait un million. Mais je pense qu’il serait difficile de me corrompre », a répliqué le contrôleur.

Appelé à la barre, Yé Yaké Camille a déclaré être lui-même à l’origine de l’information transmise à M. Tiégnan concernant le deuil du contrôleur. « Comme il ne se présentait pas pour le contrôle, je lui ai dit que le contrôleur était en deuil et qu’il gagnerait à profiter de ce temps d’absence pour réunir les dossiers et se présenter à l’audit. Je ne pouvais pas savoir qu’il utiliserait cette information contre moi », a-t-il soutenu.

Lire aussi➡️Procès Tiégnan Acte 2 : Divergences de versions autour des 8 millions FCFA

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