Le procès sur les détournements de deniers publics au ministère de l’Action humanitaire se poursuit; ce mardi 3 mars 2026 avec un face-à-face entre l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien et Ismaël Ouédraogo, homme d’affaires, se présentant comme son ami et homme de confiance.
L’audience, focalisée actuellement sur les infractions secondaires d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, a été marquée par un ping-pong d’accusations, chacun rejetant la responsabilité des flux financiers sur l’autre.
Le prévenu Ismaël Ouédraogo de déclarer : « j’ai été loyal, je ne l’incrimine pas, je dis la vérité ». Interrogé par le parquet, le prévenu Ismaël Ouédraogo a décrit une relation de longue date avec l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien, faite de services rendus et de confiance.
Sur les motos achetées par la ministre Zongo/Hien, M. Ouédraogo affirme que Mme Zongo/Hien a acquis sept motos auprès de lui en 2015, justifiant l’impayé par des difficultés financières liées à sa campagne.
En 2016, de nouvelles motos pour ses enfants auraient suivi le même schéma de non-paiement immédiat. Selon Ismaël Ouédraogo, la totalité de la dette n’a été soldée qu’après la nomination de Laure Zongo/Hien en tant que ministre. Une chronologie qui pourrait sous-entendre un règlement facilité par l’accès aux caisses de l’État, selon le parquet.
Sur l’achat des parcelles, M. Ouédraogo a formellement nié être à l’origine de la proposition d’achat de parcelles. Il assure que l’idée venait de la ministre Zongo/Hien. Pour la première parcelle à Wapassi, le prévenu Ismaël Ouédraogo déclare avoir reçu une somme forfaitaire de 35 millions de F CFA de la main de la ministre Laure Zongo/Hien. Pour la seconde parcelle à Kilwin, il affirme avoir perçu l’argent en deux versements de 5 millions de F CFA chacun.
Visiblement affecté par les dénégations de l’ancienne ministre, Ismaël Ouédraogo a lancé un appel à sa loyauté. « Je peux vous assurer que c’est sa défense. Elle sait que je suis fiable. Je lui ai été loyal. Je ne suis pas venu l’incriminer. Parmi les hommes de confiance de Mme Zongo/Hien, si je ne suis pas le premier, je suis le deuxième. J’ai été étonné et surpris que Mme Zongo/Hien ne dise pas la vérité pour m’incriminer devant le juge d’instruction », a laissé entendre M. Ouédraogo.
Face à ces accusations, l’ancienne ministre Laure Zongo/Hien a opposé une fin de non-recevoir catégorique, rejetant point par point les déclarations d’Ismaël Ouédraogo.
Interpellée par le président de la Chambre après le récit de M. Ouédraogo, sa réponse a été ferme. « Je ne peux qu’infirmer ses dires. Je n’ai jamais envoyé M. Ouédraogo. En aucun moment, je ne l’ai appelé pour le commissionner. Je ne sais plus quoi dire », a-t-elle répondu.
Sur l’achat des terrains, elle a répondu ne pas avoir sollicité M. Ouédraogo. « Il m’a fait des propositions », a-t-elle souligné. Laure Zongo/Hien a inversé la paternité de l’idée, affirmant que c’est Ismaël Ouédraogo qui lui a proposé ses services.
Mme Zongo/Hien a apporté un démenti formel sur les modalités de paiement des motos. Selon elle, contrairement à ce qu’affirme M. Ouédraogo, elle jure que les cinq motos prises pendant la campagne en 2015 ont été intégralement payées avant sa nomination au gouvernement de Paul Kaba Tiéba en 2016.
L’ancienne ministre contredit également la version du paiement en une seule fois pour le terrain de Wapassi, affirmant que cette parcelle a, elle aussi, été réglée en deux tranches, sans plus de précisions pour l’instant.
Les débats se poursuivent…
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