mercredi 25 février 2026
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Procès Tiégnan Acte 2 : Divergences de versions autour des 8 millions FCFA

Le procès de l’affaire détournement de deniers publics au ministère de l’action humanitaire se poursuit ce mercredi 25 février 2026, au Tribunal de grande instance Ouaga I. Au cours de la matinée, l’audience a été essentiellement marquée par la comparution de témoins suivie de débats avec le prévenu Yé Yaké Camille.

Premier témoin à être entendu ce matin, Ousmane Bélèm, ancien Directeur général des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du département entre 2023 et 2024. Appelé à la barre, il devait réagir aux déclarations faites hier par le témoin Amidou Tiégnan au sujet de l’atelier consacré à l’élaboration du rapport annuel de performance 2023. Ce dernier avait soutenu qu’un montant de 8 millions de FCFA destiné à l’organisation de cette activité avait été soustrait puis réparti entre lui et Dimanche Kouka Yaméogo.

Dans sa déposition, Ousmane Bélèm a expliqué que la conduite du rapport de performance 2023 relevait de son service, en étroite collaboration avec la Direction de la gestion des finances, dirigée par le prévenu Yé Yaké Camille. Une version qui concorde avec les déclarations des prévenus faites le 24 février à la barre.

Selon lui, les termes de référence de l’atelier avaient été rédigés par la DGESS puis transmis à la Direction de la gestion des finances, qui est l’organe compétent pour le traitement budgétaire. Son affirmation tranche avec celle d’Amidou Tiégnan, qui avait soutenu hier que l’activité dépendait exclusivement de la DGESS.

Un autre point de divergence dans sa déposition se situe au niveau de la durée de l’activité. Le témoin a indiqué que l’atelier s’était tenu sur une semaine afin de respecter les délais impartis. Une version qui contredit les déclarations antérieures des prévenus Lydie Bonkoungou et Kouka Dimanche Yaméogo, lesquels avaient affirmé que les travaux s’étaient étalés sur un mois.

À l’issue de cette audition, le tribunal a de nouveau appelé Yé Yaké Camille à la barre. Le ministère public souhaitait obtenir des éclaircissements sur les montants versés aux participants à l’atelier. En effet, une pièce versée au dossier mentionne une indemnité journalière de 15 000 FCFA par participant pour l’élaboration du rapport de performance 2023. En partant d’une activité d’environ huit jours, le calcul aboutit à 120 000 FCFA par bénéficiaire. Pourtant, selon le parquet, chacun aurait perçu 300 000 FCFA.

Face à cette différence substantielle, le procureur a interrogé le prévenu sur ce fait. Yé Yaké Camille a répondu qu’il était possible d’apporter des ajustements lorsque les dispositions ne correspondaient pas aux TDR. Une déclaration immédiatement confrontée à ses propres propos antérieurs. Il avait précédemment indiqué qu’aucun TDR validé n’encadrait l’activité.

Pour justifier l’absence de documents signés, le prévenu a affirmé que la procédure financière était toujours en cours lorsque les faits à l’origine de l’affaire se sont produits. De ce fait, a-t-il dit, aucun rapport définitif n’aurait été validé, ni par Lydie Bonkoungou, en charge des paiements, ni par Amidou Tiégnan, gestionnaire du compte concerné, ni même contresigné par lui en tant que Directeur de la gestion des finances.

Il a enfin soutenu que, dans la pratique administrative, certaines activités peuvent être exécutées avant d’être formellement régularisées, une méthode qu’il présente comme courante dans les ministères.

Lire aussi➡️Procès Yé Yaké Camille : L’audience renvoyée au 23 février 2026

L’audience est suspendue et reprendra incessamment…

Minute.bf

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